Youtube : le problème n’est pas l’algorithme, c’est l’argent.

Il y a quelques jours, le vidéaste Veritasium a sorti une vidéo où il évoque ce qu’il se passe depuis plusieurs mois avec l’algorithme de Youtube, et le déclin d’audience qu’ont constaté beaucoup de vidéastes, notamment culturels.

Le phénomène a été commenté à de nombreuses reprises : le fameux algorithme semble maintenant avoir un fort biais vers les vidéos qui « buzzent », ce qui ne va pas dans le sens d’aider les vidéos culturelles ou éducatives. Il suffit de faire un tour dans l’onglet « Tendances » de Youtube pour s’en rendre compte.

Est-ce grave ? Oui et non.

Youtube devient la télé

Je vois deux problèmes avec cette tendance : le premier est que cette évolution de l’algorithme va détourner de plus en plus le public des vidéos culturelles, qui étaient une des spécificités de Youtube. Le résultat est prévisible : le contenu de Youtube va de plus en plus converger vers celui de la télé. Les spectateurs y regarderons principalement du top, du buzz, du prank, du people, du click bait (oui je sais, que des mots anglais), et seulement des miettes pour la culture et l’éducation.

C’est triste, mais je n’ai jamais douté que ça n’arrive. En fait c’est même presque rassurant.

L’algorithme n’a pas de position éditoriale et c’est tant mieux. L’algorithme est agnostique : il maximise le watch time, c’est-à-dire qu’il donne au public ce que le public semble aimer. On peut regretter que le public préfère les prank que les vidéos de Nota Bene, mais qui serais-je pour imposer au public ce que je pense bon pour lui ? (même « for the greater good » comme disait Dumbledore, on sait où ça mène)

La logique est donc assez darwinienne, Youtube va finir par complètement ressembler à la télé du point de vue de la répartition des contenus qui y sont visualisés. Et ça n’est pas grave…

…car la grande force supposée de la vidéo sur internet, c’est sa diversité ! Sur Youtube, il n’y a pas le filtre de la production télé, qui éjecte tout un tas de contenus de qualité sur la base de critère plus ou moins arbitraires (comme c’est le cas actuellement avec les émissions scientifiques.) Donc même si, du point de vue de la « composition moyenne » de ce qui y est regardé, Youtube va finir par ressembler à la télé, contrairement à la télé on y trouvera toujours une myriade de petites chaînes (une « longue traîne »). Des chaînes qui pourront librement proposer du contenu différent, de qualité, qui trouvera son « petit » public; du contenu qui n’aurait pas pu exister à la télé.

Sur le papier ça me va très bien, mais on en arrive au deuxième problème : comment on fait vivre les gens qui produisent ce contenu de qualité, et pour lequel il existe un public ?

Le problème du modèle économique

Aujourd’hui, il n’y a pas de modèle économique viable pour les vidéastes culturels. Et j’ai peur que cette « longue traîne » de contenu de qualité finisse par s’éteindre à cause de cela. A la télé, ce contenu de qualité est tué par le filtre des choix de la production; sur Youtube, il sera tué par l’argent, et l’absence de modèle économique.

Bien sûr vous allez me dire qu’aujourd’hui, ce contenu arrive à exister malgré l’absence de modèle économique. Sauf que si on regarde la situation des vidéastes culturels francophones, il n’y a pas grand chose de professionnellement pérenne. Certains profitent d’être encore jeunes étudiants insouciants : c’est bien mais ça ne durera pas (et pour faire du bon contenu culturel, c’est bien aussi de s’appuyer sur des gens expérimentés !)

Certains financent temporairement leur activité de vidéaste en écrivant des livres, ça fonctionne un peu pour quelques uns, mais ça n’est ni généralisable, ni pérenne.

Les placements de produits et autres opérations spéciales me semble assez délicates à manier. Pour ma part, j’ai déjà eu plusieurs propositions mais je ne vois pas bien comment concilier cela avec l’objectivité et la rigueur scientifique qui sont ce que les gens viennent aussi chercher sur une chaîne comme la mienne.

A ce jour, il n’y a que le financement participatif, notamment Tipeee, qui propose une solution qui sorte du lot. Mais si certains s’en tirent mieux grâce à ça, on est très loin de pouvoir faire vivre une « longue traine » de vidéastes culturels.

Bien sûr, d’autres — dont je fais partie — s’en sortent car ils ont une vraie activité professionnelle par ailleurs. Outre le fait que ça résout le problème de l’argent, c’est aussi une chance car cela rend les vidéos plus riches et plus pertinentes : pensez-vous que les vidéos de Primum Non Nocere seraient aussi bonnes s’il n’exerçait pas la médecine au quotidien ? Mais le problème est évident, en tout cas dans mon cas : c’est un conflit permanent de gestion du temps entre mon vrai travail, ma famille, et faire de des vidéos (et je ne suis pas sûr que ce soit pérenne, donc.)

Bref, au-delà de mon cas personnel qui n’est pas très représentatif donc pas très intéressant pour la discussion en cours, il n’existe pas de modèle économique pérenne pour les vidéastes culturels. Et ça me met en rogne.

Du coup au-delà de la question de l’algorithme qui je pense est pliée, cette vidéo de Veritasium a relancé chez moi l’envie d’un modèle économique alternatif à celui actuel, qui permettrait de continuer à bénéficier de cette diversité. Et je me suis dit que j’allais essayer de mettre par écrit mes quelques pensées sur le sujet, ne serait-ce que pour me forcer à les organiser.

Ah bon mais Youtube ça paye pas de la money ?

Commençons par quelques chiffres pour fixer les ordres de grandeur. Qu’est-ce que ça rapporte de faire des vidéos sur Youtube, si l’on utilise le système classique de la monétisation, et donc de la publicité ? (ce que perso je ne fais pas d’ailleurs).

Le chiffre classique qu’on avance est celui d’1$ pour 1000 vues. Il semble que la réalité soit un peu en dessous, et il faut prendre en compte le taux de change euro/dollar. Je vous fait une moyenne à 0.8€ pour 1000 vues.

Plaçons nous dans le cas d’une chaîne faisant 1 000 000 de vues par mois. Un million c’est pas mal, il n’y a pas des tas de chaînes culturelles qui en sont là. Ça nous fait 800 euros de revenus publicitaires. Attention, ça n’est pas un salaire, c’est un chiffre d’affaire ! Il faut donc d’abord retirer les coûts de production : achat/location du matériel, prix des logiciels, éventuels déplacements, etc., et je ne parle même pas du fait de payer un intervenant extérieur comme un graphiste. Je suis sympa, je vous fait le tout à 200 euros de dépenses moyennes par mois. Il reste donc 600 euros de bénéfice.

