Être sain d’esprit chez les fous : l’expérience de Rosenhan

asile_300Les psychiatres sont-ils vraiment capables de différencier à coup sûr les gens sains d’esprit de ceux atteints de maladies mentales ? C’est en se posant cette question que le psychologue américain David Rosenhan a imaginé une expérience très dérangeante, et aux résultats forcément controversés.

Il a tout simplement envoyé des gens sains d’esprit à l’hôpital psychiatrique, dans le but de voir si les psychiatres sauraient repérer ces faux malades. Et les résultats font froid dans le dos.

L’expérience initiale

Au cours de l’année 1973, David Rosenhan a sollicité des complices, et ils ont mis au point le scénario de leur expérience : chacun d’eux jouerait le rôle d’un faux malade dans un hôpital, choisi parmi 12 hôpitaux psychiatriques qu’ils avaient sélectionnés.

Chaque faux malade a sollicité un rendez-vous dans un hôpital différent, et au cours de la consultation initiale, ils ont prétendu avoir eu récemment des hallucinations auditives. Ils avaient soit-disant entendu des voix inconnues, leur parlant avec des phrases indistinctes, mais où revenaient souvent des mots comme « vide » et « creux ».

A part cela, au cours de la consultation et de tout le temps qu’il a passé à l’hôpital, chaque faux malade s’est comporté normalement, a déclaré se sentir bien et ne plus entendre de voix. Et pourtant…

Des résultats qui font peur

A la suite de leur consultation initiale, tous les faux malades ont été admis sans problèmes dans leurs hôpitaux respectifs. Au total, 11 sur 12 ont été diagnostiqués « schizophrènes » et un comme souffrant de « troubles maniaco-dépressifs ». Aucun des faux malades n’a été démasqué au cours de son séjour.

Pour avoir le droit de sortir, les faux malades ont dû tous, d’une part admettre leur maladie (c’est-à-dire accepter de reconnaître qu’ils étaient « schizophrènes »), d’autre part se soumettre à un traitement à base de médicaments antipsychotiques. Tous ont finalement pu sortir avec un diagnostic de « schizophrénie en rémission ».

Leur séjour dans l’hôpital psychiatrique a duré en moyenne 19 jours, mais a pu durer jusqu’à 52 jours ! Je vous la rappelle, les faux malades se sont toujours comportés absolument normalement, et n’ont plus déclaré aucun symptôme.

Une anti-expérience

Une fois l’expérience terminée, il se trouve qu’un autre hôpital (qui n’était pas parmi les 12) a entendu parler des résultats. Piqué au vif, son administrateur a affirmé à Rosenhan que son équipe saurait sans problèmes reconnaître des faux malades, et qu’il n’avait qu’à essayer avec lui. Rosenhan a donc convenu qu’au cours des prochains mois, il enverrai un certain nombre de faux malades, et que cet hôpital devrait tenter de démasquer les imposteurs.

Au cours des 3 mois qui ont suivi, l’hôpital en question a admis au total 193 patients. Parmi eux, 41 ont été jugés comme « très certainement imposteurs » par au moins un membre du staff de l’hôpital, dont 19 par au moins un psychiatre et un membre de l’équipe médicale.

Le problème, c’est qu’au cours de ces 3 mois, Rosenhan n’avait envoyé aucun faux malade…

Schizophrène un jour, schizophrène toujours

norwich_300Dans son article [1], la conclusion de Rosenhan est lapidaire. Il écrit : « Il est clair que l’on ne sait pas distinguer le sain d’esprit du malade ». Un point étonnant qu’il rapporte, c’est qu’aucun faux malade n’a été démasqué par le staff médical, alors qu’ils l’ont été parfois par les autres patients de l’hôpital psychiatrique ! A plusieurs reprises, des (vrais) malades ont pris les faux malades pour des journalistes infiltrés faisant une enquête.

A première vue, le fait que les patients aient été si facilement diagnostiqués schizophrènes peut choquer. Mais en psychiatrie comme dans les autres spécialités, les médecins ont bien sûr une forte incitation à ne pas manquer un diagnostic. Par exemple, un médecin préférera souvent annoncer une tumeur, et que celle-ci s’avère finalement être une fausse alerte, que de manquer le diagnostic d’un cancer.

Le problème pointé par Rosenhan, c’est que les choses ne se passent pas de la même manière pour le cancer et la schizophrénie. Si on vous annonce un cancer, puis que l’on revient sur cette décision, vous ouvrez le champagne. Si vous on diagnostique schizophrène, l’étiquette vous collera toute la vie et vous ne pourrez rien faire pour vous en débarrasser. Vous resterez à tout jamais un « schizophrène en rémission ».

Une illustration assez intéressante de ce phénomène d’étiquette qui colle, c’est la manière dont les histoires personnelles des faux malades ont été interprétées par l’équipe médicale. A part leur identité et leur profession qui étaient fausses, tous les faux malades de Rosenhan ont dit la vérité sur le reste de leur histoire personnelle (famille, amis, etc.) Ils s’agissait donc d’histoires vraies et normales. Mais à la fin de l’expérience, l’examen des dossiers médicaux a montré que tous les évènements de leur vie avaient été réinterprétés par les médecins à la lumière de leur supposée schizophrénie. Du genre « le patient X s’engueule de temps en temps avec sa femme, c’est la traduction de son comportement ambivalent et bipolaire… ».

Les critiques de l’expérience

Évidemment, vous pouvez vous en douter, la publication des résultats des expériences de Rosenhan a déclenché un violent tir de barrage de la part des psychiatres [2-3] ! Les critiques les plus fréquentes concernent le faible nombre de cas (seulement 12) mais surtout le fait que l’expérience de Rosenhan ne teste pas ce que ce dernier prétend tester. En effet son objectif annoncé est de voir si le système psychiatrique peut distinguer le malade du sain, mais le problème qu’il leur pose est de distinguer le malade de l’imposteur !

Plusieurs critiques ont pointé du doigt le fait que les psychiatres n’ont pas comme mission de savoir repérer les imposteurs, et qu’il n’est donc pas anormal qu’ils se fassent avoir. Un des auteurs ayant critiqué Rosenhan prend l’analogie suivante [2] : si demain je bois un litre de sang, et que je me présente aux urgences en vomissant du sang, nul doute que je serai diagnostiqué comme ayant un ulcère. Il y a peu de chances que je sois diagnostiqué comme « un imposteur ayant bu du sang pour tromper l’hôpital ». Mais Rosenhan a répondu à cette critique en pointant que si on faisait cette expérience, il est certain que les médecins ne mettraient pas 52 jours avant de s’apercevoir de la supercherie !

Au delà du fait que les médecins n’aient pas détecté les faux malades, le plus choquant dans l’expérience de Rosenhan reste donc bien la longueur des hospitalisations et le fait que le diagnostic initial colle de manière indélébile à la peau du patient.

Dans son article, Rosenhan décrit aussi longuement les conditions déshumanisantes dans lesquelles se trouvent les patients des hôpitaux psychiatriques. Beaucoup de choses font froid dans le dos, mais il est bon de se rappeler que l’article date d’il y a maintenant 40 ans, et qu’aux Etats-Unis comme dans d’autres pays, les institutions psychiatriques ont beaucoup évolué, et se sont éloignées de la vieille image de l’asile de fous. Je serai curieux de voir une réplique de l’expérience aujourd’hui !


Billets reliés, ici ou ailleurs

Sur le Bloug, Laurent Brasier nous parle de l’expérience de Rosenhan, de la chanson Welcome home (sanitarium) de Metallica, et de Vol au-dessus d’un nid de coucou de Miloš Forman.

Références

[1] Rosenhan, David L. « On being sane in insane places. » Science 179.4070 (1973): 250-258.

[2] Kety S. « From rationalization to reason. » American Journal of Psychiatry 131.9 (1974): 957-963.

[3] Spitzer, Robert L. « On pseudoscience in science, logic in remission, and psychiatric diagnosis: A critique of Rosenhan’s » On being sane in insane places ». » (1975): 442.

Crédits

54 réflexions sur “Être sain d’esprit chez les fous : l’expérience de Rosenhan

  1. La question du faux positif revient en force avec le Big data. Quand un système de corrélation de données (du type de celles de la NSA ou équivalent) va faire de quelqu’un un “terroriste“ ou un “pédophile“, va-t-il pouvoir se débarasser de cette étiquette, ne serait-ce que dans les fichiers de police?

    • La schizophrénie n’existe pas, l’esprit ne peut être coupé, l’origine des troubles comportementaux est la conséquence du syndrome du mal aimé (Claude FRAN9OIS) !

