Le paradoxe de Simpson [vidéo]

Ma nouvelle vidéo sur la chaîne parle d’un sujet que j’ai déjà traité sur le blog : le paradoxe de Simpson. Les habitués des lieux n’apprendront donc probablement pas grand chose de nouveau, mais une petite piqûre de rappel ne fait jamais de mal !

 

Un point intéressant tout de même : quand j’ai eu fini cette vidéo, je me suis dit que même si je l’aimais bien, elle n’aurait probablement pas un gros succès. C’est un sujet qui peu paraître un peu rébarbatif, il faut quand même être un peu concentré pour suivre, et en plus ça dure 14 minutes. A ma grande surprise, à l’heure où j’écris ces lignes, la vidéo est en ligne depuis 48 heures et totalise déjà plus de 2500 vues avec beaucoup de retours positifs.

Ca n’est pas la première fois que je me plante complètement en me disant que tel sujet (sur le blog en général) ne va intéresser personne…pour finir avec un billet qui sera plus lu et partagé que la moyenne. Il semble que je ne suis pas très bon pour prédire le succès de mes propres créations !

Pour ceux qui préfèrent me lire que voir ma tronche, je vous prépare un vrai billet pour la semaine prochaine !

30 réflexions sur “Le paradoxe de Simpson [vidéo]

  1. J’ai trouvé la vidéo bien mieux que l’article (d’habitude je préfère les articles aux vidéos, mais là non :p).

  2. Pour le cas de la tumeur, pour se prémunir du paradoxe de simpson, il ne faudrait pas partir sur une population similaire sur les deux groupes pour chacun des traitements ? 1000x 2 x 2 par exemple ? car ça pose également un problème de validité des groupes: à partir de quel moment l’étude d’un groupe est significatif ? (ça me fait un peu pensé aux pubs « scientifiquement/cliniquement prouvées » sur un groupe de 25 personnes sur une évaluation subjective…)

    • Raymond Boudon , sociologue injustement méconnu parce que n’appartenant pas à la caste des causeurs médiatiques , étant au surplus issu du monde des mathématiques , a largement traité cette question dans son livre  » le juste et le vrai  » .
      Il a mis en évidence de nombreuses erreurs d’interprétations ou de prévisions qui sont même parfois le fait de soit disant spécialistes .
      Les pouvoirs publics , dirigés par des ENArques qui prétendent constituer notre élite , ignorent généralement eux mêmes ces biais statistiques : les études sur les effets de l’alcool au volant sont un exemple parlant . Les niveaux admis d’alcoolémie sont plus élevés qu’en France dans certains pays où l’accidentologie est pourtant inférieure , donc le lien de causalité directe entre alcool est accident mortel demanderait à être précisé

    • Merci du retour ! Chez moi ça passe avec Firefox et Safari, mais je ne suis pas encore bien au point avec ces inclusions de vidéos dans les billets.

      La vidéo peut-être vue à cette adresse :

  3. Pingback: Le paradoxe de Simpson [vidéo] | Science étonnante | Adrinews

  4. Vidéo très intéressante. Cependant, le test concernant la libido avec un rythme de 20 bières par semaine (Environ 3 par jours) pendant un mois peut s’avérer dangereux pour la santé (Alcoolisme).

    • Dans ce cas, on pourrait lancer une étude avec des bières sans alcool, et pourquoi pas des billets et des vidéos sans and degré. Si quelqu’un voit passer l’esprit des années 80 et 90, qu’il me prévienne car cela me manque…

  5. Merci pour cette vidéo, que je crois très utile.

    Sur le redoublement, que vous évoquez en passant, le biais serait amusant, si les études en question ne servaient de base aux réformes de l’école depuis au moins 1989. Aujourd’hui, c’est bien simple, il faut une autorisation de l’académie pour redoubler.

    Je voudrais soumettre à votre sagacité deux autres aspects du problème.
    Le premier part du constat que les avis sont très tranchés sur l’efficacité du redoublement. Certains professeurs affirment n’en avoir jamais vu d’efficaces. D’autres attestent avoir vu des expériences tout à fait profitables. Je soupçonne fortement les prophéties en matière de succès ou d’échec d’être autoréalisatrices. Il est à craindre qu’à force de contester son efficacité, on l’ait rendu inefficace.
    Le deuxième aspect porte sur la notion d’échec scolaire et sur la définition des seuils.

