Alcool, hormones & décisions

Nouvel épisode de la série « Crétin de cerveau », qui examine l’influence de l’alcool et de certaines hormones sur nos jugements et notre prise de décision :

Comme toujours, quelques compléments.

Tout d’abord j’ai essayé de le faire ressortir dans la vidéo, mais j’en remets une couche : certaines de ces études ont un petit côté perturbant par le fait que les tailles d’effet ne sont pas énormes. Certes, la « significativité » est suffisante pour passer la barrière de la publication (généralement le « petit-p » est inférieur à 0.05), mais l’effet n’est pas dément.

D’ailleurs un point que je n’ai pas développé concerne le lien entre la testostérone et la situation maritale, notamment la publication

Booth, Alan, and James M. Dabbs Jr. « Testosterone and men’s marriages. » Social Forces (1993): 463-477.

Le tableau que j’ai montré représente les coefficients d’une régression « probit » et j’avoue que j’ai eu la flemme de creuser le modèle pour remettre ça par exemple en pourcentage. Là aussi les résultats sont « significatifs » (*** p<0.001), grâce notamment à la très grande taille de l’échantillon, mais je voudrai bien me faire une idée de la taille d’effet

Sur le cas de la dopamine, vous vous demandez peut-être ce qui fait qu’elle ne passe pas la barrière hématoencéphalique, alors que des molécules proches de par leur taille, leur forme ou leur composition le peuvent. Il y a une réponse intéressante ici, qui évoque l’importance notamment de la polarité, ou de la présence d’un transporteur dédié.

Dernier point sur la sulfureuse ocytocine : si ça vous intéresse, vous pouvez aller lire l’opinion de Ed Yong, célèbre blogueur, dont on trouve un article traduit en français ici.

5 réflexions sur “Alcool, hormones & décisions

  1. Bonjour,
    Très intéressant comme d’habitude 🙂
    Serait-il possible d’avoir la bibliographie, à la fin de l’article par exemple ?

  2. Magnifique, comme d’habitude !

    Concernant la consommation d’alcool et l’effet placebo en général, je me demande à chaque fois s’il n’y a pas un double effet caché (ou rétro-effet?).

    Autrement dit, est-ce que le cerveau (ou le système hormonal) sécrète-t-il une substance lorsqu’il croit (à tort ou à raison) qu’il ingurgite de l’alcool (ou autre chose). Donc y aurait-il, au-delà de l’effet placebo, une véritable réaction en chaîne qui implique des substances chimiques bien réelles ? Le corps produit une substance en croyant ingurgiter une autre substance…
    Dans le cas de l’étude avec l’alcool, ça pourrait être du aux vapeurs diffusées sur les verres pour y faire croire.

    Encore bravo pour cette série « Crétin de cerveau ».

    • Cela se situe plutôt au niveau du réflexe pavlovien: À la manière du chien qui salive lorsqu’il entend la clochette.

      L’humain qui prend de l’alcool, se donne le droit de modifier son niveau de sociabilité (ou autre selon ce qu’il recherche par la consommation d’alcool).

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