  2. Je suis infirmier bossant en psychiatrie, et du coup j’ai plusieurs remarques à faire…

    La psychiatrie de 1973 et celle de maintenant n’ont pas grand chose à voir, que ce soit au niveau de la prise en charge ou des moyens mis en œuvre. Je peux difficilement parler de la psy aux USA à cette époque à part avoir vu comme tout le monde Vol au dessus d’un nid de coucous. Mais je peux donner certaines infos sur comment ça se passerait maintenant en France :

    – Je trouve étrange qu’on diagnostique aussi vite ces gens. On évite de poser des diagnostique sur aussi peu d’éléments. Et pour un premier épisode d’hallucination, on va d’abord parler d’une Bouffée Délirante Aiguë (BDA), évènement qui peut n’arriver qu’une seule fois dans la vie d’une personne. Pour être diagnostiqué schizophrène, il en faut beaucoup plus. En plus il n’y a pas ici d’éléments de dissociation (principal critère permettant de diagnostiquer la schizophrénie), donc aucune chance d’être diagnostiqué schizophrène ici. Il est par contre vrai (encore maintenant) qu’un diagnostique de maladie psychiatrique soit stigmatisant pour la personne. Pas tant en psy, que pour les autres services de soins, qui ont vite fait de nous envoyer les patients qui ont pour eux l’étiquette psy (la psy fait encore peur un peu partout et c’est bien dommage). Et avant de penser à une maladie psy, on fait toujours une recherche de cause somatique.

    – La règle n’est plus depuis bien longtemps, l’hospitalisation à tout prix. Un patient qui arriverait avec ces symptômes rentrerait chez lui en étant invité au mieux à faire un suivi avec un psychiatre. Mais s’il a eu juste une fois des hallucinations auditives, il ne sera pas hospitalisé (même pour une nuit dans un service d’urgences, c’est loin d’être gagné). Le suivi en dehors de l’hôpital est privilégié et surtout tous les services sont pleins à craquer : ne sont hospitalisés que les patients qui ont des signes importants ou graves. Il y a plein de schizophrènes qui vivent en ville avec leur traitements et un suivi dans un CMP et avec des signes bien plus importants que ce qu’on simulé les gens dans l’expérience.

    – Les hospitalisations sans consentement existent en psychiatrie, mais ne sont réservés qu’à des cas bien particuliers. Un patient ayant eu une hallucination auditive, puis plus rien n’a aucune chance de se faire hospitaliser sans consentement. Pour l’être il faut vraiment que la vie en société soit devenue impossible pour lui (pour un psychotique).

    – Dire que les patients n’essayent pas de blouser les équipes de soignants est faux. On voit assez souvent des gens qui veulent se faire hospitaliser pour différentes raisons (sociales ou autres), même s’ils essayent plus de simuler un comportement suicidaire plutôt qu’une psychose (bien moins évidente à simuler).

    – J’avoue que j’ai du mal à croire qu’on puisse se faire avoir comme ça. Le discours de la personne est une chose, mais il n’y a pas que ça : un comportement psychotique est quand même très caractéristique (et il faut être un très bon acteur pour simuler ça) et les proches sont toujours à un moment où un autre entendus. Il faut savoir qu’un schizophrène n’aura (dans quasi 100% des cas), pas conscience d’être malade et ne souhaitera pas d’hospitalisation. C’est donc souvent par les proches que nous sommes alertés.

    Bon à part ça j’aime beaucoup ce blog. Je pense que ce sujet en dit plus sur les études et la façon dont elles sont menées (en bien ou en mal) que sur la psychiatrie (de maintenant).

    • Merci pour ce témoignage ! Effectivement comme je le précisai, l’expérience de Rosenhan ne nous parle finalement que de la situation aux Etats-Unis au début des années 70, et encore on a vu que la méthode n’est pas exempte de critiques (et l’article original de Rosenhan est assez mal écrit aussi, je trouve).

      J’ai cru comprendre que cette expérience avait quand même à sa manière participé à un renouveau de la psychiatrie aux US, bien qu’il semble que ce mouvement de renouveau ait débuté avant l’expérience. Voir l’idée de deinstitutionalisation, qui rejoint votre remarque sur le fait que la règle n’est plus « l’hospitalisation à tout prix ».

    • @Raoul, ce que vous décrivez est simultanément vrai, et simultanément complètement faux. Vrai, car vous relatez une amélioration effective depuis les années 70. Faux, car il me semble qu’il y a un certain nombre de points que vous ne saisissez pas du tout, conséquence du prisme qu’un soignant a nécessairement.

      Tout d’abord, mon cas est très particulier compte tenu des professions médicales dans ma famille, qui s’accordent quelques passe droits en ce domaine. Mais il montre assez bien que les garde fous que vous évoquez ne résultent que d’une pratique générale, et pas d’une précision de critères diagnostiques ou de critères effectifs de dangerosité. Vous n’en aurez qu’un aperçu minime à travers mes propos, que vous êtes bien sûr libres de disqualifier en tant que délire ou paranoia. Quelques contrepoints:

      « On évite de poser des diagnostique sur aussi peu d’éléments. » Ma première hospitalisation psychiatrique (ainsi que la troisième, et dans une moindre mesure, la quatrième) ne fait état d’aucun symptôme psychotique, et ne porte pas de diagnostique. Même pas une bouffée délirante, et encore moins aigue. Vous évitez donc peut-être de poser un diagnostique sur si peu d’éléments, mais vous n’évitez pas de répondre à une demande de prise en charge de tiers surinquiets ou cachant certaines motivations (nous pouvons disserter à loisir sur le bien fondé de ces motivations, c’est un sujet connexe). Concrètement, cela signifie que lorsqu’un tiers prétendant (au sens factuel) agir pour le bien de quelqu’un l’emmène aux urgences, la personne concernée n’a pas à priori connaissance du fait qu’il s’agit d’une thématique somatique, ou psychiatrique. Lorsqu’on indique à une personne qu’une prise en charge hospitalière a lieu, on ne l’informe pas qu’il s’agit de psychiatrie, la personne y va donc docilement. On appelle cela une hospitalisation « libre ». Cela appelle trois remarques: (1) c’est un procédé manipulatoire. (2) le « libre » signifie aussi, assez souvent, pour les hospitalisations qui suivront la première hospitalisation « libre »: « si tu n’y va pas librement, c’est une hospitalisation contrainte »; vous devez probablement en être conscient. (3) Pas de symptômes ou peu sont nécessaires pour une hospitalisation « libre », probablement un biais prophylactique des professions médicales.

      Le premier contrepoint, c’est qu’il faut peut-être plus de symptômes pour un diagnostique, mais qu’il en suffit de peu, pour une première hospitalisation « libre ». C’est à partir de ce moment qu’on commence à construire un dossier et que les tiers « bien intentionnés » peuvent commencer à faire courrir les délais nécessaires à d’autres symptômes…

      Je vous rappelle que la violation du principe de libre arbitre, ce sont les hospitalisations contraintes. Pas le diagnostic.

      « En plus il n’y a pas ici d’éléments de dissociation (principal critère permettant de diagnostiquer la schizophrénie), donc aucune chance d’être diagnostiqué schizophrène ici. »

      Partiellement vrai et plutôt faux. La dissociation est présentée pour le vulgus pecum comme la pierre angulaire de la notion de schizophrénie, et ce depuis Bleuler. Cela étant, je me réfère à la classification CIM-10 sur le sujet, pratiquée en France. Le mot « dissocation » n’y figure pas. Comme l’explique Alain Bottéro, les critères diagnostiques de la CIM-10 sont disjonctifs. C’est « ou bien cela, ou bien cela, ou bien cela ». Autant dire que cela peut ratisser large, et c’est effectivement l’intention clinique car cela donne de la latitude « thérapeutique ». Par contre les « idées bizarres » font partie d’un des symptômes considéré majeurs, et à ce titre suffisent à diagnostiquer la schizophrénie. (Il y a des critères d’exclusion, qui se bornent à expliciter, de manière aristotélicienne, qu’il ne doit y avoir aucune autre explication. Il y a aussi des critère de délais, 1 mois ou 6 mois selon les classifications. Nous y reviendrons).

      Point essentielle du paragraphe précédant: la notion de schizophrénie pratiquée dans la psychiatrie contemporaine n’est pas celle de Bleuler; elle est plus large. De plus, la France se distinguent en amalgamant troubles schizoide et schizophrénie, élargissant les critères diagnostiques en pratique. Par ailleurs, la recherche se focalise de plus en plus sur les symptômes prodromiques, cherchant par ce mécanisme à intervenir de plus en plus tôt, et de ce fait râtisse encore plus large.