Ce montant, on ne l’empoche pas, on le déclare : et dessus on paye des cotisations sociales et l’impôt sur les sociétés (et c’est bien normal). Il existe plusieurs variantes fiscales, mais pour faire simple il en reste en gros une moitié, ici 300 euros. Trois cent euros, c’est essentiellement un quart du SMIC.

Donc pour toucher un SMIC en revenus publicitaires, il faut 4 000 000 de vues par mois. Combien de vidéastes culturels atteignent ces chiffres ? Pas beaucoup à ma connaissance…Et on ne parle « que » du SMIC.

Ce que je trouve paradoxal dans l’affaire, c’est le fait que le Youtube culturel n’arrive pas à se trouver un modèle économique, alors qu’il produit du contenu de grande qualité, avec des coûts de production bien inférieurs à ceux de la télé ! Il suffit d’avoir déjà vu un tournage avec une équipe de professionnels pour s’en rendre compte : producteur, réalisateur, ingé son, éclairagiste, régisseur, monteur, mixeur, étalonneur, graphiste… Juste pour fixer les ordres de grandeur, la production complète d’une émission professionnelle va plutôt se situer entre 1000 et 4000 euros la minute. (Par exemple plus de 100 000 euros pour un épisode de « C’est pas sorcier » de 26 minutes). Même si on peut argumenter sans problème que la minute de « C’est pas sorcier » est plus qualitative que la minute de « Science étonnante », de « Nota Bene » ou de « Primum Non Nocere », ça fait quand même une sacrée différence de coûts de production !

Le paradoxe est donc double : d’une part, vu que ça a existé à la télé, il doit bien être possible de trouver de l’argent pour financer des contenus culturels; d’autre part, pour une même quantité investie, on produirait bien plus de contenu via les vidéastes Youtube que par les productions télé classiques.

A qui profite le crime ?

Et là, je voudrais faire un peu de raisonnement économique. Si les vidéastes produisent du contenu sans arriver à toucher l’argent pour le faire, c’est que quelqu’un le leur vole, d’une façon ou d’une autre. Et qui à votre avis ?

Eh bien pas Youtube ! Bien que la société appartienne à Google et donc ne soit pas en danger, elle est aujourd’hui financièrement à la limite de la rentabilité. C’est-à-dire que l’argent que Youtube gagne en faisant des pubs compense à peu près le coût (énorme) des infrastructures : serveurs, bande passante, etc. Donc si les vidéastes mangent des patates, ça n’est pas la faute de Youtube.

Alors qui les prive ? Eh bien vous, chers spectateurs. Vous êtes les grands gagnants de l’affaire. Les vidéastes ne gagnent pas d’argent, Youtube ne gagne pas d’argent, et vous, vous profitez gratuitement et en permanence d’un contenu culturel de qualité (et quand je dis « vous les spectateurs », je me mets évidemment dedans, je le suis tout autant que vous !)

Bien sûr, vous allez me dire : mais à la télé c’est pareil, c’est gratuit. Eh bien non : il y a la redevance télé mais surtout, ce qui permet de financer les contenus télé, c’est la publicité. Beaucoup de publicité, énormément de publicité ! Perso je n’ai pas la télé, mais quand il m’arrive de la regarder, je suis estomaqué par la quantité de pub qu’on se bouffe. Il y en a beaucoup beaucoup plus que sur Youtube ! Quand sur Youtube vous regardez 4 vidéos de 15 minutes, avec une publicité « pré-roll » que vous pouvez passer au bout de 5 secondes, vous êtes exposés au total à 20 secondes de publicité pour une heure de vidéo. A la télé, la durée oscille entre 4 et 9 minutes de publicité par heure, suivant les chaînes et les programmes. Soit entre 10 et 30 fois plus de publicité à la télé que sur Youtube. Et encore, je ne compte pas le fait que beaucoup utilisent AdBlock et ne voient même pas la pub sur Youtube.

Je résume : sur Youtube par rapport à la télé, vous (« nous ») les spectateurs êtes les grands gagnants de l’affaire, non pas parce que vous « détournez » l’argent, mais parce que vous profitez du contenu sans payer votre dû en « temps de cerveau disponible » (pour reprendre la célèbre expression de Patrick Le Lay, patron de TF1 à l’époque).

Est-ce un problème ? Non moi je trouve ça plutôt cool. Je ne suis pas fan de la pub, et pouvoir regarder du contenu culturel de qualité sans avoir à payer de sa personne en « temps de cerveau disponible », ça me parait plutôt cohérent.

Mais du coup comment on fait vivre les vidéastes ? Je voudrais proposer trois pistes.

Piste 1 : Faire de la pub, mais mieux ?

Première piste à creuser, faire quand même de la pub, car ça reste le meilleur moyen qu’on ait trouvé de faire un truc gratuit, mais le faire de manière plus intégrée entre la marque et le vidéaste.

Ca pourrait se faire par exemple sous la forme d’une annonce intégrée par le vidéaste lui-même dans la vidéo. Genre je fais une vidéo sur le big bang, et je commence (et/ou je termine) en annonçant que cette vidéo a été sponsorisée par L’Oréal (même si je doute que mes vidéos sur le big bang intéressent l’Oréal !).

Les Américains le pratiquent pas mal (par exemple avec Audible, ou Little Bits que j’ai découvert avec joie grâce à une vidéo de Minute Physics.) Tout cela reste de la pub, mais ça reste la moins mauvaise manière d’en faire à mon sens. Plus agréable pour le spectateur, plus efficace pour l’annonceur, plus lucrative pour le vidéaste.

Piste 2 : Faire payer le spectateur

Autre option : faire payer la visualisation du contenu, d’une façon qui reste à inventer.

Honnêtement, imaginez que regarder une vidéo vous coûte disons 0.5 centimes la minute. Ça veut dire concrètement que par exemple regarder en entier une (excellente) vidéo de Nota Bene qui dure 10 minutes vous coûterait 5 centimes. Est-ce que dans le fond ce serait illégitime ? Trop cher payé ? Est-ce qu’à la fin des fins ça vous gênerait ? Vous regretteriez votre argent ? J’en doute.

Et pourtant avec un tel tarif minime, 0.5 centime/minute, ça rendrait viable financièrement des chaînes avec un nombre d’abonnés et de vues relativement modestes. Sur le plan strictement économique, ce serait royal pour tout le monde. Il faut juste arriver à implémenter le truc et c’est là que ça coince.

