Les cycles de Milankovitch et les changements climatiques

Ma nouvelle vidéo parle d’un phénomène astronomique ayant influencé le climat passé de la Terre : les cycles de Milankovitch.

Avant d’entrer dans le vif du sujet scientifique, et apporter quelques compléments techniques à la vidéo, je voudrais revenir un peu sur l’affaire « Al Gore », et dissiper tout éventuel malentendu.

La carotte de Vostok

Il existe d’excellents arguments pour expliquer que le réchauffement climatique que l’on connait aujourd’hui trouve majoritairement son origine dans les activités humaines; et notamment dans les émissions de gaz à effet de serre, dont la concentration dans l’atmosphère a augmenté avec une vitesse incomparable avec ce qui a pu se produire dans le passé. L’affaire est claire.

Et pourtant, dans le cas de la carotte de Vostok (qui nous renseigne sur le climat ayant régné en Antarctique ces 800 000 dernières années), ça n’est pas l’augmentation de CO2 qui a été à l’origine de l’augmentation de température (même si des effets d’amplification ont pu exister.) Comme je l’explique dans la vidéo, ces changements climatiques observés dans ces données trouvent leur origine (du moins leur déclenchement) dans les cycles de Milankovitch.

Partant de là, il me parait totalement malhonnête d’utiliser les données de Vostok pour illustrer l’influence du CO2 sur le climat. Même si cette influence est réelle, la carotte de Vostok ne vient pas à l’appui de cette démonstration (encore qu’on puisse y mesurer l’effet d’amplification, mais par des moyens subtils, qui vont bien au-delà de l’observation « brute » des deux courbes et de leur merveilleuse corrélation).

Capture d’écran 2016-07-14 à 19.15.32

Alors bien sûr, ça fait un chouette effet scénique, ces deux courbes super parallèles, ça marque les esprits. C’est un peu le clou du spectacle d’Al Gore. Mais appelons les choses par leur nom : pour moi c’est de la manipulation. Je pense que les gens sont suffisamment intelligents pour qu’on n’ait pas besoin de leur présenter de faux arguments, même si c’est pour servir la bonne cause de la prise de conscience.

Je suis d’autant plus fâché envers Al Gore que la manière dont il choisit ses mots avec soin montre bien qu’il sait qu’il utilise ces données à mauvais escient. Il se garde bien de dire explicitement que ces courbes sont la preuve que le CO2 influence le climat. Il fait une phrase alambiquée pour dire que c’est compliqué, mais que de manière générale on sait que le CO2 influence le climat. Sauf que pendant qu’il dit ça, dans le film on a un plan sur les deux courbes parfaitement parallèles. Et donc même si, stricto sensu, Al Gore ne dit rien de faux, l’effet produit sur le spectateur est « ces courbes montrent de manière évidente et incontestable que le CO2 fait monter la température ».

Bref, passons sur le billet d’humeur, et revenons à la science.

Les cycles de Milankovitch

Il y a pas mal de choses à préciser par rapport à ce que j’ai dit dans la vidéo sur les cycles de Milankovitch. Un point en particulier : il existe un autre cycle qui concerne la précession de l’orbite elliptique de la Terre autour du Soleil. En gros imaginez vous que l’ellipse tourne elle aussi. Très lentement, le cycle est d’environ 112000 ans (source)

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Cette période se combine avec le cycle de précession des équinoxes qui est en réalité de 26000 ans, pour donner un cycle effectif de 21000 ans. Il y a aussi d’autres effets de couplage qui font qu’on retrouve en fait plusieurs périodicités autour de 20 à 30 000 ans.

L’oxygène 18 et le deutérium

Un point que je voudrais préciser, et que je n’ai pas évoqué dans la vidéo. Ce qu’on rapporte dans les courbes n’est pas le taux global d’oxygène 18 (qui se situe donc autour de 0,2%), mais la déviation par rapport à un standard. C’est cela qu’on appelle \delta {}^{18}O. La variation est donc minuscule puisque il s’agit au total de déviation de quelques ppm.