      Le thème de la dissociation n’est que faiblement observable du point de vue phénoménologique dans un contexte clinique. Premier point, le biais de confirmation: si vous enfermez quelqu’un et qu’il s’y fait chier, ce qui ne serait pas surprenant, vous obtiendrez assez rapidement les symptômes que vous souhaitez observer. Deuxième point: Etant donné la faiblesse scientifique du concept de dissociation, la clinique cherche à établir, comme le montre l’analyse de la classification de la CIM-10, des proxys, i.e. des symptômes plus phénoménolgiquement observables, comme les « idées bizarres » (mais il y en a d’autres). Nous en venons au troisième point: Hélène Verdier (si je n’écorche pas son nom) a fait un speech au collège de France sur les « symptômes d’allure psychotique en population non clinique ». Elle y expose ce que je perçois être une faiblesse en terme de critères diagnostiques permettant de distinguer les populations cliniques ou non cliniques; ce qui amène deux conclusions possibles: (1) Il y a un flopée de cinglés dans la nature qu’on n’a pas encore intérné/soigné, ou (2) on interne les gens sur des choses et des comportement pas si différents que le reste de la population qui se trimbale dans la rue…

      Cela devrait vous amener à relativiser un peu la fiabilitié des critères diagnostiques, et aussi à comprendre, notamment en vue de ce que j’appelle le « biais de confirmation » qu’il y a des effets iatrogènes importants. De ce point de vue, il m’apparaît nécessaire de contrebalancer les vélléités soignantes, et de faire comprendre que les critères d’internement sont tout aussi, voir plus importants, que les critères diagnostiques. Le critère d’internement principal, c’est « dangereux pour soi même ou pour les autres ». Nous y reviendrons.

      « un diagnostique de maladie psychiatrique soit stigmatisant pour la personne » Cela dépend fortement. Dans mon cas, personne ne m’a informé de quoi que ce soit, et les deux seules différences notables ont été: (1) Fort du diagnostic qu’ils avaient recherché, mes parents se sont mis à me parler comme à un demeuré, ce qui, au fond, est plutôt leur problème. (2) Au moment de considérer mes perspectives dans le monde de la recherche, les critères de santé obligatoires pour devenir fonctionnaire m’ont interrogé par rapport à ce passé psychiatrique sans diagnostique connu, et je me suis autocensuré professionnellement. (3) C’est sûr que d’avoir des parents qui passent leur temps à disserter implicitement de troubles psys allégués sur leurs enfants à toutes les connaissances qui passent, c’est plutôt bof pour nouer des contacts, et cela pousse à prendre ses distances (Symptôme, n’est-ce pas?).

      « Et avant de penser à une maladie psy, on fait toujours une recherche de cause somatique. » Navré de vous contredire, mais c’est faux. Je ne suis peut-être pas une généralité, mais ce n’est pas mon cas, et je ne pas laisser le mot « toujours ». Quand vous voyez un bonhomme déssocialisé qui arrive en psy, oui, probablement. Quand les parents connaissent déjà les symptômes, font copain-copain avec le psy et font le forcing pour un certif médical qui ouvrira certains passe droits, ce n’est pas « toujours » le cas.

      « La règle n’est plus depuis bien longtemps, l’hospitalisation à tout prix. » L’hospitalisation contrainte est effectivement mentionnée comme parfaitement légitime en cas de refus de soin. On peut « diagnostiquer » un « refus de soin » si les parents le prétendent sans qu’on ait posé la moindre question au patient qui ignore qu’après une première hospitalisation (sans diagnostic, par ailleurs) ignore qu’il aurait une obligation de se soigner. Par ailleurs, vous occultez l’augmentation très conséquente et continue des hospitalisations contraintes depuis 15 ans (avec peut-être une légère décrue depuis qu’on libère un peu plus avant que le juge des libertés ait l’occasion/l’obligation d’être saisi).

      « en étant invité au mieux à faire un suivi avec un psychiatre. » Mes dossiers le mentionne systématiquement. On l’avait sûrement dit à mes parents, interlocuteurs privilégiés, mais pas à moi. Par ailleurs, j’ignorais qu’une « invitation » pouvait conduire à un internement contraint en cas de « refus » de « l’invitation » aux « soins ». Pas très clair, votre truc.

      « Mais s’il a eu juste une fois des hallucinations auditives, il ne sera pas hospitalisé » Mes dossiers, copieux, ne mentionnent ni trouble thymique, ni hallucinations. J’ai été interné quatre fois, dans des conditions qui devraient logiquement intéreser un tribunal administratif. Cherchez l’erreur.

      « ne sont hospitalisés que les patients qui ont des signes importants ou graves » Ou ceux dont la môman est psychiatre dans l’hopital d’à côté. Mais passons…

      « Mais s’il a eu juste une fois des hallucinations auditives, il ne sera pas hospitalisé ». Deux mois en HL, pas de sentiment persécution explicitement mentionné sur le dossier et pas de diagnostic. Puis un mois en HDT avec un florilège plus que comique d’allégations psychanalytiques dans l’hôpital des potes de travail de môman.

      « Un patient ayant eu une hallucination auditive, puis plus rien n’a aucune chance de se faire hospitaliser sans consentement. Pour l’être il faut vraiment que la vie en société soit devenue impossible pour lui (pour un psychotique).  » Bon reprenons sur cette généralité abusive. Si le fait de vouloir changer d’orientation universitaire signifie que « la vie soit devenue impossible en société », alors effectivement je comprend qu’on interne 2 mois vers Noel, puis un mois en août. Cela fait six mois entre les deux hospitalisations, délai nécessaire pour diagnostiquer un délire pour la schizophrénie. Puis en août, on récupère un certificat médical qu’on envoit pour forcer un redoublement. Et les parents sont satisfaits, l’hôpital a accompli un travail social admirable de réinsertion sociale. Tout le monde est content. Sauf le schizo qui trouve qu’on abuse, et qui persiste à vouloir changer d’orientation…

      Effectivement, la vie était devenu « impossible »… Entre nous, je suis hilare…

      « un comportement psychotique est quand même très caractéristique (et il faut être un très bon acteur pour simuler ça) » Je me demande ce qui vous fait dire qu’un comportement psychotique est très caractéristique? Pour que le diagnostic soit limpide, c’est sûr de délirer sur les extra-terrestres qui se baladent sur la tête en mangeant du camembert avec l’emballage, c’est assez caractéristique. Honnêtement, quand vous enfermez une petite minette de 20 ans (pas moi, mais observé) parce qu’elle est fâchée avec un de ses parents (thématique psychanalytique) et qu’elle fume du chanvre avec ses potes (toxicomanie, une maladie) sans toujours rentrer chez ses parents le week-end (retrait social), c’est effectivement massivement psychotique. Sans blague…

      « Il faut savoir qu’un schizophrène n’aura (dans quasi 100% des cas), pas conscience d’être malade et ne souhaitera pas d’hospitalisation. C’est donc souvent par les proches que nous sommes alertés. »

      D’ailleurs, on se demande parfois si ce n’est pas à cela que vous les reconnaissez, les schizos: ne se sentent pas malades, tout va bien, autre chose à faire que de se faire hospitaliser dans la vie, comme des études par exemple, mais…. Ah là là… les parents ne sont pas d’accord!

      Ce que j’en retiens, c’est qu’il est extrêmement facile de se faire interner sur les allégations d’autrui, surtout si c’est un proche parent, et que c’est un médecin de surcroit: on peut cumuler les rôles (parent qui s’allègue tapé par le schizo, demandeur d’hospitalisation en HDT hors secteur pour pouvoir choisir ses collègues dans l’hospi d’à côté, signataire des fiches d’hospitalisation/ambulance en HDT en tant que médecin, se déclare médecin traitant au mépris du code de la santé publique, ce qui permet de recevoir les dossiers psys ultérieurement, etc…) Ensuite la réalité, c’est une autre histoire: disons que c’est assez sidérant de se voir déclarer et de se « découvrir » à l’héroine en demandant ses dossiers, et ce sans preuve…

      Sur le thème « dangereux pour soi-même ou pour les autres ». Notons tout d’abord que le mot « dangereux » constitue en soi un procès d’intention car il offre la latitude d’intervenir sans raison matérielle probante autre qu’un supposé désordre psychologique. Par ailleurs, et c’est difficilement contestable pour qui s’intéresse un tant soit peu au contentieux de l’internement psychiatrique, que la dangerosité matérielle n’est pas en soi invoquée dans les certifs justifiant les internements: beaucoup de certificats médicaux, y compris mon certificat de quinzaine comme on dit, justifient la « dangerosité » par le peu de clarté sur l’état médical, laissant supposer un possible schizophrénie. Il en ressort que, officieusement, c’est le risque de maladie (pratique…) qui justifie la dangerosité, et que ce n’est pas la dangerosité phénoménologique qui conditionne l’internement, ce qui en quoi les psychiatres se retrouvent en porte-à-faux avec la jurisprudence administrative. C’est particulièrement vicieux pour nombre de raisons qui sortent du cadre de ce commentaire déjà très long. Voir une possible maladie comme un danger semble rationnel, mais est toutefois somme toute hypocrite: Prenons le cas de l’homosexualité. Ce qui permettait de classer l’homosexualité comme maladie il n’y a pas si longtemps que cela, c’est le fait, établi, de l’augmentation du risque suicidaire corrélée à cet état « psychologique ». Un homosexuel était donc dangereux pour lui-même. De même, le « schizophrène » (i.e. l’être allégué dissocié) est dangereux pour lui-même au motif que cela amène une augmentation du risque suicidaire ou une baisse relative de l’espérance de vie… Un peu comme le tabac, voyez-vous. Ce raisonnement, foireux, permet de fil en aiguille, de considérer quiconque un peu « dissocié », comme vous dîtes, de dangereux pour lui-même et donc de l’interner sans qu’il y ait eu la moindre violence. Bon pour faire bonne mesure et engager à coup sûr le processus de soin, môman psychiatre ne manquera pas de prétendre que je la cogne, et ce sans preuves, ce que je découvre 10 ans après en lisant mes dossiers…. Mais passons.