Le souci, c’est que nous ne sommes pas des agents économiques parfaitement rationnels. Nous sommes des êtres humains sensibles, émotifs et irrationnels. Et s’il fallait sortir son porte monnaie et mettre une pièce de 5 centimes dans la fente chaque fois qu’on veut voir une vidéo de Nota Bene, il y aurait un blocage. Toute décision économique a un coût psychologique. Et on a pas envie chaque fois qu’on s’apprête à cliquer sur une vignette de se dire qu’on est en train de faire un choix économique. (J’en veux pour preuve d’une manière générale le succès des formules à abonnement et autres trucs « all inclusive », qui au final coûtent plus cher mais sont moins pesants psychologiquement).

Tout ça me fait dire qu’il y a potentiellement un business model différent à inventer. Et encore une fois économiquement il n’y a pas photo, c’est simplement un problème de « design » (au sens large du terme) de comment je fais passer l’argent du portefeuille A au portefeuille B de la manière la plus indolore possible. Pour reprendre mes chiffres, un abonnement de 3 euros/mois donnerait accès à  10 heures de contenu culturel ! Si nos étions des homo economicus rationnels, ça existerait depuis longtemps. Mais comment le faire marcher en pratique pour que « ça passe » : mystère ! Je trouve que c’est une question passionnante et difficile, et celui qui parviendra à y répondre  sera très fort. Que ce soit Youtube lui-même, une plateforme concurrente, ou un nouveau venu sorti de nulle part.

Ce que je trouve intéressant, c’est qu’il me semble que la communauté francophone des vidéastes culturels a juste la bonne taille pour tenter un changement de modèle économique. Suffisamment grande et riche pour que le truc prenne, mais suffisamment petite pour qu’on se connaisse tous, et qu’on soit prêts à se mettre d’accord pour tenter tous (ou presque) une nouvelle expérience.

Perso si j’étais un investisseur avec quelques millions à jouer, je tenterai un coup.

Piste 3 : Le financement public ?

Dernière piste que je voudrais suggérer, le financement public. Pour revenir sur le cas de la télévision, il y a évidemment un tas de voies de financement public. Que ce soit via la redevance ou bien des financements du type CNC. Pourquoi ne pas — en partie — financer les vidéastes culturels avec des fonds publics ? Après tout, j’ai la prétention de considérer que beaucoup d’entre nous font oeuvre de service public.

Évidemment, il ne s’agit pas forcément de transformer les youtubeurs en fonctionnaires d’état, mais on pourrait imaginer plein de choses. Par exemple le CNRS ou les institutions du même genre pourraient passer plus systématiquement des commandes aux vidéastes scientifiques pour parler de tel ou tel sujet.

Bien sûr, pour tout un tas de raisons, on n’a pas forcément envie que les vidéastes perdent leur indépendance et deviennent uniquement des portes paroles officiels de la voie de l’état. Mais d’une part ça fonctionne pas trop mal avec certains médias publics (je pense à Radio France par exemple), d’autre part on pourrait aussi imaginer des trucs alternatifs qui évitent que l’état ne contrôle trop le contenu de ce que les vidéastes produisent.

Par exemple : on a vu que le financement participatif du style Tipeee était assez efficace. Pourquoi l’état ne pourrait-il pas abonder le financement participatif ? Un peu à la façon des organismes agréés (genre « associations d’utilité publique ») pour lesquels les dons sont défiscalisés. Imaginez un truc du genre : chaque fois que vous donnez 1 euro sur Tipeee, l’état ajoute 2 euros à la mise. Cela permettrait de mieux financer la création, tout en laissant indirectement au grand public le choix de la répartition de la manne publique. Évidemment il faudrait régler quelques détails techniques (du genre éviter que l’on puisse se donner à soi-même pour empocher l’abondement !), mais je laisse tout ça en exercice au lecteur.

Voilà, j’ai dis ce qui me passait par la tête. Je ne prétends pas que tout soit intelligent ou mûrement réfléchi, mais la section « commentaires » est ouverte !

 

 

 

 

 

 

123 réflexions sur “Youtube : le problème n’est pas l’algorithme, c’est l’argent.

  1. 4ème piste : Vendre des goodies. Il me semble que c’est comme cela que se finance xkcd (avec des livres aussi), et ça a l’air de marcher convenablement.

    5ème piste : Par analogie avec les musiciens qui à la grande époque du téléchargement illégal gagnaient de l’argent en attirant du public à des concert plutôt qu’en vendant des albums, on peut imaginer des conventions plus nombreuses, voire des salons organisés par des institutions plus officielles, qui attireraient du monde et paieraient un cachet aux vidéastes présents.

    C’est un peu court mais ça peut être utile à verser au débat. 🙂

  2. Bonjour
    Sujet très intéressant et très bien traité
    Je suis assez favorable à la « licence globale » c’est à dire payer un abonnement mensuel
    Je le fais’déjà pour d’autres contenus et c’est d’ailleurs le principe d’abonnement aux journaux et magazines

  3. Je pense que c’est un peu ce dont il s’agissait quand on parlait encore de licence globale ou de contribution participative:

    Constat: les œuvres culturelles gratuite c’est bien (pour plein de raison, mon but n’est pas de l’arguer), et même si c’était pas bien, il n’y a pas de méthodes réaliste pour empêcher le contenu prévu pour être payant d’être partagé gratuitement étant donné l’état actuel de la technologie.

    Solution: l’État prélève de l’argent à tout le monde, et la répartie selon des règles (par exemple proportionnellement à la racine cubique du nombre de vue). Ça ne fait pas des producteurs des fonctionnaires, vu qu’ils sont encore en concurrence, c’est juste l’État qui s’occupe de la répartition.

    (Personnellement, je ne vois pas comment on pourrait éviter l’action de l’État pour ça. Si un acteur privé commence à proposer l’accès aux choses, il va y avoir des concurrents. Mais si j’accède 2 fois plus au contenu de X qu’au contenu de Y, je ne peux pas payer 2/3 de l’abonnement à X et 1/3 à Y. Du coup ça casse un peu tout le principe.)

    • Ce n’est pas vraiment un problème. L’abonnement serait unique sur une plateforme regroupant différents vidéastes, c’est la répartition entre les vidéastes qui serait différente. La part de la somme globale de tous les versements serait calculée selon une règle à définir qui pourrait être fonction du nombre de vues de la vidéo ou de toute l’œuvre du vidéaste.

    • Consternant d’envisager l’intervention de l’état, comme si la filière n’était pas capable de s’organiser elle-même.
      Pourquoi aussi ne pas subventionner le macramé ?

      Voir le foirage complet du CNC qui finance des films qui reviennent à 290€ la place.

      Vous voulez que ça foire ? Appelez l’état à la rescousse… et dans 5 ans il y aura les intermittents de youtube.