(au fait voici la source de la courbe qui fait référence : Lisiecki, L. E., & Raymo, M. E. (2005). A Pliocene‐Pleistocene stack of 57 globally distributed benthic δ18O records. Paleoceanography, 20(1). )

Je n’ai pas détaillé dans la vidéo le mécanisme par lequel la variation du taux d’oxygène 18 nous renseigne sur la variation de l’extension de la calotte glacière. En gros c’est le suivant. L’oxygène 16 est plus léger que l’oxygène 18. Il va donc s’évaporer en priorité des océans. Les précipitations sont donc enrichies en oxygène 16. S’il n’y a aucune calotte glacière, pas de problème. Mais si les précipitations tombent sur la calotte glacière, cette dernière les retient et se trouve enrichie en oxygène 16, et l’océan lui se trouve en contrepartie enrichi en oxygène 18. Plus la calotte glacière est importante, plus elle va retenir d’oxygène 16, plus l’océan (et donc le carbonate de calcium des coquillages) va être enrichi en oxygène 18. Pour ce que j’en comprends, la relation n’est pas quantitative (on ne peut pas dire quelle était l’extension physique de la calotte à partir de l’oxygène 18), mais c’est un « proxy ».

Pour ceux que ça intéresse : plus d’info ici.

Autre proxy, pour la carotte de Vostok cette fois, le deutérium. Qui lui pour le coup commence à être quantitatif puisqu’on peut corréler une variation de température à une variation du taux de deutérium (là aussi mesuré par sa déviation par rapport à un standard, d’où les valeurs négatives que vous observez sur le graphique du deutérium que j’ai montré dans la vidéo.)

Seul bémol à cette équivalence température/deutérium, elle n’est que locale. Et il semble que la variation de température à Vostok soit assez amplifiée par rapport aux variations climatiques globales subies par la Terre. Il faut donc être prudents avec cette équivalence : un degré de différence à Vostok ne signifie pas un degré de variation du climat global.

Des phénomènes inexpliqués

Il existe encore de nombreuses choses mal comprises au sujet des cycles de Milankovitch. Et notamment un point : bien que les cycles d’oxygène 18 ou de deutérium fassent clairement ressortir une périodicité de 100 000 ans, les scientifiques ont du mal à se convaincre que cela corresponde à la périodicité de la variation d’excentricité. Même si le chiffre colle parfaitement, les calculs montrent que la variation d’excentricité est trop légère pour provoquer un changement climatique aussi important.

Pour quantifier l’impact d’un changement d’orbite, les scientifiques ont une référence : la puissance solaire reçue à 65° de latitude Nord. Pourquoi cette valeur ? Parce que c’est une latitude qui comporte beaucoup de surface de terre, laquelle réagit plus facilement aux changements que l’océan (du fait de la forte capacité calorifique de l’eau…c’est pour ça que les climats continentaux sont plus extrêmes que les climats océaniques). Bref, on considère que le climat global de la Terre est assez bien reflété par la puissance solaire reçue à 65°N. Et quand on calcule cette puissance en prenant en compte les cycles de Milankovitch, le cycle de 100 000 ans de l’excentricité n’apparait pas du tout.

Il s’agit donc d’un problème ouvert de savoir pourquoi le cycle de 100 000 ans l’excentricité semble jouer un rôle dans le climat, alors qu’on penserait qu’il est trop faible pour cela.

Autre énigme reliée, le fait que les cycles prédominants ne sont pas toujours les mêmes. La courbe ci-dessous vous montre l’oxygène 18 sur les 5 derniers millions d’années.

On voit que les cycles de 100 000 ans sont apparents depuis seulement environ 1 millions d’années, alors qu’avant les cycles de l’obliquité (de 41000 ans) étaient dominants. Et on ne sait pas ce qui a provoqué cette transition. Effets non-linéaires ? Amplification justement due au CO2 ?