      Un dernier mot: les certificats de médecin aux urgences pour HDT, c’est 9 mots, sans verbe, sur certificat pré-imprimé, non circonstanciés, ne faisant pas état de violences, établis le jour même où môman appelle l’ambulance qui m’ammène à l’HP sans passer par les urgences (où sont censés être les deux médecins qui signent les certifs, pratique qui, de surcroit, ne s’avère pas plus illégal que cela…)… Et apparemment tout le monde trouve cela parfaitement normal dans le petit monde de la psychiatrie…

      Soyez un petit peu sérieux. La seule maladie? Fumer des spliffs avec des potes, avoir une mère psychiatre, vouloir décider de son orientation. Le reste, ce sont des allégations non prouvables… Cela totalise 10 ans où j’avais la psychiatrie sur le dos sans vraiment le savoir ou le comprendre, pour quasiment 1 an en total d’internement que je qualifie de contraint. Et tout le long, je trouvais des excuses au comportement de ma mère, connaissant ses angoisses médicales qui ne datent pas d’hier (c’est pas moi qui m’injectait, petit, de l’hormone de croissance)… Jusqu’au jour où j’ai découvert mes dossiers, où je me suis renseigné sur ce que la psychiatrie était réellement en lisant les ouvrages « autorisés ». Je suis maintenant profondément choqué par ce monde, et par les propos lénifiants prétendant que la distanciation de la psychiatrie des années 70 (période de formation de ma mère) suffit à adouber les pratiques actuelles.

      Je comprends votre discours et les sentiments qui vont avec. « La passion de soigner, la pulsion d’enfermer ». Malheureusement votre discours n’est pas acceptable. Trop subjectif.

      Mon discours, subjectif aussi (puisqu’avec les psys, il ne faut JAMAIS prétendre avoir de l’objectivité ni même le vouloir…), ne prétend pas que tout va mal dans le monde de la psychiatrie. Il suffit d’écouter les complaintes des soignants pour cela… Mon discours prétend simplement que les garde-fous que vous croyez percevoir ne suffisent pas à garantir des pratiques cliniques intellectuellement honnêtes.

      Et je persiste: je n’ai pas de problèmes et pas besoin de soins. Que vous y voyez des problèmes, dans ce type de discours, comme un « sentiment de persécution », un « complot », de la « toxicomanie », un « discours décousu », des « difficultés d’insertion sociale », des « problèmes familiaux », des « traumatismes », un « manque d’introspection », de la « paranoia », etc… et bien au fond, ne croyez vous pas que c’est avant tout votre problème subjectif plutôt que le mien?

      En espérant ne jamais avoir à vous croiser, meilleures salutations.

      • Encore un infirmier qui se prend pour un médecin, qui est en plus la plupart du temps incompétent a faire autre chose que de bastonner de cachets…

      • Gogo, votre discours me fait penser à celui d’un schizophrène paranoïaque, sauf votre respect.

      • Très bon témoignage, ne faites pas attention au commentaire validiste voire faisant l’apologie (ignorer, c’est laisser faire) des abus psychiatriques et familiaux ci-dessous.

    • Bonjour Raoul et merci pour ces éclaircissements.

      Je me documente sur le sujet car j’écris un livre (qui n’a rien à voir avec la psychiatrie) et souhaiterai narrer une situation d’internement suite à une tentative de suicide. Heureusement pour moi, je ne connais rien au sujet. Mais ma recherche google m’a rapidement amené à lire des témoignages d’ancien malade (il faut le reconnaitre, parfois assez accablants). J’essaie aussi de croiser avec le point de vue des professionnels en psychiatrie – dure métier !
      Je ne tiens absolument pas à créer la moindre polémique, ce n’est pas l’objet de mon commentaire. Je voudrais simplement savoir si vous avez été amené à traiter ces personnes et connaitre votre point de vue sur les méthodes utilisées. Je voudrais aussi savoir si vous pouvez m’aiguiller sur un site ou un mail où je pourrais poser quelques questions à ce sujet. Mon livre n’est bien sûr qu’une fiction, mais j’ai le souci de la véracité et la volonté de ne pas diffamer.

    • Bonjour. Suite à votre commentaire, je vais vous répondre que les psy, diagnostique vite les gens car ça les arrange. Car plus il y a du monde, et plus ils sont payés! A moi, on m’a collé une étiquette et on à falsifié un faux dossiers en mon nom à la COTOREP. Alors, que je suis tout à fait normal et que j’avais déjà travaillé. Alors, comment on fait pour s’en défaire?

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  5. Épatant ! Et un brin effrayant aussi. Effectivement je serais intriguée par les résultats d’une expérience similaire refaite aujourd’hui 🙂

  6. Est que aujourd’hui des VRAIS malades psy ne feignent pas en bonne partie la maladie ? Est que l’hypocondriaque ne sait très bien ce qu’il « pourrait » ressentir pour « devancer » et vraiment sentir ce qu’il pourrait ressentir ?

    • Est-ce à dire que je n’ai fait que « copier/coller » votre article wikipédia ???

      En l’occurrence : 1) oui j’ai bien sûr lu l’article, 2) oui, l’article est bien fait et plutôt complet, et 3) oui, mon billet ne contient pas beaucoup plus de matériel que l’article.

      A part ça, ce billet est entièrement de moi, et j’ai même fait mon boulot et lu les publications originales pour l’écrire !

      La preuve ? Il y a quelques erreurs dans l’article Wikipedia (pas de votre fait si je comprends bien puisque vous avez traduit l’article), par exemple la citation attribuée à Spitzer (référence [3]) est en fait de Kety (référence [2]). La classification 41 imposteurs et 42 suspects (dans la seconde expérience) n’est pas si claire que ça dans l’article de Rosenhan (il ne décrit pas ce qu’il appelle « suspect », et les 41 sont jugés « imposteurs » par au moins un membre de l’équipe)…

      • Je reviens ici un peu tard pour confirmer que non, votre article n’est pas un copier-coller de wikipédia. J’aurai certainement été plus vindicatif si ça avait été le cas, vous êtes un professionnel compétent. Vous avez d’ailleurs apporté votre point de vue, des détails supplémentaires, et je suis ravi de les lire et d’en apprendre plus.

        Non, ma remarque était juste pour faire remarquer que vous avez cité quelques sources, mais pas cet article, alors qu’il m’est apparu assez évident par plusieurs détails que vous l’aviez également lu.

      • Très bien, je comprends mieux ! 🙂

        Oui clairement je pense que pour 99% de mes billets, je commence par lire l’article correspondant de Wikipédia (et même plutôt « les » articles reliés). C’est vrai que je pourrai les citer systématiquement, mais je pense (peut-être à tort) que je n’ai pas besoin de dire aux gens qu’ils trouveront aussi des choses à lire sur Wikipédia. Je préfère citer les références originales que l’on trouve beaucoup moins souvent dans les billets (et heureusement bien mieux sur Wikipédia).

        Désolé d’avoir mal pris votre commentaire initial 😉

  7. Pour la ‘pys’ actuelle, (toutes pys confondue), refaire l’expérience avec des enfants ayant été ‘soumis à un traitement’ : dormir moins de 9h00 par nuit, manger beaucoup de produits ‘préfabriqués’, beaucoup de jeux virtuels et pas beaucoup de sport ni de possibilité de ‘s’ébattre en criant’ sans aucune contrainte … beaucoup pourraient être diagnostiqués ‘hyper-actifs’ par plusieurs ….

    • Je doute qu’il suffise de soumettre des gosses à ce  » traitement  » pour diagnostiquer une hyperactivité. Une des caractéristiques de ce trouble du déficit de l ‘attention est le décalage net entre l’age et le développement de l ‘enfant , dyspraxie … .
      Les causes génétiques peuvent aussi rentrer dans le cadre d’un diagnostic .
      Cela ne se résume pas à une hyper-activité motrice … .