    J’ai écrit l’année dernière quelques articles sur ces sujets. Ils mériteraient sans doute d’être mis à jour.
    http://egomet.sanqualis.com/?p=326
    http://www.contrepoints.org/2014/06/24/169991-les-degres-et-les-nuances-de-la-reussite-la-querelle-des-evaluations-scolaires

  6. Pingback: Le paradoxe de Simpson [vidéo] | C@f&eac...

  7. Bonjour et merci pour ce superbe Blog.

    Donc dans le cas du premier exemple si je comprend bien, le résultat global est faux car il existe un facteur de confusion qui est: « plus une tumeur est grosse, plus elle est grave et plus elle est traitée par chirurgie ». Et en cela, ce facteur influence à la fois la variable (choix du traitement) et sa conséquence « supposée » (taux de guérison). C’est bien ça?

    Par contre, il y a quelque chose que je n’arrive pas à visualiser. Est-ce que le paradoxe de Simpson implique nécessairement un facteur de confusion? En effet, à première vue il me semble que ce paradoxe peut survenir lorsqu’on combine des résultats obtenus sur des groupes de tailles très déséquilibrées… et ce peu importe le contexte de l’étude…

    • Sur tout le premier paragraphe : oui c’est exactement ça !

      Sur le deuxième, oui je pense que combiner des résultats sur des groupes déséquilibrés signifie précisément que la variable « groupe » est un facteur de confusion.
      (Il faudrait prendre un exemple pour s’en convaincre)

  8. « quand j’ai eu fini cette vidéo, je me suis dit […] elle n’aurait probablement pas un gros succès. […] A ma grande surprise, à l’heure où j’écris ces lignes, la vidéo est en ligne depuis 48 heures et totalise déjà plus de 2500 vues avec beaucoup de retours positifs. »

    Tout est dans les mots clé : « guérison cancer », « sexe », « bière », « libido »…;-)

  9. Par contre, si tous les lecteurs participaient à votre enquête, n’aurait-on pas un biais concernant l’échantillon, puisqu’il est possible que tous vos lecteurs aient une libido anormalement supérieure au reste de la population, ou réagissant à la bière de manière totalement différente (échantillon particulier : personnes utilisant Internet et buvant de l’alcool, etc. D’ailleurs, comment mesurer l’effet de l’alcool sur des personnes ne buvant pas d’alcool, alcool qui pourtant aurait un effet sur eux et qu’on pourrait vouloir mesurer).

    Je m’interroge sur les sondages quant aux personnes refusant absolument de participer à ceux-ci. Comment peut-on évaluer leur nombre ? Si on ne le fait pas, ne peut-on pas éventuellement se trouver avec un écart important et ignoré, si les choix de ces personnes ne se distribuent pas identiquement au reste de l’échantillon, pour différentes raisons ?

  10. Une de mes référents -hélas! disparu – disait: « je ne crois pas aux statistiques. » A la question « où est votre labo? »,il répondait: c’est mon crayon.
    Ma bien aimée belle-mère disait:: « le papier ne refuse pas l’encre »
    Mon référent?
    A E

  11. Pingback: soldat de métier

  12. Bonjour,

    je viens de découvrir votre très intéressant blog de vulgarisation scientifique qui plus est sur des sujets extrêmement variés. S’il n’avait existé, il eu fallu l’inventer ! (il me rappelle entre autres mes belles années de fac de physique).

    Bref.

    A propos du sujet de paradoxe statistique, j’ai été récemment confronté à mon conseillé bancaire qui me propose des placements à court, moyen et long termes à des taux plus ou moins intéressants et à des facteurs de risques plus ou moins élevés (taux de livret A faible oblige).
    Le soucis, c’est que je me méfie toujours des études statistiques et surtout des « conclusions » pour ne pas dire des raccourcis qu’on peut en tirer.
    Cette méfiance tient à 3 paramètres :
    1/ je ne maitrise pas les sujets financiers
    2/ les montages financiers sont réalisés par les mathématiciens/statisticiens les plus doués
    3/ les conseillés bancaires ne sont, à mon avis, pas aptes à critiquer les produits que leur hiérarchie leur demande de vendre à leur clients

    Et maintenant, qu’apprends-je par votre étude éclairée : les études rétrospectives, on s’en doute mais je ne l’avais pas réalisé, ne sont pas aptes à argumenter à 100% la conclusion d’une étude statistique.