Enfin sachez qu’il est possible avec d’autres proxys plus ou moins bien reliés entre eux de remonter encore plus loin dans le passé. La courbe ci-dessous en montre une synthèse depuis 65 millions d’années.

Globalement, on voit qu’il fait plutôt plus froid en ce moment que par le passé, mais les estimations quantitatives (en degrés °C) sont sujettes aux difficultés dont j’ai parlé plus haut.

50 réflexions sur “Les cycles de Milankovitch et les changements climatiques

  1. Bonjour,

    Ah que cela est agréable ce complément de ton billet sur le réchauffement !
    Même si cela ne te fait pas changer d’avis, cela permet au moins de te montrer que tout est blanc et noir, et pas noir ou blanc.
    Personne ne peut dire à quelle hauteur la vitesse de concn CO2 apporté par l’Homme, est en mesure de venir dérégler l’horloge climatique astronomique.
    Une chose est certaine, c’est que ce n’est pas l’apport de ce CO2 qui est remis en cause, mais sa vitesse de création.
    La balance reste donc entre l’astronomie et la vitesse de production de co2 (et non sa quantité).
    En plus clair, la période glaciaire arrivant, sera t’elle retardée par la rapidité de l’apport en co2 de l’homme?
    Merci à toi d’avoir enfin compris ce principe….

    Amicalement
    Gus

    • Bonjour DAVID,
      D’abord, un grand merci pour tous tes articles, vidéos, etc…et ton livre. J’adore la vulgarisation scientifique et je te cite souvent dans mon cercle privé…mais il reste que je ne suis pas scientifique (même si rationaliste depuis mon adolescence et…principalement…abonné à S&V, et s’étant forgé au fil des années une forte conscience écologique)… d’où les nombreux biais par lesquels mon jugement passe… Ton travail sur le réchauffement climatique a fini de me convaincre (mais je l’étais aussi après la vision du film d’Al Gore…!)… dont il semble qu’il se soit enrichi dans les échanges de … crédits CO2…!
      (https://reflets.info/al-gore-climat-et-business-carbone-you-rock/)
      Du coup, entre un article, ou une vidéo pleine de bon sens et pleine de « démonstrations » (comme cette page web, ayant la conclusion inverse : http://www.zetetique.ldh.org/rechauffement_climatique.html )
      je ne sais plus à quel saint me vouer??
      Qu’en penses-tu?
      Amicalement, et,
      Respectueusement
      BERTRAND

      • C’est très bien de lire des articles allant dans les deux sens, Bertrand Joveneau !
        C’est probablement ce qui a fini par arriver à David Louapre !
        La seule conclusion à tirer, c’est qu’on ne sait pas vers quoi on se dirige, qu’on n’y peut certainement rien, et que la bonne attitude c’est de se préparer au refroidissement comme au réchauffement, comme le dit Lomborg, ou Patrick Moore (ex greenpeace).
        Je vous recommande les articles de Marcel Leroux, le Français le plus compétent en climatologie – qui n’a qu’un défaut, être mort – et pour ceux intéressés par la modélisation, ceux de Philippe de Larminat.