      – De plus que signifie  » produits préfabriqués  » ?
      – Quel lien faites- vous avec le trouble de l’hyperactivité ???????

      • Bonjour,

        Mon propos était dans le cadre de ‘refaire une expérience’ comme celle de 1973 …

        Les produits préfabriqués, c’est à dire la ‘mal-bouffe’.

        L’ensemble (activités virtuelles, pas ‘d’ébats’ en totale liberté, manque de sommeil, etc) provoquent immanquablement des ‘déficits de l’attention’ …

        Je n’ai pas connaissance que cet aspect de la vie d’un enfant soit pris en compte dans la pose d’un diagnostique sur l’hyper-activité . ‘Le rythme de vie global’ de l’enfant, associé à un autre ‘léger trouble’ comme une dyslexie par exemple, qui elle aussi sera accentuée par pourrait être diagnostiqué par plusieurs comme de l’hyper-activité … plusieurs qui n’est pas tous … mais je maintiens que trop d’enfants sont diagnostiqués ‘déficients’ par ‘la psy’ en France principalement.

      • « Les causes génétiques peuvent aussi rentrer dans le cadre d’un diagnostic . »

        Oui et non. Enfin, cela ne devrait pas toujours.

        Connaissez-vous les gènes précis permettant de diagnostiquer ce genre de situations? Avez-vous des tests génétiques précis? Ou s’agit-il de faire soupçonner « ah oui, le frangin, il est comme ci, l’autre il est comme ça » et de fil en aiguil, d’arriver à des conclusions « génétiques » qui vont bien au-delà de suspicions d’hérédité demandant à être confirmé par un diagnostic différentiel?

        Quand vous avez une maladie bien identifiée, vous pouvez faire ce genre de considérations. Ou un gène spécifique ayant un rôle assez clair. Maintenant, si, en raison de proches « souffrant » de « troubles » psys, on se permet d’étayer un enfermement d’un autre proche pour une maladie telle que la schizo dont on peine à percer « le secret », cela va un peu trop loin.

        « Tiens ton frère est diagnostiqué schizo (suspicion génétique), et en plus je sais, en tant que mère psychiatre que tu es en « compétition avec lui pour l’affection de ta mère (sic) » (thématique psychanalytique) ». Hop, à l’asile.

        Ne pas trop rationaliser ces thèmes génétiques dans un cadre clinique. A l’heure actuelle, la génétique de la schizo devrait être réservée aux chercheurs et pas au cliniciens de peur d’introduire un biais qui pourrira de bruit statistique le travail de recherche visant à détermine d’éventuels gènes véritablement responsables. La recherche patine déjà suffisamment sur ce sujet sans qu’il soit besoin de rajouter du bruit statistique.

  8. Bonjour et merci ^^

    Pour vous citer :

     » Pour la ‘pys’ actuelle, (toutes pys confondue), refaire l’expérience avec des enfants ayant été ‘soumis à un traitement’ …  »

    Je pensais que vous parliez de notre époque en utilisant  » pys actuelle  » .Pardonnez-moi.

    Pour vous citer :

    ‘Le rythme de vie global’ de l’enfant, associé à un autre ‘léger trouble’ comme une dyslexie par exemple, qui elle aussi sera accentuée par pourrait être diagnostiqué par plusieurs comme de l’hyper-activité  » … .

    La déficience ne s’associe pas nécessairement à une hyperactivité ,ce sont deux diagnostics différents.
    ( Avec ou sans hyperactivité ) .

    Donc quel est le lien entre  » malbouffe  » et diagnostic d’un trouble du déficit de l ‘attention ?

  9. Pour répondre à gogo :

    Bonjour ,

    Pour vous citer :  » Oui et non. Enfin, cela ne devrait pas toujours. »

    Oui je suis d’accord , c’est pour cela que je j ‘écris  » … peuvent aussi …  » ce n ‘est pas systématiquement le cas .

    Et oui il existe des récentes publications ( Philip ASHERSON / Russel SCHACHAR… ) qui mettent en évidences des facteurs génétiques et leurs rôles dans le TDAH et qui ne sont pas que le fruit d’une interprétation .

    C’est plutôt une bonne nouvelle si cela permet de poser un cadre et un accompagnement plus adapté derrière en évitant de tomber dans une forme d’ eugénisme nauséabonde .

    Concernant la schizophrénie je ne connais pas le sujet , je ne m ‘exprimerais donc pas dessus .

    • @Cécile: j’ai effectivement tendance à accorder plus de crédit scientifique aux chercheurs du King’s College qu’aux psychanalystes de Paris 7. Vous faites état d’une étude qui implique des modification d’un des principaux recepteurs à nicotine. Bien. Et pourquoi pas, d’ailleurs… de nombreux cinglés et des médecins font état d’effets positifs de la nicoltine (pas du goudron…) dans ce qu’ils qualifient de troubles psys.

      Je n’ai pas lu l’article. Néanmoins, je me permets de soulever quelques interrogations:

      (1) Y a t’il une évaluation de l’incidence de cette modification qui soit prédictive, et si oui, de combien? Le point soulevé est que: vous prenez des populations estimées cinglées (je suis un peu provocateur, n’y voyez pas de mal) selon les critères du TDAH, et puis, probablement, vous extrayez de cette population un facteur génétique qu’il est raisonnable d’incriminer; vous ne fournissez pas à priori la « probabilité conditionnelle » inverse, à savoir la probabilité de souffrir d’un TDAH selon les MÊMES critères que la population initiale compte tenu de la modification du gène CHRNA7; et c’est pourtant cela qui est intéressant.

      (2) Il est important de garder en tête que la clinique, c’est un peu comme un microscope pour les chercheurs. Quand on cherche à effectuer des observations scientifiques, il est important d’observer ce qu’on souhaite observer, mais il est aussi important d’observer le microscope pour s’assurer qu’il est bien réglé, pas trop de poussières. Nul doute que les chercheurs ont une confiance dans l’outil d’investigation que constitue la clinique. N’en ont-il pas trop, parfois? J’exposais dans mon commentaire le bruit statistique que peut générer une pratique foireuse de la clinique; vous en êtes consciente… Mis à part le bruit statistique en génétique, je trouve intéressant que mon cas se retrouve à coup sûr à terme anonymisé dans des études qui chercheront à prouver que le chanvre mène les surdoués à l’héroine ainsi qu’à une schizophrénie inguérissable (i.e. la thèse à môman). Comment s’assurer de corriger de tels biais? De telles études y pensent-elles seulement?

      J’arrête ici: répondre à ces deux questions de manière structurée me serait amplement suffisant. Je ne vous ferai pas l’injure de vous communiquer les intitulés des études et des séminaires qu’animait ma mère psychiatre à l’appui de mon scepticisme de schizophrène normalien sur les études scientifiques en psychiatrie.

      Et pour vous, est-ce que le Critical Psychiatry Network est constitué de scientifiques? Ou d’idéologues complotant pour abattre le chef d’oeuvre d’humanisme qu’est la clinique psychiatrique?

      http://www.criticalpsychiatry.co.uk/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=1&Itemid=55

      • Disons que c’est complémentaire , mais j ‘accorde également plus de crédit aux chercheurs, c’est mon coté intégriste patho … .

        La clinique ( j’entends par la non hippocratique ) reste en effet un moyen d’observation thérapeutique qui a ses limites .
        A sa décharge Pinel à tout de même mis un sacré coup de pied dans le pâté ,n’en déplaise aux nostalgiques des saignées .
        La pertinence de cette dernière devrait aussi être garante d’ une éthique , qui malheureusement parfois reste arbitraire … .J’en suis bien consciente, l’observation n ‘est pas sans conséquence .

        Je reste assez partisane du scepticisme , Pyrrhon d’Elis mon amour … .

        Je vais garder vos interrogations sous le coude pour tenter d ‘y répondre convenablement plus tard .

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  11. j’ai fait treize mois de psychiatrie, la psychiatre a dans mon dos fait un dossier cotorep avec l’assitante sociale en m’handicapant , j’ai annulé le dossier , c’qui fait de moi une autoreference psychiatrique puisque je suis au RSA(je ne prenais pas de médoc en psy: art 4 de la chartre) , j’ai meme été exclu pour ça vu que je suis devenu autonome financièrement et administrativement

  12. Voilà encore une preuve que la psychiatrie n’est qu’une pseudo-science… La psychiatrie peut s’avérer très dangereuse : elle peut détruire.

    D’ailleurs, votre titre me gêne un peu : « être sain d’esprit chez les fous ».
    Sachez qu’il y a beaucoup de personnes réellement malades enfermées dans des hôpitaux psychiatriques, mais qui ne sont absolument pas folles pour autant (exemple : les internements pour anorexie mentale. L’anorexie est une véritable maladie, mais qui n’a AUCUN rapport avec la folie !)