  4. Bonjour,
    Avant d’avancer des choses auxquelles pas grand monde ne comprendra le sens, je vous conseille de lire Mc Luhan qui a été visionnaire de la communication. En substance, il a dit :  » que le medium est le message » et non l’inverse comme vous voulez le démontrer !!!
    A bon entendeur

      • Messieurs,
        le problème que vous évoquez n’est pas un appauvrissement de la culture sur différents médias dont « You Tube » mais, avant tout un problème de communication.
        Alors SVP revenez aux fondamentaux, ceux que Mc Luhan décrivait en 1967 : ce n’est pas aujourd’hui et il avait le mérite d’être un visionnaire !! (lisez ses ouvrages !!!!!!!!!!!)
        Vous faites comme si un médecin se permettait d’établir un diagnostic sans procéder à une anamnèse (questionnement d’un patient) telle que Hippocrate l’avait préconisé.
        Conclusion : il faut avant tout s’attarder à exploiter un média le « pragmatiquement » possible et s’occuper ensuite du message à faire passer, en l’occurrence ce que vous appelez la « culture », terme trop généraliste, à mon humble avis (culture ou connaissance ???)
        Vous parlerez ensuite d’algorithmes ou d’autres choses s’il y a lieu…………….
        Laissez tomber votre ego et mettez vous sagement au service de tous !!!!!!!………………………
        Si une fois de plus, vous n’y comprenez rien, sachez que vous fâcherez les vrais intellectuels n’ont cure de raisonnements « bas de gamme »
        J’ai l’espoir que vous comprendrez ma colère et que nous pourrons enfin COMMUNIQUER…………….
        Un scientifique au service des humains

      • C’est bien normal, M. Harlow parle d’autre chose (l’influence du support sur la façon dont le public reçoit le message), apparemment n’a pas compris le problème de fond de cet article [les revenus (ou leur absence, justement) des Youtubeurs]. Cocasse, pour quelqu’un qui se veut intellectuel et scientifique dans le domaine de la communication.

        Je voulais surtout ajouter qu’il existe déjà, mais avec une portée bien moins imposante que YouTube, des plate-formes de diffusion de contenu « culturel » (type documentaires, principalement) telles que « tenk.fr » (ce n’est pas de la pub, c’est le seul que j’aie pour l’instant) qui fonctionnent sur le système « VOD » ou d’abonnement par mois/année… Les vidéastes telles que Science Étonnante pourraient s’y intégrer. (Netflix a bien une catégorie « docu » mais vraiment pauvre, et pas pour le même type de contenu…) Ça me paraissait important à mentionner 🙂

        Merci pour cet article intéressant !

  5. Merci pour ce post ! Et désolé pour le pavé à venir.

    J’ai fait une vidéo qui insistait sur la piste 3 : https://www.youtube.com/watch?v=ep_N_2hniTI
    Pour la piste 2, est-ce que tu imaginais encore passer par YouTube ? Ou faudrait-il que la start-up des vidéos culturels créent sa propre plate-forme ? Malheureusement, j’ai peur que la vraie force de YouTube à ce jour soit son référencement, qui a fait que certains vidéastes ont migré de Dailymotion à YouTube…
    Quant à la piste 1, as-tu déjà été contacté par des annonceurs ? Je me demande aussi si ce sera bien reçu par le public francophone et si les vidéastes vont oser franchir le pas.

    Sinon, j’aimerais revenir sur le fameux « algorithme » (hasard du calendrier, ma vidéo de lundi prochain va justement parlé de l’enchère de Myerson, un algorithme qui maximise le revenu en discriminant les différents acheteurs potentiels).
    Comme tu le dis, il semblerait que l’algorithme de YouTube cherche à maximiser le watch-time. Ceci n’a rien d’innocent ou d’agnostique. A contrario, la télé avait aussi une mission d’utilité publique, ce qui a permis de financer C’est Pas Sorcier, Cette mission a permis à l’État de forcer la diffusion de programme éducatif.
    L’État pourrait (en théorie du moins) forcer YouTube à davantage mettre en avant les vidéos culturelles, par exemple via un quota dans les trendings, ou dans les vidéos suggérées. L’idéal serait de ne pas brusquer les spectateurs, et ne faire qu’augmenter légèrement le pourcentage de vidéos culturelles parmi celles qui sont suggérées (mais bon, après, auditer tout ça, c’est pas gagné…).

    Le « devoir d’objectivité » qu’on impose souvent à YouTube, Google, Facebook et co, me semble peut-être inadéquat. Sans cela, j’aurais aisément imaginé Facebook et Google davantage lutter contre les Fake News, puisqu’ils sont, après tout, les grands perdants de l’élection de Trump. Plus généralement, ces entreprises cherchant à soigner leur image, à recruter et à développer des partenariats avec des académiques, il n’est pas déraisonnable, je pense, de leur demander de biaiser leurs systèmes vers du contenu éducatif et fiable plutôt que des Fake News, surtout sachant à quelle point elles peuvent influencer ce que tout le monde lit.

    • Merci Lê ! Je vais ajouter tes vidéos en biblio.
      Sur la piste 2, je pense que le jeu est ouvert. Youtube peut le faire, un autre peut le faire. Mais attention, ça reste très difficile, les réactions de tout le monde montrent bien les réticences psychologiques. Celui qui empochera la mise sera celui qui trouvera une échappatoire créative à cela.
      Je n’ai pas été contacté par des annonceurs sur ce mode « faire de la pub en début de vidéo ». On m’a déjà proposé des opérations spéciales que j’ai refusé pour l’instant. Je me vois difficilement faire une vidéo pour l’entreprise X vantant « scientifiquement » les mérites de son produit.

  6. Très bonne synthèse. Ce qui me semble certain c’est que si les youtubeurs francophones se regroupaient, ils formeraient un groupe « valorisable » et ça serait sûrement possible d’attirer des investisseurs et/ou des aides publiques pour créer une start-up chaîne TV culturelle et scientifique de qualité. Une initiative que j’appelle de mes voeux en tout cas. Bon courage à vous, votre travail est utile au bien commun.

