La neurobiologie de la confiance [rediffusion]

3 septembre 2012

Encore une rediffusion, la dernière de l’été 2012, après je m’y remets sérieusement !

Il y a quelques semaines, je vous avais parlé de la théorie des jeux, à travers l’exemple du dilemme du prisonnier. Et j’ai bien fait ! Car cela va me permettre d’aborder aujourd’hui un thème fascinant à l’interface entre biologie, sciences sociales et économie : la neurobiologie de la confiance envers les autres. Lire la suite »


Free lunch au château de la Belle au Bois Dormant

15 août 2011

Suite de ma série sur le tourisme estival, au cours d’une petite semaine à parcourir les châteaux de la Loire, j’ai pu visiter le château d’Ussé, dit « Château de la Belle au Bois Dormant ».

J’ai été frappé par une chose : il s’agit d’un château tout à fait normal, mais pour mes deux filles, cette visite fut infiniment plus intéressante que les autres châteaux. Et ce simplement parce qu’on leur avait dit que celui-ci était « celui de la Belle au Bois Dormant ».

Un comportement économiquement irrationnel, mais à méditer ! Lire la suite »


Le singe, un homo économicus irrationnel comme les autres

11 juillet 2011

Contrairement à ce qui est fréquemment supposé en science économique, l’être humain se comporte bien souvent de façon irrationnelle. De nombreuses expériences mettent en évidence notre irrationnalité, mais bien peu cherchent à expliquer son origine.

Dans cette veine, des chercheurs de l’Université de Yale se sont demandés si notre irrationnalité humaine était de nature culturelle (et donc acquise), ou bien d’origine biologique (et donc innée). Pour tenter de répondre à cette question, ils ont analysé les choix économiques…d’une colonie de singes !

Et ces derniers se révèlent tout aussi faillibles que nous ! Lire la suite »


L’aversion au risque

21 février 2011

Contrairement à Jonathan et Jennifer Hart, les héros de la célèbre série télévisée l’Amour du Risque, la plupart des gens n’aiment pas le risque. C’est ce que les économistes appellent l’aversion au risque. Cette idée à la frontière entre économie et psychologie est riche de surprises et de paradoxes que l’on peut mettre en lumière à travers des expériences.

L’aversion au risque.

Pour un économiste, une situation de risque désigne une situation avec un gain possible, mais à l’issue incertaine. Il s’agit par exemple d’un placement dont le rendement n’est pas garanti, ou simplement d’un jeu de hasard.

Supposons que je vous donne 100€, et que je vous propose de choisir entre les deux options suivantes :

A – Vous partez avec vos 100€
B – On tire à pile ou face. Pile : je reprends mes 100€, Face : je vous redonne 120€ de plus (vous repartez avec 220€).

Que choisissez-vous ? Lire la suite »


L’argent ne fait pas le bonheur, mais lequel ?

26 novembre 2010

dollars 100Le bonheur étant une chose importante qui nous concerne tous, il est rassurant de voir que des chercheurs – et pas des moindres – y consacrent leurs travaux. C’est notamment le cas de Daniel Kahneman, un éminent psychologue de Princeton, connu pour être le premier chercheur en psychologie à avoir reçu le prix « Nobel » d’économie.

Mais c’est quoi le bonheur ?

Définir le bonheur (ou le bien-être) n’est pas si simple. Les chercheurs en psychologie ont d’ailleurs mis un certain temps avant de prendre en compte la distinction entre deux types de bonheur : le bonheur instantané, que l’on ressent sur le moment, et le bonheur mémoriel, que l’on ressent rétrospectivement en pensant à un moment passé.

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La neurobiologie de la confiance

12 novembre 2010

Il y a quelques semaines, je vous avais parlé de la théorie des jeux, à travers l’exemple du dilemme du prisonnier. Et j’ai bien fait ! Car cela va me permettre d’aborder aujourd’hui un thème fascinant à l’interface entre biologie, sciences sociales et économie : la neurobiologie de la confiance envers les autres.

Comment mesurer la confiance envers les autres ?

La notion de confiance est à la base de nombreuses interactions sociales, et les économistes du comportement ont mis au point une expérience pour permettre de l’étudier et de la quantifier. Dans cette expérience, appelé Jeu de l’Investissement, on fait participer deux joueurs : l’un est l’Investisseur, l’autre est le Dépositaire, et chacun reçoit initialement 10€.

L’Investisseur a alors le choix de confier tout ou partie de cette somme au Dépositaire. La somme confiée par l’Investisseur est triplée avant d’être donnée au Dépositaire. Puis le Dépositaire à son tour a le choix de redonner tout ou partie de cette somme à l’Investisseur. Le jeu ne dure qu’un seul tour. Lire la suite »


C’est vraiment moi qui décide ?

3 septembre 2010

casque écouteursOn s’imagine souvent que lorsque l’on décide quelque chose, on le fait en connaissance de cause et de manière rationelle. En réalité les chercheurs en psychologie expérimentale ont montré de nombreuses fois que nos décisions sont souvent très influencées par des éléments que l’on ne soupçonne pas.

Par exemple une expérience de Gary Wells et Richard Petty publiée en 1980 dans la revue Basic and Applied Social Psychology a montré comment nos mouvements de tête peuvent influencer notre jugement. Dans cette expérience, 72 étudiants sont convoqués soi-disant pour tester la qualité d’écoute d’un casque audio, notamment en situation de mouvement.

Un tiers des participants reçoivent comme consigne de hocher la tête (comme pour faire « oui »), un autre tiers de secouer la tête (comme pour faire « non »), et le dernier tiers ne reçoit pas de consigne (c’est le groupe de contrôle). Dans le casque est diffusé un extrait d’émission de radio comprenant des chansons, mais aussi l’éditorial d’un journaliste prenant position pour l’augmentation des frais d’inscription à l’université, de 587$ à 750$.

A l’issue de la séance, les étudiants (qui pensent toujours être là pour tester un casque) reçoivent un questionnaire leur posant des questions sur la qualité de l’écoute. A la fin du questionnaire, on leur demande également leur avis sur ce que devraient être le montant de frais d’inscription à l’université.

Les résultats sont assez sidérants :

  • Le groupe de contrôle a répondu en moyenne 582$, très proche de la valeur initiale;
  • Ceux qui ont fait « oui » de la tête en écoutant l’éditorial ont répondu en moyenne 646$;
  • Ceux qui ont fait « non » ont répondu en moyenne 467$.

On voit donc que que l’impact du message diffusé dans l’éditorial radio – augmenter les frais d’inscription à l’université – a été renforcé chez ceux qui hochaient la tête et inversé chez ceux qui la secouaient.

Cette étude (et celles faites par la suite sur le même thème) montrent que nos attitudes corporelles peuvent modifier fortement la manière dont on reçoit des messages qui tentent de nous persuader. Alors, vous pensez toujours que vous décidez rationnellement ? (Et maintenant relisez cet article en faisant « oui » de la tête…)

[1] Gary L. Wells and Richard E. Petty (Univ.Missouri), The Effects of Over Head Movements on Persuasion, Basic and Applied Social Psychology, Vol 1 Iss 3 (1980)

Crédits

Casque audio, Wikimedia Commons


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