    Un bel exemple : Valérie Valère. Atteinte d’anorexie mentale, elle a été internée durant quatre mois dans un grand hôpital parisien. Elle y a vécu l’enfer. Pour se venger des psychiatres l’ayant maltraité, elle en a écrit un livre, devenu best-seller. Par la suite, elle était devenue une écrivaine célèbre et elle avait même pu s’acheter un appartement grâce à ses droits d’auteur (ses livres s’étaient vendus à des millions d’exemplaires).
    Elle avait obtenu son BAC. Bref, cette jeune fille n’était absolument pas folle, bien au contraire. Elle était intelligente et dotée d’un talent d’écriture extraordinaire.
    Elle était simplement dépressive et malheureuse, à cause d’un profond manque d’amour (elle était une enfant non désirée et ses parents ne l’aimaient pas). Mais cela n’a AUCUN rapport avec la folie.

    De même, il y a des personnes enfermées en hôpital psychiatrique suite à des tentatives de suicide : ces personnes ne sont pas folles, mais simplement désespérées.
    Et pour en revenir à ce que j’ai écrit au début, je disais que la psychiatrie pouvait détruire les gens, car on « punit » les gens qui refusent de se nourrir ou qui tentent de se tuer dans les hôpitaux psychiatriques, comme le démontre d’ailleurs parfaitement bien le best-seller de Valérie Valère : « Le Pavillon des enfants fous » (Stock, 1978).

    Malgré le temps qui s’est écoulé depuis la parution de ce livre, les méthodes barbares sont hélas toujours les mêmes.

    Voici mon témoignage : http://www.groupeinfoasiles.org/allfiles/temoignages/130830Temoignage_Nutella_18_ans.pdf

    • Oui pour le titre je n’ai rien trouvé qui rende quelque chose de fidèle à celui de l’article original de Rosenhan, avec l’opposition sane / insane. Clairement « fou » est une mauvaise traduction de « insane ».

  13. Il est urgent d’utiliser le mot esprit ou âme, en médecine, ces concepts sont religieux et non scientifiques, en conséquence la psychiatrie évoque des concepts sans réalité scientifique, nous en sommes au temps de Galilée, pire de Giordano BRUNO.

  14. La psychiatrie n’est pas une science exacte. C’est un hold-up mental.J’ai moi-même été diagnostiqué schizophrène alors que c’est totalement faux .Je suis intimement persuadé qu’une personne saine d’esprit peut devenir schizophrène ou bi polaire suite à un traitement antipsychotique.Ce sont les psy qui vous transforment en loque humaine.C’est un business.Quand on sait que certains médecin reçoivent des cadeaux de la part des laboratoires (voyage et autre) forcément ça peut les inciter à prescrire telle ou telle molécule.CE SONT LES MEDECINS QUI FABRIQUENT LES 3/4 MALADES MENTAUX
    QUELLE POURRITURE LA PSYCHIATRIE
    PAVILLON36 BERURIER NOIR

  15. En France pour se faire interner il suffit simplement de dire que vous fumez du cannabis .Vous serez automatiquement diagnostiqué schizo ou bipo alors que dans d’autres pays comme la californie l’uruguay le canada etc etc le cannabis est prescrit pour des maux physique.Le Cannabis c’est une plante qui soigne elle ne peut pas tuer ni rendre malade.En France on fait de la désinformation sur la Ganja
    C’est une belle hypocrisie .

  16. La psychiatrie signifie « traitement de l’esprit ou de l’âme ». Comment traiter un concept imprécis. Nous ne sommes pas loin du charlatanisme et la manipulation mentale. il n’y a pas si longtemps on parlait d’aliénés voir de possédés, tout cela relève de la mystification. Je propose que l’on remplace le terme « psychiatrie » par neurophysiologie comportementale. De nombreux auteurs ont montré l’influence du milieu social, de l’éducation. Dans l’ouvrage publié chez Masson, Henri EY fait l’historique de la psychiatrie, malheureusement il nous a quitté un peu tôt, car il possédait un esprit critique certain, tout comme Michel FOUCAULT, et Edouard ZARIFIAN ( les jardiniers de la folie). FREUD dans son introduction à la psychanalyse a critiqué ouvertement la psychiatrie et ne parlons pas de JUNG  » dans les racines de la conscience »..
    Les psychiatres devraient lire « l’esprit de Dieu » du physicien Paul DAVIES.

  17. Je confirme qu’ont peut facilement se faire interner uniquement à cause d’un tiers, en général c’est vos parents. Vous dites un truc qu’il considère bizarre ou qui les déranges et hop vous etes un danger pour vous et pour les autres. Vos moindres actions sont considérées comme des signes de la follies. D’ailleur si vous dites que vous ne voulez pas vous soigner on vous y force sans réellement le dire! En gros tu y reste plusieurs moi si tu refuse de prendre tes antipsycotique ou autre. Si t’ai un peu intelligent et que tu discute avec d’autres personnes qui on été internées tu comprends qu’ils faut pas contester et surtout pas par la violence ou se barrer sinon c’est directe les piqures tous les 15 jours. La pas moyen de tricher sur le traitement… Tous ça pour dire que ces spychéatre sont de véritable enfoirées qui pense savoir ce qui est bon pour nous. Nous les gens qui ont des comportements antisocials ou qui n’ont pas réellement besoin de contacts sociaux. Et oui si vous etes du genre à pas sortir de chez vous vous etes surement psyquotique!!!

    Le résultat de cette experience ne m’étonne absolument pas, c’est même plutot logique!Et ces résultat sont d’aprés mois exacte. Encore un truc je suis du genre à avoir toujours raison et ça fait chier mon étourage…Et encore plus les psychéatres

    • Je précise quant j’écrit:Et oui si vous etes du genre à pas sortir de chez vous vous etes surement psyquotique!!! C’est ce que pense les psychéatres!

      Je pourrais parler un moment de ce que je pense de la psychéatrie.
      J’ai été fortement surpris de constater le nombre de psychéatre avec des origines maghrebines.
      Il est effectivement exacte que lorsqu’ont est interné on se fait chier severe! Ont est même parfois en contacts avec des vraies tarrées qui gueules en esperant qu’ont les fasses sortir de leur chambre d’isolement. A la fin même si vous n’etes pas schizo vous serais même amené a le devenir a force d’entendre pendants des heures ses gens s’épuisser à gueuler sous l’effet des puissants médicaments administrées. Quant vous entendez ça et voyez comment ça se passe vous vous dites qu’ils faudrait être completement fou pour se rebeller, car sinon la camisol est pas loin, et la piqure de calmant. Et oui lors de mon internement forcé ont m’as discretement donné en plus d’un antipsychotique un calmant, car faudrait pas qu’ont fasse des vagues dans le service. J’ai également eux droit aux prises de sang pour voir si je ne me drogué pas et analyse d’urine. J’ai eu en cours de route un changement de traitement car le psycheatre jugé mon precedent traitement inefficace, celui-ci me provoqua un effet secondaire qui me provoqua des genres de spasmes aux yeux qui me forcé a regarder vers le haut. Ici vous etes comme un cobay! A la suite de ça ont est même a demander aux soignant de se faire faire une piqure même dans les fesses rapidement du produit qui stoppe les effets. Ne me demandez pas ce qu’il m’ont donné je n’étais vraiment pas en état de le demander. J’aurais accepté n’importe quoi pour que cesses cet effet secondaire!
      Finnalement l’effet cesse mais s’en suit un enorme mal de crane, plus exactement un mal dans le visage.
      Ouf aprés quelques heures de suplice sa va mieux mais mon esprit est embrouillé, jene me souviens plus de l’ordre cronologiques des choses.
      J’ai compris à ce moment la je devais plus rien dire aux psychéatres sous penne d’un autre traitement.
      Je leur disais ce qu’ils voulais entendre, que j’allais mieux qu’avant! Mais bien sur!
      Je vais pas en parler plus ici mais c’est réellement comme ça que ça se passe.
      A oui j’oubliais qu’aprés avoir admis que vous etiez malade vous devrez allez plusieurs fois par mois au rendez vous au cmp le plus proche puis 1 fois par moi pendant 6 mois voir plus…Ceci pour qu’ont vous donne une ordonnance pour vos medicaments. Je précise qu’il ne vaudra en aucun cas dire que vous doutez de l’importance de prendre vos médicaments, vous devrez même surement faire croire a votre famille que vous les prenez, mais faudra être convaincant! Surtout de pas refuser d’y aller sinon car ont m’as clairement dis que vous y retournez (interné de force car vous etes sous contrainte de traitement), Une infirmière me l’a clairement dis, me donnant clairement l’impression de sont sentiment de puissance face à moi. Vous n’etes pas en prison, mais c’est presque pire, ont vous controle!