  7. Bonjour Davis,
    Ce n’est pas à toi que j’apprendrais que tout dépend ou l’on se situe dans la courbe de Gauss. J’ai pris l’habitude de regarder le monde et ses problèmes au travers de ce filtre. Cette analyse n’entrave en rien l’action, même si il faut parfois avoir l’optimisme chevillé au corps pour ne pas sombrer, mais elle permet d’expliquer, de conforter une opinion. Il est évident que les innovations arrivent par les extrémités de la courbe de Gauss.
    La culture sur youtube ne déclenche pas encore une frénésie de clic et je pense qu’elle ne le fera jamais car elle demande un effort. Mais il y a mon sens une raison plus profonde. La culture demande des passeurs « physiquement présents », des passeurs qui ont déjà parcouru le chemin.
    Il faut aussi changer nos mentalités. La facilité d’accès nous pousse à penser que tout est gratuit. J’ai pris l’habitude de fiancer les sites de façon directe quand cela est possible et me semble utile.
    Il y a cependant des raisons d’espérer. N’étant plus tout jeune je me souviens de l’époque ou les informations scientifiques étaient presque toutes dans les bibliothèques et, pour les plus pointues dans des bibliothèques universitaires, Mon papa de 82 ans se réjouit d’avoir accès aux archives historiques depuis chez lui. Cependant, cette profusion d’informations se heurte, il faut bien le dire, à notre faible capacité à tout voir, comprendre et assimiler.
    Concernant le financement j’aimerais aussi que l’état trouve des moyens pour inciter les « micro financements ». Pourquoi ne pas faire une case sur la feuille d’impôts qui ouvrirait droit à une exonération pour les sommes versées, un peu comme pour les associations. Pour en avoir discuté dans mon entourage, beaucoup de personnes seraient prêtes pour ce type de financement.
    Mais faut-il compter sur l’Etat pour innover?
    Bien cordialement
    JFF

    • Je serai pour une réduction d’impôt sur les sommes versées ; cela existe (ou a existé) pour les œuvres d’art. Ou bien regrouper les Youtubeurs « culturels » (ce qui resterait à définir !) dans une association qui pourrait être reconnue d’utilité publique, et donc déduire une partie des versements des impôts. L’Éducation nationale est d’utilité publique, pourquoi des vidéastes culturels, complétant le travail de l’Éducation nationale ne le serait pas ?

  8. Excellent billet. Très bien construit comme toujours. J’applaudis des deux mains et je pense que parmi les propositions que vous faites celle en laquelle je crois le plus c’est celle de l’abonnement. C’est le modèle iTunes Netflix et autres Deezers, Avec éventuellement du gratuit (contenu anciens ou petit format) et l’abonnement pour accéder au premium. De manière à laisser une vitrine, une ouverture pour attirer plus de spectateurs vers le premium.
    Bravo pour vos vidéos, vos livres, et votre blog.

    • Une variante sur le modèle mélangeant contenus gratuits et payants :

      Une publication (lwn.net) à laquelle je suis abonné mélange les deux, et en particulier les articles payants réservés aux abonnés deviennent gratuits après un délai (une semaine). Ca a permis à cette PME d’exister depuis près de 20 ans. 🙂

  9. La piste 2 me parait la pire. On fait fuir un publique : les adolescents.
    – Ils ont besoin de découvrir la science, si ils ne connaissent pas le youtuber jamais ils ne vont payer pour un contenu devenu caché.
    – Ils n’ont d’argent que celui de leurs parents. C’est une barrière à franchir quand il faut demander aux parents d’entrer leur numéro de carte bleue. Trop d’efforts pour eux si à coté il suffit d’allumer la télé.
    Donc on éloigne la science du publique qui est en train de se former et qui a le plus besoin de ce contenu.

    La solution pour les artistes pendant des siècles a été le mécénat (Léonard de Vinci avec François Ier ou Laurent de Médicis avec nombre d’artistes, d’architectes ou de savants). On peut imaginer un mécénat privé : Tipee actuellement qui me parait la meilleure solution ou alors une grande marque / un investisseur qui servirait de mécène. Un mécénat publique est peut-être envisageable vu que cela a marché pour « C’est pas sorcier ».

    • D’accord avec Ysanti. Vrai que le mécénat s’applique trop souvent à des musées où les jeunes ne vont pas (et où on voit toujours les mêmes « entre soi » aux cocktails d’anniversaire) comme l’excellente « fondation Pinault »). YouTube est vraiment l’ouverture idéale au présent (même pour des personnes de mon âge). Puisse-t-il rester celle du futur…

    • « Trop d’efforts pour eux  » C’est exactement ce dont je parlais dans le billet.
      C’est précisément pour cela que c’est difficile, sinon ce serait déjà fait, mais pas impossible. Un jour, un type plus malin que nous arrivera avec un modèle original et créatif qui permettra de faire sauter ce verrou.

    • Je suis parfaitement d’accord avec le commentaire d’Ypsanti. Je pense que l’accès gratuit à la connaissance est le meilleur côté d’internet en général, et de Youtube en particulier, et que cela peut mener à des changements profonds de notre société.
      Même si cela avait un coût minime, on hésiterait avant de cliquer sur une vidéo d’un youtubeur inconnu, ce qui nous empêcherait de découvrir des chaînes intéressantes (même si on éviterait sans doute quelques vidéos idiotes de temps en temps).

      D’un autre côté, un youtubeur qui fournit un travail de qualité et investit beaucoup de temps dans la préparation de ses vidéos devrait pouvoir vivre correctement de cette activité. Mais je préfère l’option publicité (en trouvant des moyens de vérifier l’objectivité du contenu) ou les dons (une plateforme qui intégrerait le système de dons en plus d’héberger les vidéos serait sans doute très pratique !).

  10. Bonjour David,

    Merci pour cet excellent billet 🙂

    A titre perso, je pense que la solution 2 (Faire payer le spectateur) est la meilleure.
    Le Youtuber VSauce a choisi de publier désormais (maintenant qu’il a un public convaincu de sa qualité) majoritairement sur YouTube Red, la version payante de Youtube et j’ai tout de suite eu un double sentiment :
    1/ Que c’était dommage que je ne profite plus gratuitement de cette source de qualité (homo economicus de merde)
    2/ Que c’était au top que je sois en mesure de rétribuer de ma poche un mec dont j’aime autant le contenu.

    Je suis passé de 1/ à 2/ très facilement.
    La question est en fait : comment faire pour faciliter chez le grand public le passage de 1/ à 2/

    Bon, bin en attendant que Youtube Red se développe, je vais continuer à donner via Tipeee

  11. Je me doutais bien qu’il y avait un problème de rentabilité. Internaute depuis 16 mois, je suis encore et toujours émerveillée par le choix et la qualité de ce qu’offre YouTube (parfois des conférences de « maîtres » de la cosmologie et autres savants ouchercheurs de tous horizons-en psychologie aussi) et c’est pourquoi je m’efforce toujours de laisser la pub jusqu’au bout, trichant désormais un peu puisque j’en profite pour lire les commentaires. Peut-être serait-il possible de bloquer les pubs au lieu de permettre au spectateur de les tronquer ou nous devrons payer d’une façon ou d’une autre car il n’est pas normal que ceux qui s »investissent en temps et matériel ne puissent pas être dignement rétribués.