    Le conseillé s’appuie sur des données de variation de taux de placement ou d’évolution de volume de ventes sur plusieurs années pour étayer ses propos. Je suis persuadé qu’il est tout à fait convaincu de ses arguments et de ses outils, mais j’ai malgré tout encore et toujours ce doute « instinctif » qui demeure.

    Ma question :
    D’après-vous, ais-je raison de ne pas faire confiance aux études financières ? (ou plutôt aux conclusions qu’on en tire). Vaste sujet à mon avis et plutôt sensible, non ?

    Merci pour votre avis éclairé.

    FL
    PS : encore bravo pour votre blog !

    • En matière de finances, il y a un principe de base: un placement sûr ET rentable, ça n’existe pas. C’est le risque qui justifie la rémunération. Et si un placement est très intéressant, le marché va se jeter dessus et faire baisser mécaniquement sa rentabilité, par exemple, s’il s’agit d’actions, ça va faire monter les prix et donc diminuer le retour sur investissement. C’est une application très simple de la loi de l’offre et de la demande. Il n’y a aucune chance pour que ton banquier te propose le bon coup sans risques. Il faudrait disposer d’information exclusives, pour jouer en dehors du marché. A moins donc de pratiquer le délit d’initié, il ne faut pas rêver.

      En général, ce qui permet au simple particulier d’augmenter un peu le rendement, c’est quand l’argent reste bloqué un certain temps. Ca permet de réduire le risque pour la banque. Mais il ne faut pas en espérer des miracles. Les placements sûrs permettent en gros de compenser l’inflation, qui est très faible en ce moment, mais qui pourrait augmenter considérablement selon les décisions politiques.

      S’il s’agit de performances fluctuantes, par exemple un produit lié à un indice boursier ou monétaire, ou encore à un portefeuille d’actions, il faut savoir que les performances passées ne présagent en rien des performances futures.

      Au fond, il faut vous demander quels sont vos objectifs. Espérez-vous gagner beaucoup ou surtout mettre votre argent à l’abri?
      Pour préparer ses vieux jours prudemment, un bon truc, c’est de diversifier son épargne.

      • En premier lieu, merci pour ces bons conseils que je vais retenir.

        En deuxième lieu, en pensant à cet exemple financier, je me disais aussi que le sujet des finances peut amener à des réflexions scientifiques (statistiques, mathématiques, probabilités, …) dans le style des réflexions qui font vivre ce blog comme des paradoxes, des grandes lois, des redondances historiques maîtrisées ou non, …

        Bref, je ne sais pas si de tels sujets ont déjà été abordés ici, mais n’étant pas à même de construire de telles réflexions argumentées, j’espère avoir apporté une petite pierre à l’édifice en proposant peut-être une nouvelle piste de réflexion.

  13. Bonjour.
    Je ne suis pas complètement d’accord avec le fait de couper une classe en 2 pour certifier le bénéfice ou non d’un redoublement. Mathématiquement, ça parait évident.
    Mais dans ce cas ci, il entre un facteur psychologique important. Faire redoubler un élève qui ne le mérite pas peut influer énormément sur sa motivation. Et le résultat final sera à mon avis grandement faussé.

    Je pense qu’à partir du moment où une étude touche au comportement humain, trop de facteurs non binaires entrent en jeu pour obtenir une certitude. Une tendance, tout au plus.

  14. Ce paradoxe n’en est pas un. Selon moi c’est une simple affaire de mix et de « poids » de chaque camembert. Les petites tumeurs sont guéries à 82% en chimio mais pour les grosses la chirurgie est préférable. A contrario, les petites traitées en chirurgie auraient pu aussi bien être traitées en chimio ET les grosses traitées en chimio auraient été plus efficacement traitées en chirurgie. Si j’avais les 2000 observations en ma possession, classés par décile les conclusions seraient toutes autres. Le facteur de confusion est justement la confusion des observations qui permettent d’orienter des décisions.

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