  2. Merci pour cette vidéo très dense!
    Tu parles tellement vite que, si l’on veut tout comprendre, on doit régulièrement faire des retours en arrière (enfin pour moi c’est le cas!), dommage! Laisse-nous un peu plus le temps de digérer tout ce que tu racontes stp… Voilà pour la forme. Maintenant sur le fond:
    J’ai du mal à faire le lien entre la visualisation de strates géologiques et la très faible variation de l’isotope d’oxygène présent dans les sédiments. Est-ce que cela modifie à ce point leur aspect? Peux-tu nous éclairer là-dessus? Comment lire/interpréter ce que l’on voit?
    J’ai également du mal à comprendre comment on arrive à déterminer à quelle année dans le passé correspond un prélèvement (carotte de glace ou sédiment calcaire). Y-a-t-il un lien direct entre l’âge dans le passé et la profondeur du prélèvement? Dans le cas des carottes de glace, et selon l’étendue que fait la calotte glacière, j’imagine que selon où se fait le prélèvement (dans des zones où elle est jeune donc moins profonde vs vieille et plus profonde), on peut grandement se tromper sur la datation, non? Pourrais-tu nous expliquer tout cela? (nécessiterait peut-être un petit billet 😉 )
    Enfin concernant la rubrique « phénomènes inexpliqués » de ton billet: étant donnée la complexité de tous ces phénomènes climatiques (multifactoriels), comment peut-on affirmer que ces corrélations (évolution des cycles de Milankovitch avec celle des données climatiques) soit réellement les explications ou les origines des phénomènes étudiés/observés? Dit autrement, la corrélation de deux paramètres ne peut signifier obligatoirement qu’il y a un lien de cause à effet? (Il me semble que tu as déjà parlé de ces biais dans un de tes billets). Pourtant j’ai le sentiment que ta vidéo veut clairement nous montrer que ces corrélations expliquent l’origine du phénomène alors qu’il y a de gros doutes (par exemple tu dis dans le passage citant Al Gore : « on l’a dit les changements climatiques, leurs origines ce sont les cycles de Milankovitch »), et ton billet semble très bien le rappeler. Ne devrions-nous pas être plus « rigoureux » dans les certitudes affichées lorsqu’il s’agit de sujets scientifiques si complexes (ce ne sont pas des théorèmes de maths ;)). En physique les certitudes sont bien souvent remises en cause par de nouvelles découvertes…
    Encore merci pour ton travail fouillé, en attendant une réponse,
    à bientôt

      • Bonjour,
        Réponse rapide car je suis en vacances 🙂
        Sur l’origine des strates, ça n’est pas le fait que l’oxygène 18 soit en excès mais le fait que la température était différente qui influe sur l’apparence. Mais ça n’est pas parfaitement clair.
        Sur la datation, on fait des calibrations pour bien relever le lien profondeur/temps (cf la publication de Lisicki et Raymo que je cite)
        Sur corrélation/causalité, on a un décalage de 800 ans donc dans ce cas précis pas trop de doutes.

      • Bonjour,
        Etant étudiant en Géologie, les différents aspects des strates ne sont pas liés à la concentration en O18. Ils sont liés au processus et à l’environnement de dépôt.
        Cordialement

  3. J’adore ces vidéos de vulgarisation , enfin je comprends la physique.
    À quand une vidéo sur la tachyonique
    Merci et bravo

  4. Je ne peux que rejoindre Gus gus dans son appréciation de ton évolution sur le sujet.
    Tu quittes un domaine – la physique – où on peut faire confiance à ses professeurs : quand ils disent des bêtises, c’est involontairement, pour un domaine politisé où on veut imposer des croyances pour taxer et faire avancer un agenda de mondialisme.
    Tu as maintenant un discours plus scientifique – au lieu de celui – digne d’un journaliste, c’est dire ! – d’un crétin pétri de certitudes car n’ayant que quelques (fausses) connaissances dans un océan d’ignorance.

    Tu pourras faire encore un pas après avoir trouvé le tonnage de CO2 dans l’atmosphère et celui dissous dans l’océan (un indice : énormément plus) et inféré que l’atmosphère n’a pas d’influence par elle-même, mais que l’effet de serre résulte de la température de l’océan.
    Tu peux aussi te renseigner sur les résultats de l’expérience CLOUD du CERN et le lien – réel, celui-là – entre les taches solaires et ce climat.