      J’espere que ces quelques lignes vous ont interréssées…

      • Bonjour. En réfléchissant bien, c’est plutôt eux les psy, qui ont besoin d’être enfermé! Juste quelques questions.. Répondez-moi franchement. Comment peut-on dénoncer un faux dossier médical qui à été fait à mon insu et en douce? Puis-je avoir le droit de porter plainte contre la personne et aussi à la COTOREP? D’autant plus, que je suis tout à fait normal et que j’avais déjà travaillé.
        Merci par avance.

  18. Bonjour à tous. Juste quelques questions.. Répondez-moi franchement. Comment peut-on dénoncer un faux dossier médical qui à été fait à mon insu et en douce? Puis-je avoir le droit de porter plainte contre la personne et aussi à la COTOREP? D’autant plus, que je suis tout à fait normal et ils le savent très bien. Merci par avance.

  19. La supercherie peut dater d’il y a 40 ans, le système perdure. Il y a des imposteurs dans les rangs des patients hospitalisés soit parce que c’est volontaire de leur part pour échapper à la rue ou à l’enfer de la vie, soit pour occuper des lits cette méthode étant organisée par les psychiatres eux-mêmes pour combler le déficit de la caisse.C’est ça qui est effrayant. L’article est très intéressant mais en fait la conclusion est erronée et je trouve ça dommage. Avez-vous « visité » un asile ? Aujourd’hui la seule chose qui ait changé est le vocable, on les appelle hôpitaux spécialisés, cette appellation tout à fait trompeuse induit les malades en erreur et par contre il est tout à fait exact que l’étiquette collée sur le dos des malades leur reste toute leur vie quoiqu’ils fassent et quelle qu’est pu être leur « maladie ». Il y a parfois dans ces asiles qui ne sont certainement pas des hôpitaux des gens qui souffrent de problèmes fonctionnels (matraquage par radiothérapie par exemple par la police à la demande et avec la complicité du corps psychiatrique). Les bipolaires vont rarement jusqu’à l’hospitalisation à moins d’essayer de décrocher le sésame de l’ALD. La plupart des hôpitaux psychiatriques sont en France, en réalité, des prisons d’où trompeusement on peur sortir lorsqu’on s’y présente de son plein gré et où l’on est interné de force plus que facilement à la demande d’un tiers, quel qu’il soit. Le système français n’a sans doute rien à envier au système américain en matière de duperies et d’archaïsme. S’inspirer du démantèlement des asiles par l’Italie me semble de salubrité publique.

  20. J’ai été « hospitalisé » (comprendre, emprisonné) de façon arbitraire et abusive, sans qu’il n’y ait eu aucun antécédant ni aucun recoupement de plaintes. Mes parents, suite à une dispute, on décidé de me détruire. Quand je suis arrivé dans le 1er hôpital (il faut 2 avis médicaux…), on m’a tout de suite isolé et on a parlé à mes parents en apparté. Ensuite, on m’a attaqué sur le fait que j’étais homosexuel en me disant que j’étais refoulé. Ce n’était pas le cas, je suis homo et tout le monde le sait. Ensuite, on m’a dit que comme j’avais été proche des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, j’étais traumatisé. On m’a ensuite dit que j’étais anorexique. Puis, ils ont commencé à dire que j’entendais des voix ou que j’étais en dissociation par rapport à la réalité. Bref, il y avait des allers-retours des infirmières avec de nouvelles charges à chaque visite. On m’a invité immédiatement à prendre des médicaments. Devant mon refus net, on m’a demandé si je voulais boire de l’eau. J’ai dit non merci (j’étais dans une chambre et j’avais bu au robinet). Ils ont insisté pour m’obliger à boire de l’eau qu’ils m’avaient apportée. Dans le 2e hôpital, le médecin urgentiste m’a entendu et a déclaré que je n’étais ni stressé ni dangereux, ni suicidaire. J’ai appris que mes parents avaient déjà signalé au SAMU que j’étais suicidaire, ce qui est complètement faux.
    Je n’ai aucun antécédent psy, et je n’ai jamais souffert de maladie mentale. Le simple foisonnement de diagnostics effectués par des infirmiers prouve que c’était une supercherie.
    J’ai été interné de force et j’ai rencontré deux psychiatres qui m’ont dit que j’étais stressé et que ce stress et cette panique étaient « ancrés dans ma personnalité » avec aucune chance de rémission. Etre enlevé de chez soi, enfermé dans une pièce face à une cour de prison, privé des ses vêtements et effets personnels, sans savon, sans brosse à dent, et avec de l’eau glacée sous la douche, ce n’était pas une cause de stress suffisante.
    Le lendemain, donc, je suis informé de mes droits et je réclame de quoi écrire au maire, au procureur, au président de l’ARS et au directeur de l’hôpital, ce qu’on me refuse. On m’empêche de lire le document qui m’informe de mes droits. On cherche à me droguer (et ils me droguent) avant que j’ai pu lire le document. Puis, on me harcèle en me disant que je ne sortirai jamais, que le juge des libertés fera ce que l’hôpital lui dira de faire en fonction des recommandations de l’équipe infirmière et des psychiatres.
    Là, on me fait signer un papier comme quoi je suis volontairement hospitalisé, sans quoi on me promet de ne jamais être remis en liberté… Torture psychologique. J’ai été accusé d’anorexie, (mon imc était dans la zone « surpoids », je précise) mais il m’ont affamé, avec un unique repas arrivé à 23h30.

    J’ai signé le papier en espérant ensuite dénoncer mon hospitalisation à la préfecture, à SOS homophobie. Je m’attendais à trouver un soutien. J’ai appelé le commissariat, qui m’a menacé et raccroché au nez. J’ai appelé mes parents pour leur dire ce qu’on me faisait subir, sans savoir qu’ils étaient complices. L’hôpital m’a ainsi accusé de harceler mes parents qui laissaient sonner sans jamais répondre.

    Les infirmiers pratiquent constamment le mensonge pour piéger les patients, les obliger à confesser des choses fausses, en leur expliquant qu’ils sortiront plus vite s’ils « avouent »… Les infirmiers obtiennent des confessions par écrit en torturant et en harcelant psychologiquement des personnes qui sont nécessairement isolées, parce que
    1) Leurs « proches » les y ont mis
    2) L’HP est un milieu fermé qui isole et déshumanise les patients

    J’étais rentré suite à la perte de mon emploi. Pour se débarrasser de moi, ne sachant pas comment me le dire sans doute, mes parents ont décidé de me placer en hôpital psy. Et j’ai été emprisonné pendant 3 semaines. J’ai par la suite dû menacer mes parents de poursuites pour qu’ils me rendent l’intégralité de mes biens.

    J’ai manqué de me faire radier de pôle emploi avant même d’avoir été inscrit. Les infirmières m’enfermaient dans un bureau et, à plusieurs, me harcelaient de question comme dans un film de KGB, me hurlaient dessus que j’entendais des voix, qu’il fallait que j’avoue, que je m’étais isolé volontairement par rapport à mes parents, que j’avais arrêté de me nourrir (je mangeais tous les plateaux qu’on me donnait). Mes parents m’ont volé mes documents administratifs et les infirmières m’ont dicté une lettre dans laquelle j’aurais confié à l’hôpital tous les documents administratifs et les droits d’effectuer des démarches à ma place.

    Il faut savoir que je suis trentenaire, en pleine santé physique et mentale, que j’avais un emploi de longue date et que j’ai quitté le domicile familial à 17 ans, en allant à la fac. Je n’ai jamais été Tanguy ou un fardeau pour mes parents. Je n’ai aucun historique de violence et un casier judiciaire extra-vierge.

    Lors d’une confrontation avec mes parents, dont je ne voulais pas, j’ai été engueulé et accusé et menacé par la psychiatre. Je l’ai sommée de poser son diagnostique ou de me laisser partir. La psy m’a menacé que si je résistais aux traitements, elle emploierait la force. Je lui ai rétorqué que j’avalais tous ses médicaments depuis que j’étais là et que j’étais coopératif, que faire valoir mes droits n’était pas résister à un traitement qui n’existait d’ailleurs pas car je n’avais qu’un quart (!!!!!!) de Xanax toutes les 3 heures pour justifier de mon hospitalisation.

    Au terme des 3 semaines légales au cours desquelles ont peut garder un patient (apparemment), j’ai été mis à la rue, alors que je n’avais AUCUN LOGEMENT et qu’on m’avait privé de revenus en m’empêchant de contacter Pôle Emploi et de leur fournir des documents nécessaires pendant 3 semaines.