  12. Pour produire des vidéos intéressantes il faut fournir du travail, certes, mais il me semble important de rappeler que les spectateurs doivent également fournir une forme de travail pour « comprendre » ces vidéos « riches en contenus », et même si le format vidéo minimise ce « travail » au maximum, il n’est pas négligeable.

    Surtout que les gens viennent sur YouTube sur leur temps libre, hors « travail », pour se détendre. Ils n’ont généralement plus rien à donner et veulent du « zéro effort », enfin, de l’effort qui tend vers zéro ! C’est une règle générale l’aversion au travail (même en physique 😉 ), mais encore plus après avoir été « forcé » de travailler au boulot, c’est décuplé.

    Les seules vidéos intéressantes « qui marche » auront donc demandée du travail pour être pédagogique et facile d’accès (ce qui est ton cas David et bravo pour ça), mais en plus il sera bien venu pour vraiment réussir qu’elle soit saupoudrée d’une dose de légèreté et d’humour, et ça ce n’est pas du tout facile à faire, c’est même un talent qui n’est tout simplement pas donné à tout le monde.

  13. Piste 2 bis : le financement participatif.

    Je sais bien que tu en parles en disant que ça ne marche pas beaucoup (et surtout pas pour tous), mais je suis un grand consommateur de podcasts audio dans lesquels cette pratique existe depuis longtemps (en général sur Patreon plutôt que sur Tipeee, mais c’est la même chose), et elle marche souvent très bien. Une des principales raisons en est la publicité qui est faite du financement participatif dans le média lui-même.

    Je m’explique : je sais que tu as un Tipeee parce qu’à la fin de tes vidéos, tu prends quelques instants pour remercier tes soutiens. C’est tout. Je sais que Manon Bril, de « C’est une autre histoire », a un Tipeee, parce qu’une fois elle a fait une mini-vidéo pour en parler. C’est tout. Et c’est pareil pour plein d’autres vidéastes culturels : vous dites que vous avez un Tipeee, parfois vous expliquez qu’il permet de vous donner quelques sous, mais ça s’arrête souvent là, et c’est dommage ! Personne ne vous en voudra si vous prenez le temps d’en parler un peu plus, d’expliquer à quoi il vous sert, c’est à dire à améliorer un peu vos vidéos en finançant matos, logiciels, déplacements, graphistes… mais surtout à vous faire vivre, à vous permettre d’aller au ciné, de partir en vacances, de mettre du gruyère râpé dans vos nouilles…

    Je ne comprenais pas personnellement l’intérêt du financement participatif, jusqu’à ce que j’entende un podcast avec Navo où il explique : tout le monde, absolument tout le monde, préfère donner directement 1€ à un créateur de contenu, plutôt que s’emmerder à regarder 20 secondes de pub qui rapporteront un dixième de centime au même créateur.
    Cette réflexion peut paraître évidente à beaucoup, mais pour moi elle ne l’était pas, parce qu’on ne m’en avait jamais parlé, et que je n’y avais jamais réfléchi. Tout simplement. Et maintenant c’est l’évidence.

    Tout ça pour dire : mon modeste conseil est de prendre un peu plus de temps pour parler des Tipeee au sein des vidéos régulières, où dans une vidéo spéciale (l’inconvénient de cette dernière méthode étant que les futurs arrivants sur la chaîne ne la verront pas). Les Tipeee sont encore loins, très loins de leur pleine capacité de revenus. Et pourquoi pas parler un peu des coulisses aussi, de ce que devient réellement le chiffre annoncé sur la page Tipeee comme revenu mensuel (parce que je crois savoir qu’il compte les revenus ponctuels, donc est un peu mensonger, mais je n’ai pas de certitudes là-dessus).

    Bref, plein de gens sont prêts à vous donner de l’argent, même si pour l’instant ils l’ignorent. Dites-leur.

    • « tout le monde, absolument tout le monde, préfère donner directement 1€ à un créateur de contenu, plutôt que s’emmerder à regarder 20 secondes de pub qui rapporteront un dixième de centime au même créateur. »
      Il suffit de lire les commentaires indignés de ceux qui trouvent que 5cts c’est trop pour voir que non 🙂
      Mais sur le fond, je suis d’accord avec toi : si on arrivait à mieux faire marcher le financement participatif, ce serait un bon début.

      • Pas grave si ce n’est pas la majorité. Même s’il n’y a que 1% des viewers qui versent 1€, c’est déjà 10 fois plus rentable que Youtube actuellement (et son 1000 views ~= 1$).

        La vrai difficulté à mon avis est le nombre de clic à faire lorsqu’on veut aider une chaîne: d’abord regarder si un tipeee existe, ensuite y aller, puis créer un compte, y lier son compte paypal, retrouver la chaîne qui nous intéresse, décider du montant etc. etc.
        S’il y avait un bouton « cliquez ici pour tiper 5 centimes » juste SOUS LA VIDÉO YOUTUBE, beaucoup plus de monde le ferait.

      • Je suis d’accord avec le commentaire de Montoya. A mon avis Tipee a un problème ; 1 euro par mois c’est quand même assez peu et 5 ou 10 euros ça devient intéressant pour le vidéaste mais dans ce cas qui peut tiper plusieurs chaines ? On retrouve la question de l’abonnement global avec la question de la répartition entre les vidéastes …

      • Je pense qu’une solution pourrait être de permettre à l’utilisateur de choisir entre un paiement direct et le visionnage de publicité de cette manière, la culture resterait accessible à tous quels que soit leurs revenus, mais la rémunération pour le créateur du contenu serait plus juste. La pub étant d’après ce que je peux lire dans l’article moins rentable on pourrais envisager une augmentation de la durée des pubs, ou une limitation du temps de contenu accessible quotidiennement par ce moyen. Une sorte d’abonnement premium qui permette de supprimer la pub ce qui existe sur certaines applications. Mais bien sûr cela suppose de trouver un moyen d’empêcher l’utilisation de bloqueur de pub.