    L’immonde site révisionniste incontournable : http://www.pensee-unique.fr/

  5. @ Fluff l’albatros
    D’abord bravo pour ton pseudo !
    Ensuite, à part pour Feynman en mécanique quantique (!), la cause précède la conséquence :
    la Terre se réchauffe, l’océan aussi, il émet donc du CO2 car l’eau se réchauffant en dissous moins ; ceci est un fait ; le reste n’est que déductions, effectivement.

  6. commentaire d’un nul : je vois que dans les sciences « dures » cela discute ferme, très bien. mais pourrais tu aussi parfois t’intéresser à l’économie ? enfin rien ne presse … merci pour ton travail et la clarté de tes exposés.

  7. Puis-je avoir des approfondissements et des lectures sur la périodicité de 10 000 ans (mois le plus chaud actuellement en juillet, il y a 10 000 ans en janvier) ?
    Est-ce que il y a 1 000 ans le mois le plus chaud était donc le mois de juin (ou d’août), et il y a 2 000 ans le mois de de mai (ou de septembre) ? Est-il possible de préciser davantage que le mois (il y a 500 ans, 1500 ans, 1400 ans, … ?) Si c’est le cas c’est totalement fou cette histoire !!!

    Je me place d’un point de vu historique (étant historien, mais non spécialiste du climat, mais je pense m’attarder sur cette question rapidement) et je me pose des questions. Ce cycle permettrait de définir des mois plus chaud qui ne sont pas le mois de juillet, il y a 1000 ou 2000 ans ?

    • En fait cela dépend de la définition que l’on donne à l’année.
      Il y a l’année sidérale, qui se base sur la position des étoiles, et l’année tropique qui se base sur les saisons.
      Dans l’année tropique, par construction, les saisons ne changent pas, donc le mois de juillet se caractérise comme « le mois qui suit le solstice d’été ».
      Dans l’année sidérale, on caractérise par exemple le mois de juillet comme celui « où on voit la constellation du scorpion » (c’est un exemple, pas une vraie définition !), et dans ce cas, alors oui dans 10000 ans, ce sera l’hiver en juillet.

      • Merci David. En effet je pensais qu’il y avait un lien entre la durée du jour et la chaleur (même si en effet la corrélation n’est pas parfaite, le climat étant fluctuant ça me semblait évident ! Mais non…).
        Avez-vous des conseils de lecture sur ce sujet que je pourrai utiliser ? J’aimerai des données scientifiquement utilisable sur les mois les plus chauds et froids il y a 2000 ans.

      • Oui, mais pour de vrai, les mois de l’année de notre calendrier grégorien sont basés sur l’année tropique. Donc ça n’a pas de sens de parler de « juillet sidéral ». C’est ma seule critique à ce sujet rondement mené.

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  9. très intéressant, merci!
    une question : a long terme, si des fortes glaciations reviennent, la survie de l’espèce humaine est donc menacée? (par exemple, s’il faut tous migrer dans l’hémisphère sud…)

  10. Une vidéo très intéressante.
    Mais est-ce que les cycles de Milankovitch permettent de prédire les prochains grands bouleversements de façon relativement précise ? Et si oui, quand est-ce que l’Ecosse va se transformer en glaçon ?

  11. Bonjour,

    Si je puis me permettre : « la puissance solaire reçue à 65° de latitude Nord » = Principale latitude où l’on trouve de la glace (de terre) en période glaciaire. Posez vous la question de la fonte de ces étendues de glace et le résultat sur l’albédo. Peut-être que vous y trouverez votre réponse ?

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  13. Je me permets d’ajouter une précision au sujet du contraste saisonnier. Je pense que ce dernier est influencé par la précession des équinoxes dans la mesure où l’orbite est elliptique et qu’en conséquence le solstice ne correspond pas forcément avec le périhélie. En ce moment le solstice d’hiver (21 décembre) est proche du périhélie (4 janvier), ce qui atténue l’amplitude du contraste. Quand (par l’effet de précession des équinoxes), le solstice d’hiver sera en juillet, il tombera au moment de l’aphélie, ce qui accentuera un peu le contraste.