    Les preuves informatiques dont je disposais pour affirmer mes dires m’ont été confisquées. J’ai fourni mon téléphone (que j’ai obtenu au bout d’une semaine) pour prouver que mes appels à mes parents étaient initiés par eux, et que je rappelais quand on me laissait charger mon portable (quasiment jamais) et quant je voyais que EUX m’avaient appelé. La preuve que c’étaient mes parents qui me harcelait et non l’inverse a été prise en compte par l’infirmière… Qui s’est empressée, SOUS MES YEUX, d’effacer l’historique des appels.

    Je ne commence même pas à dire les sévices physiques et psychologiques dont j’ai été témoins sur d’autres patients, les vols à des vieilles dames, d’autres laissées à déambuler alors qu’elle tenaient à peine sur leurs deux jambes, pliées en deux, HURLANT comme des sauvages, tombant en risquant de se briser le crâne ou le bassin, et que LES PATIENTS aidaient à se remettre debout parce que les infirmiers les laissaient gisant dans leurs excréments.

    Non, ce n’est pas un film d’horreur ou il y a 40 ans, c’est en 2016, et c’est là-dedans que j’ai été enfermé, sans que soit dressé, à ma connaissance, de

    Et…. Personne n’a voulu m’aider. Personne. Pas pendant, pas après. Pas la famille. Pas les amis. Pas SOS Homophobie, pas le défenseur des droits, aucun avocat n’a accepté d’attaquer l’hôpital ni de m’accompagner dans une procédure de dénonciation à l’ARS. J’ai appelé la préfecture suite au refus du commissariat de me venir en aide. Il se trouve que la détresse physique imminente n’est pas valable dans le cas d’une séquestration ou d’une agression par administration de drogues incapacitantes (empoisonnement, ni plus ni moins) pour une intervention des policiers.

    J’ai appris que la police ne s’inquiète guère du sort des gens qu’on enferme, ou de la justice. Les HP sont des endroits sans justice, sans compassion, sans recours, sans sortie. Tout se fait sous la menace. Les personnels mettent les patients dans une insécurité et une attente constantes en leur promettant de revenir les écouter, et ils ne reviennent pas. « A tout à l’heure » veut dire « crève ». « On veut vous aider » veut dire « si tu ne nous laisses pas te détruire à petit feu, on de détruira encore plus vite ». Alors, oui, il y a des gens qui affirment entendre un extra-terrestre lui dire de tuer les autres patients et un autre qui tente de se sucider sans être plus malheureux que ça… Mais qu’on soit sain comme je l’étais ou sacrément atteint, on n’a aucun droit et le HP cherche à vous détruire.

    C’est l’inversion des valeurs telle qu’elle a été décrite concernant Auschwitz. Les soins sont des sévices. La santé est la maladie, le droit est le non-droit, l’objectif est l’arbitraire, le faux est le vrai, la justice est l’injustice.
    J’ai dit Auschwitz. Je pèse mes mots. J’ai été déshumanisé de façon systématique. J’ai été mis en cage avec des gens dont c’était le seul recours pour manger chaud, avec d’autres qui m’ont agressé verbalement ou physiquement, avec des érotomanes, des schizo, des drogués pleins de maladies vénériennes, des femmes battues (qui n’avaient rien à faire là), des suicidaires, des Alzheimer, des trisomiques (pareil, rien à faire là). Des personnes étaient en simple dépression, d’autres avaient été enfermées car elles consommaient du shit, mais il y avait aussi des vieilles dames spoliées de leurs bien par la mise en place d’une curatelle, et dont le placement faisait partie du processus de prédation !!!! Que l’on tolère ça dans le pays des « droits de l’homme » me rend… Je ne vais pas dire m… Car je suis devenu très précautionneux. Je n’ai plus le même rapport au monde et aux autres. Fini de donner des infos personnelles ou de raconter ma vie ou de faire confiance.

    Quand ils m’ont lâché, j’étais sans ressources, sans toit, sans famille, sans moyen de communication, loin de toutes connaissances, et j’ai dû ensuite faire avec le « manque » des médicaments qu’ils m’avaient forcé à prendre (nausées, maux de tête, insomnies…). Bref, depuis, je ne suis plus le même.

    J’ai été tout proches d’attentats à Paris mais je n’ai pas été traumatisé. Le HP, CA, ça m’a traumatisé et ça a attaqué encore plus ma foi en l’humanité de mes congénères.

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  23. Je suis du Canada et je vis l’enfer d’un diagnostic de squizophrenie alors que je suis bien saint esprit ! Je me sens seul, car je ne connais pas vraiment mes droits et je veux me sortir du système de la psychiatrie ! Je vais devoir avoir une autorisation de soin et j’ai seulement 28 ans. C’est un appel à l’aide
    Je veux sortir de cette enfer avec la tête haute.

  24. ça serait pareil de nos jours
    pour avoir vécu des abus psy je vous l’atteste, je me bats depuis des mois pour avoir gain de cause mais c’est peine perdu et donc mes tortionnaire vont pouvoir continuer

  25. Plus que le diagnostic (qui n’est d’ailleurs pas nécessairement communiqué clairement au patient s’il ne le demande pas, même après longtemps sous traitement), ce sont surtout les méthodes d’enfermement, de contention (physiques ou chimiques), la déshumanisation et la privation de liberté qui vont avec qui posent problème.
    Rappelons qu’enfermer quelqu’un plusieurs jours avec un pyjama en « papier » dans une pièce entièrement carrelée toute blanche avec un lit cloué au sol et une bouteille d’eau est considéré comme un soin. 4, 5, 6… jours de soin pourquoi pas! Sachant qu’être en plus attaché sera considéré comme un soin supplémentaire… Bien évidemment, les médicaments à haute dose histoire de zombifier, c’est Le soin par excellence.

    Ainsi la psychiatrie soigne surtout la société plus que l’individu. On enferme ceux qui dérangent de trop, on les met au pas. la lutte est aussi vaine que pour une fourmi contre un homme. Elle soigne d’une certaine manière, mais toujours avec un goût amer ou en conformisant-abêtissant. Si la psychiatrie n’abat pas, elle rend moins fort…

    Quoi qu’il en soit, rappelons qu’arrêter brutalement son traitement assure bien souvent des gros problèmes. Donc si l’on veut se délivrer des médicaments, il faut le faire douuucement, sur un an par exemple. Sinon, il faut le prendre à la lettre. Je dis cela car je crois qu’il y a des personnes qui ont besoin de médicaments tandis que d’autres sont au contraire malades de leurs médicaments, je dis donc seulement que si l’on décide d’arrêter (à tort ou à raison), alors il faut y aller doucement.

    Pour en revenir plus sur le sujet du billet (toujours très intéressant, merci David), le problème du diagnostic est qu’il se fonde presque exclusivement sur des observations. Trrrès important cette idée qu’on est uniquement observé, écouté en surface. Tout-à-fait significatif qu’ils se contentent de constater que le patient prend des notes et partir directement sur l’idée que c’est pathologique. Il écrit tout le temps, point. Ce qu’il écrit, aucune importance. De même en entretien, ce qu’a à dire le patient n’a que peu d’importance, c’est comment il le dit qui importe au médecin. Il n’y a pas de dialogue vrai.
    Mais surtout, et c’est en cela que l’expérience remaniée pourrait être réitérée, une fois qu’on est sous médicament, il n’y a plus de diagnostic fiable possible dans la mesure où le patient n’est plus lui-même et le plus souvent l’ombre de lui-même. La violence des traitements pose question, mais vraiment!

    Je crois pour ma part qu’on ne fera pas de miracles de sitôt à l’HP, la société a besoin d’HP et la chimie et la technique ne sont pas prêts de disparaître mais il me semble néanmoins que garder une trace vidéo de l’entretien avec le psychiatre avant une hospitalisation, ou encore en cas d’hospitalisation à la demande d’un tiers qu’avoir la possibilité d’appeler à l’aide un proche autre que le tiers, comme on peut appeler un avocat, ce serait aussi bien pour prouver des abus que pour montrer la réalité à un malade qui serait dans le déni. Cela pourrait peut-être même aider certains à prendre du recul sur leur maladie.

    Voilà, sinon l’étiquetage, c’est sûr, malade mental un jour, malade mental toujours… Je serais curieux d’ailleurs de savoir si un psychiatre dit souvent dans sa carrière: « vous êtes guéri! » ou encore : »je vous propose de faire un sevrage de votre traitement ».

    Je croyais ne pas avoir à dire grand chose… Entre autres maladies sévères, j’ai celle du pavé. Merci d’avoir lu.

    PS Ah, une dernière chose sans doute très impertinente alors je ne vais pas être trop précis. Il y a une chaîne YouTube sur la psychiatrie présentée par deux médecins très sympas, mais très curieusement dans les commentaires, on ne trouve absolument personne pour se plaindre de l’HP comme on s’en plaint dans ce fil de commentaires. Comme quoi les médecins sont aussi dans le déni.

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