  14. Non non non ; pas toucher la gratuité du savoir sur Internet ; poil blanc de 70 piges, j’ai assez galéré pour m’éduquer seul et accéder à ce savoir : j’étais déjà au « chagrin » à 15 ans et un bouquin, c’était 3/4 d’heure de trajet, un bus et pas mal d’argent pour l’acheter. pas le droit de se tromper non plus dans son choix !
    La jeunesse actuelle ne mesure pas l’avantage infini qu’elle a de pouvoir tout apprendre sans se bouger…
    Tu ne comprends pas cette façon d’expliquer : zap Gogol ! et tu as un autre prof. d’autres chemins de compréhensions.
    En faisant payer d’une manière ou une autre, c’est encore celui qui galère qui en fera les frais.
    Même si une bonne partie de la jeunesse est faite de branleurs qui réclament du savoir comme on gave les oies, sans faire trop d’efforts, il y en a plein d’autres qui « en veulent » et c’est à ceux-là qu’il faut penser.
    Le fond du problème est bien plus grand que ce que vous dites ; il s’agit d’une volonté politique et je vous inciterais volontiers à écouter Frank Lepage en parler judicieusement… https://www.youtube.com/watch?v=UC9Z-XYXGww
    De l’argent, il y en a ; il y en a de partout dans le monde médiatique, des sommes d’argent déraisonnables versées à des figures du journalisme, du cinéma de la musique.
    Non non, et il est bien évident que si les infos, vos vidéos étaient payantes, je ne les verrais plus ; j’irais cultiver mes poireaux.

    • Alors je crains que vous ne les voyiez bientôt plus de toute manière.

      Parceque la culture gratuite, j’adore. Je kiffe. Je pense que c’est un but à atteindre… Mais tant qu’on aura pas fait une sacrée révolution, une vraie, avec des têtes sur des piques et du sang dans les caniveaux, ça ne risque pas d’arriver.

      En attendant, les créateurs de culture, les relayeurs de culture, les profs youtubesques, les musiciens, les écrivains, les peintres… tout ces gens ont besoin de manger, de se loger, de s’instruire, d’avoir des loisirs, de s’occuper de leurs familles… de pouvoir arrêter de s’inquiéter de comment ils vont payer le loyer, les lunettes du petit ou d’hypothétiques vacances… de pouvoir aller voir une banque pour un prêt immobilier et ne pas se faire envoyer chier… de pouvoir vivre quoi.

      S’ils ne peuvent pas, c’est eux qui iront cultiver leurs poireaux :/ Et la, on perdra beaucoup. Beaucoup plus que 5 centimes par vidéo.

      5 centimes, ca fait 1 euro les 20 vidéos… La plupart des gens, même jeunes, peuvent largement se le permettre. S’ils ne le font pas, c’est qu’ils choisissent d’utiliser cet argent ailleurs. un paquet de clopes (140 vidéos à 5c), une place de ciné (100 vidéos), un verre au bar avec les potes (80 vidéos), un nouveau téléphone (… beaucoup de vidéos ^^)

  15. Pourquoi pas rendre la piste 1 rentable?
    Si des youtubers culturels peuvent se réunir autour d’une même plateforme publicitaire, des campagnes publicitaires de plus grande ampleur peuvent être réalisées (que ce soit audible, une marque de rasoir ou autre). En outre, la publicité est plus effective par répétition or les spectateurs YT sont sensiblement les-mêmes d’une chaîne culturelle à l’autre.
    Il y a donc sûrement moyen de négocier une grosse campagne et de partager la rémunération en fonction des vues des différentes chaînes affiliées à la plateforme publicitaire.

  16. Le changement « TV -> chaînes youtube » n’est qu’un exemple de plus d’un changement moderne de la répartition des audiences et des richesses. Avant il y avait des distributions gaussiennes, désormais on a plus souvent des distributions en loi de puissance, c’est le « winner takes all » ou quasiment. Ceux du premier plan raflent gros et le reste se prend les miettes. La loi de Pareto du 80/20 pour les richesses de l’ensemble de la population, qui est une loi de puissance, n’est pas nouvelle, mais ce qui est nouveau est qu’elle s’applique à des secteurs précis là où avant elle s’appliquait uniquement sur l’ensemble de la population.

    Jusqu’à il y a peu faire partie de certaines catégories de métiers « sélectives » vous garantissait de gagner correctement votre vie (exemples : médecins, ingénieurs, avocats, sportifs pros…) car la répartition des richesses dans la catégorie était gaussienne, même si sur l’ensemble de la population la loi de Pareto s’appliquait. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, beaucoup d’ingénieurs, d’avocats, de sportifs pros, de chanteurs régulièrement invités sur les plateaux TV galèrent quand une minorité d’entre eux raflent la mise. Du coup les moyennes sectorielles n’ont plus aucun sens. Et savoir qui seront les heureux élus n’a rien à voir avec la qualité intrinsèque, l’ardeur ou travail, c’est plus lié aux relations et à la chance. Exactement comme les vidéos youtube où la qualité culturelle est l’homologue de la qualité intrinsèque, la qualité technique l’homologue de l’ardeur, et le buzz ou les bon contacts sont les homologues de la chance et des relations.

    Et ce changement récent ne se voit pas que dans les contenus médiatiques mondialisés ou le marché de l’emploi. On le voit aussi dans des attitudes consuméristes, comme par exemple la consommation de smartphones, où avant dans les produits électroniques ont avait un achat des différentes gammes qui suivaient une gaussienne, les hauts de gammes étaient rares et le milieu de gamme le plus vendu. Désormais on a aussi une loi de puissance, les « flagships » sont les modèles les plus vendus.

    C’est un problème bien plus global que le financement des youtubeurs.

  17. Si l’on veut que l’état finance un jour le contenu culturel, il faut commencer par se faire entendre par celui ci: à savoir les interpeller des milliers/millions de fois sur les réseaux sociaux ou par mail/courrier pour leur faire comprendre que notre situation est importante et qu’ils doivent agir (être une sorte de lobby en somme). Bien entendu, leur faire part de nos pistes de réflexion pour arriver à une entente intéressante.

    • Je pense qu’on aurait des voies (et des voix) pour le faire. Ce qui est peu évident, c’est qu’on a pas de consensus. Est-ce que demain on aurait une proposition concrète avec laquelle 90% des vidéastes culturels (et de leur public !) soit d’accord ? J’ai peur que non. Il n’y a qu’à voir les commentaires de ce billet où on compte autant de « payer, ça jamais ! » que de « faire intervenir l’état, ça jamais ! »

      • Mais quelle est la définition d’un cinéaste culturel ? Est-ce que parler jeux vidéo c’est de la culture ? Est-ce que l’avis de Kevin, 15 ans, sur le dernier film Marvel doit être considéré comme une vidéo culturelle qu’il faudra subventionné avec des impôts publics ? Est-ce qu’il faudra remplir un formulaire « 314-F bis » pour avoir droit au statut de youtubeur culturel ?

    • Oui petite faute de frappe dans la version initiale.
      30cts de l’heure, je persiste à dire que c’est invisible. Les gens ne se rendent pas compte à quel point leur temps est précieux.