    • En fait, si on part sur l’hypothèse purement astronomique et cyclique de 100 000 ans , je me demande quelle précision de mesure dans les carottages de glace il faudrait obtenir pour confirmer ça. Peut-être que le coté « astronomique » ne fait que remplir le vase et qu’il faut « une goutte d’eau » imprévue pour le faire « déborder ». Si le phénomène « goutte d’eau » intervient +/- aléatoirement mais régulièrement avec une période moyenne inférieure à la précision de mesure dans les carottes de glaces, peut-être aussi qu’on ne la voit pas ?

      Enfin bon, c’est une idée gratuite, hein…

  14. J’ai du mal à comprendre ton point de vue sur la malhonnêteté d’Al Gore. Certes il simplifie trop les choses mais il n’est pas interdit de penser (et même probable) que le réchauffement amenant aux températures bien plus élevées de l’âge inter-glaciaire n’est pas majoritairement dû à l’émission du CO2 (+ d’autres GES notamment le méthane issu de la fonte du pergélisol) faisant suite à la fin d’un minima radiatif du cycle de Milankovitch. Comme tu le dis si bien d’ailleurs en parlant d’amplification (rétro-action positive). La croissance de l’énergie radiative reçue par la terre pourrait donc n’avoir qu’une action minoritaire dans la totalité du réchauffement, la fin du minima radiatif ne servant alors que de détonateur.

    Je trouve au contraire bien plus malhonnête la récupération par les climato-sceptiques de cette « erreur » d’Al Gore.
    Plus manipulateur que ça, tu meurs.

  15. Si je puis me permettre un petit commentaire. Tout d’abord Al Gore n’est pas un scientifique, son film est ce qu’il est mais ne peut en aucun cas être cité comme référence scientifique que ce soit dans un sens comme dans l’autre.

    Il faut savoir concernant le CO2 qu’il peut agir comme rétroaction tout comme forçage. L’étude de Caillon et al 2003 est assez instructive sur ce fait. Les cycles de Milanko vont provoquer un réchauffement de l’océan antarctique et donc un dégazage de CO2 lequel par la suite va provoquer la déglaciation de l’hémisphère nord.

    Timing of Atmospheric CO2 and Antarctic Temperature Changes Across Termination III

    Il est néanmoins clair qu’on ne peut comparer ces faits avec ceux d’aujourd’hui, l’augmentation anthropique de l’effet de serre et sa conséquence ne fait plus débat depuis longtemps dans la communauté scientifique compétente bien que les climatosceptiques tentent de faire croire le contraire..

    • Tu oublies le papier (plus récent) de Shakun et al (dont Édouard Bard aussi il me semble) même si c’est contesté et de toute façon spéculatif.

  16. La question du déclenchement des sorties de périodes glaciaires n’est pas une question tranchée. Mais un article très récent, gratuitement accessible, jette un éclairage très très intéressant sur la question.
    Selon cette étude le CO2 serait bien la cause du déclenchement mais non pas du tout à cause de son augmentation (qui de toute façon suit et ne précède pas) et de l’effet de serre associé mais bien au contraire à cause de la déplétion prolongée à moins de 200 ppm de CO2 de l’atmosphère durant la période glaciaire en cours. Celle-ci déprime la production végétale, cause à la longue une désertification et des poussières d’érosion qui en se déposant aux hautes latitudes vont diminuer l’albédo des glaces et déclencher la sortie du glaciaire.

    Un effet biologique donc et non physique. A méditer par ceux qui sont aujourd’hui trop focalisés sur l’effet de serre et ne voient même pas l’effet le plus évident et incontestable, lui, du CO2 anthropique, à savoir le verdissement de la planète.

    • Ça fait du bien de lire un commentaire écrit par quelqu’un qui pense au lieu de répéter les bêtises à la mode !

    • Ceci dit, la notion même de CO2 anthropique est contestable, dans la mesure où le CO2 atmosphérique n’est qu’un pouième du CO2 dissous dans les océans ; l’atmosphère n’est donc qu’un lieu de transit temporaire des gaz (dont l’eau, de loin le premier gaz à effet de serre !).

      • Ceci dit, la notion même de CO2 anthropique est contestable,

        On ne peut plus avoir aucun doute sérieux sur l’origine de l’augmentation du CO2 atmosphérique depuis la révolution industrielle. C’est les émissions humaines et l’augmentation qui en résulte est sérieusement tempérée par les océans et la biosphère qui fonctionnent très activement en puits de CO2 à l’heure actuelle, comme on peut s’y attendre d’après la loi d’action de masses.

        Les données disponibles sont telles qu’il n’y a pas moyen d’échapper à cette conclusion.

      • À l’heure actuelle, le CO2 dans l’atmosphère est, pour une part, dû à l’action anthropique, certes.
        MAIS on ignore ce que ce taux serait en l’absence d’humains.
        Rappelons que la Terre a été une boule de glace il y a 500 millions d’années et que la température et ce taux de CO2 était bien supérieur aux actuels du temps des dinosaures et des libellules d’un mètre d’envergure (avec un Antarctique sans glace).
        Le CO2 ne reste pas dans l’océan sur le moyen terme ; il est fixé par les végétaux et, sur le long terme, par les minéraux (calcaire).
        Ce cycle étant très peu connu quantitativement, il est juste impossible de prédire un taux de CO2 dans l’atmosphère à un instant donné.
        Quand on ajoute à ceci le fait que le climat est une résultante de l’action du soleil (voir CLOUD, du CERN), qui agit sur le facteur déterminant, l’océan, on comprend pourquoi on ne peut être affirmatif ; d’où la réaction religieuse des ayatollahs du climat (qui ont vu leurs subventions multipliées par 30 depuis que Margaret Thatcher a utilisé ce CO2 pour lutter contre les mineurs de charbon grévistes), les sceptiques étant des blasphémateurs qualifiés de négationnistes.
        Et derrière tout ce bruit, il y a des mondialistes qui veulent introduire des impôts internationaux…

  17. Pour Falconnier

    Le CO2 ne reste pas dans l’océan sur le moyen terme ; il est fixé par les végétaux et, sur le long terme, par les minéraux (calcaire).

    Oui, justement, le sort du CO2 atmosphérique est de disparaître complètement à très long terme et donc son taux atmosphérique, « naturellement », a tendance à diminuer très lentement, comme il le fait depuis le début. Des pics « temporaires » d’augmentation ont eu lieu « naturellement » par le passé, par les volcans par exemple, mais rien de tel ne semble pouvoir être invoqué aujourd’hui.

    • > le sort du CO2 atmosphérique est de disparaître complètement
      Provisoirement, car le calcaire se dissout…
      Mais partir du CO2 atmosphérique, c’est considérer d’abord la millième partie (je dis millième, mais c’est plutôt millionième ; j’ai renoncé à trouver la proportion exacte de CO2, tant les publications sont contradictoires…).
      L’océan dirige le CO2, voilà ce dont il faut partir.
      Et la température de l’océan dépend du soleil, d’une part à cause d’une « constante » de rayonnement solaire qui ne l’est pas, constante, mais aussi du taux de nuages, qui lui dépend des rayonnements galactiques dont le soleil nous protège plus ou moins suivant son activité électro-magnétique que nous sommes incapables de prévoir !

      • A très long terme, la concentration de CO2 dans l’atmosphère est le résultat d’un quasi-équilibre entre les processus qui enfouissent le carbone dans les sédiments et ceux comme le volcanisme qui le ramènent dans l’atmosphère. A l’échelle du milliard d’années le tout petit déséquilibre qui existe tend à réduire en moyenne la concentration atmosphérique. Le destin du CO2 atmosphérique est donc bien de disparaître complètement à très long terme.

  18. En réponse à Fomalhaut du 21/8/2016 à 09h. 43 :
    ceci est certainement vrai, mais le milliard d’années… à long terme, on est tous morts !
    Et d’ailleurs le soleil aura suffisamment grossi alors pour qu’il nous faille partir de la Terre.
    L’évolution qui nous intéresse est de l’ordre de la décennie, elle est imprévisible et nous n’avons pas d’action dessus.

    • Oui, en effet, personne ne « contrôlera » le climat ni via une réduction drastique du CO2 émis par les hommes ni autrement d’ailleurs. La naïveté humaine est sans limites.

  19. Pingback: Climat | Pearltrees

  20. Je découvre votre site avec beaucoup d’intérêt. Il n’y a aucune contestation dur l’influence des cycles de Milankovitch sur la variation d’énergie reçue par la Terre . Mais cette dynamique cosmique est loin d’être complète car il y a aussi un cycle solaire d’environ 22,5 ans ( plus ou moins quelques mois) qui lui est indépendant ( du moins dans l’état actuel des connaissances) des cycles de Milankovitch. Et cela fait aussi partie de la dynamique cosmique.
    Ensuite il y a deux dynamiques terrestres, l’une externe qui est surtout la manifestation des autres et l’autre interne constituée de deux phénomènes mal liés : séismicité et volcanisme. La séismicité a une influence énorme sur la circulation océanique à travers la modification des circulations océaniques dans certains détroits très peu profonds dont Béring et Torres. Par exemple on ne sait pas comment ont varié les fond du détroit de Béring lors du séisme d’Alaska de 1962 ( les militaires le savent peut-être mais pas sûr) .En outre les courants profonds peuvent être affectés durablement par la forte séismicité induisant des mouvements des dépôts dans des zones de profondeur moyenne . Donc ce que nous croyons bien établi en matière de circulation océanique est sujet à caution, c’est du moins ce que pense Gray à l’université du Colorado ( voir ses travaux conduisant à la formulation Gray-Landsea sur les ouragans en Atlantique) . Les détroits de la Sonde sont aussi sujets à des variations importantes pour la même raison qui peut se doubler de volcanisme.
    Donc au moins ( j’insiste sur « au moins » ) quatre paramètres indépendants qui peuvent jouer en quadrature, en opposition ou en rétroaction positive ( et toute autre combinaison ) … Quatre paramètres cela conduit immanquablement à Thom et à la théorie des catastrophes … Parce qu’il n’y a pas glaciation a tout les coups ou libération totale des mers glacées.
    Quant à l’axe de la Terre … lors du séisme de Noël 2004 il s’est déplacé de 9 cm dans le plan 90/270; lors du séisme d’Haïti ce fut 6 cm , ce n’est pas connu pour le grand séisme d’Alaska de 1962 ni pour celui du Chili qui fut aussi un M9 … A l’échelle humaine c’est sans importance, à l’échelle géologique cela l’est davantage .
    J’ai cité Gray et Landsea , ils ont démissionné du GIEC, comme aussi l’un des plus grands hydrologues de la planète …

  21. Bonjour,
    Merci pour cette vidéo très instructive.
    Je voudrais avoir une précision: êtes-vous certain que la précession entrainera peu à peu une inversion de l’axe des pôles?
    C’est ce que j’ai compris dans la vidéo.
    Cdlt,
    Yann

    • Il y a confusion.
      La précession (des équinoxes) n’est que le mouvement de l’axe, que vous pouvez voir avec une toupie.
      Il bouge, mais ne s’inverse pas.
      Mais il y a aussi des pôles magnétiques, dus à la présence de liquides magnétiques dans le manteau et le noyau terrestre et à la rotation sur elle-même de la Terre ; ce sont eux qui s’inversent périodiquement.

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