  18. Bonjour Monsieur Louapré

    Quelques réponses en vrac à la suite de votre article, qui pose quelques bonnes question.. mais pour les réponses, faut voir !

    En temps qu’ancien scientifique, et continuant par ci par là à donner des cours particuliers, je suis abonné à votre chaine, ainsi qu’à celle de Mickael Launay et à celle de e-penser.

    La plupart de ces vidéos sont pas mal, mais pas toutes loin de là, et si je devais payer pour les regarder, je renoncerais par principe, en effet, je considère que je suis déjà « rincé » par les impôts que je paye en France, et dans ce cas on s’adapte comme on peu (piratage, streaming gratuit, système D comme démerde quoi).

    pour paraphraser lelay sur « le temps de cerveau disponible », je serais prêt à payer si j’avais un peu plus « d’argent disponible » j’ai déjà limité mes sorties au théâtre, au cinéma et au resto.

    La dernière fois que j’ai voulu faire un don sur teepee (je sais plus à qui), j’ai posé une question, mais pas de réponse .. je crois sur les frais inhérent au versement, mais plus très certain.

    Sur le plan pratique concernant la publicité, vous pourriez tester « le visionnage seulement en absence d’adblock » comme le fait par exemple les inrockuptibles… (c’est pour ça d’ailleurs que je ne vais plus sur leur site)

    Il y a aussi « internet+ » si vous visionnez le truc vous êtes un peu surfacturé par votre opérateur internet, mais c’est MON CHOIX ou non d’y aller. Cette solution me semble assez intéressante à condition toutefois que vous permettiez au « youtubespectateur » de de faire d’abord une idée (moi je paye pas pour voir sans savoir ce que ça vaut ou sans être convaincu)

    Pour ce qui concerne « votre abonnement » culturel, vous voulez ré-inventer deezer ou netflix… alors bonne chance, à mon avis, c’est juste sans espoir !

    Avec les MOOC disponibles gratuitement (mais financés par mes impôts pour ceux qui viennent de France) nous avons ce qu’il faut au niveau de la plupart des cours universitaires. La plupart des blogs que j’ai cité au début, le vôtre en particulier, sont des vulgarisations, et c’est très bien, bien frais, bien agréable comme aurait dit Muriel Robin, parfois je me délecte en les regardant, parfois non, ça ne dépend pas d’ailleurs forcément de l’intervenant, mais du sujet, selon qu’il m’intéresse un peu, beaucoup , passionnément ou pas du tout…

    Mais le pire, c’est quand vous nommez « radio france » pour exemple, là je rêve, c’est le radio moscou des années 1970 avant la glassnoss, aucune pluralité d’aucune sorte, apathique au pouvoir.. beau modèle

    et quand au service public de l’audiovisuel, lorsque je vois ce qu’ils subventionnent comme navets et émission diverses qui n’intéressent pour la plupart que ceux qui les fabrique je ne pense pas non plus que ça soit le bon exemple. Et si, bien malheureusement j’ai la télé et que je paye ma taxe audio-visuelle, si on me donnait le choix de ne pas la payer à condition de ne pas regarder les chaînes d’Etat, ça me ferait 140 ou 160 euros d’économies que je pourrais utiliser à autre chose.

    D’ailleurs, rien que pour voir, ils devraient essayer de faire comme C+ : par abonnement : vous payez votre redevance vous pouvez regarder les chaînes publiques, sinon pas possible… ça serait intéressant de savoir combien de contributeurs s’inscriraient pour regarder leurs XXX XX sans compter l’incompétence de certains de leurs journaleux.. (il y en a quand même certains à peu près corrects et qui FONT LEUR METIER, mais trop peu malheureusement)

    Enfin, et je voudrais insister, (car en général on ne le fait pas) : COMMENT CA SE PASSE A l’ETRANGER.. (US, UK AUSTRALIE, SUEDE…) car je pense que ces pays ont aussi un certain modèle, comment sont subventionnées ces vidéos, par qui ? Souvent, le problème en France, c’est l’entre-soi et qu’on ne regarde pas les solutions qui sont mise en place et qui fonctionne à l’étranger.

    Vous même scientifique de très haut niveau (j’ai téléchargé et lu votre thèse sur la gravité quantique à boucle… j’avoue ne pas avoir tout compris, mais tout de même l’essentiel), vous savez qu’il n’est pas toujours opportun de ré-inventer la poudre.. essayons de faire ce qui fonctionne dans les autres pays, mais à force de dire qu’on est les meilleurs on s’enfonce de plus en plus !

    Dernière chose : ce n’est pas en augmentant de 2 points la CSG que les « retraités » qui sont parmi ceux qui « ont le plus grand temps de cerveau disponible », vont être incités à dépenser ne fusse que 5 centimes pour voir une vidéo qui était gratuite avant, mais comme vous le dites très justement, c’est psychologique.

    Encore un point : Si on doit payer, on doit aussi savoir pourquoi on paye et pour quelle prestation, à la limite si j’accepte de payer pour voir vos vidéos ok, mais j’ai peut être pas envie de payer pour les vidée d’e-penser, et aussi pour combien de vidéo, pour combien de temps…. pas facile. Si je paye un forfait disons de 10 vidéos à 1 euro, je n’aurai aucun recours si vous n’en faites que 5 puis que vous arrêtez.. tout ça c’est pas simple.. parce que c’est compliqué. Dans le principe, j’accepte de payer pour ce que je veux voir, comme lorsque je vais voir un film (bien que je sache que lorsque je paye mon ticket de cinéma, une partie va servir à financer des navets français… c’est aussi pour ça que j’y vais beaucoup moins)

    En espérant avoir été constructif et que ça pourra vous aider, Bien cordialement, en attendant vos prochaines vidéos.

    Michel BERNARD

    NB : désolé s’il y a pleine de fautes d’ortho, j’ai rédigé ça directement sans relire, je pense que le fond est plus important que la forme.

    Le Sun, 02 Jul 2017 09:00:22 +0200, Science étonnante

  19. Bonjour David,
    Très intéressant ce billet.

    Alors pour lancer des petites idées comme ça, j’avais pensé à une sorte de régie publicitaire française.

    Une régie qui démarcherait les sociétés (françaises ou étrangères) pour inclure des publicités chez les créateurs français qui bosseraient avec eux. (sur le système de la télé en somme)
    Cette régie aurait du poids chez les boites souhaitant faire de la pub sur Youtube puisqu’elle regrouperait beaucoup de créateurs (une visibilité globale plutôt qu’individuelle).
    Le créateur (qui aurait le choix de bosser ou non avec cette régie) pourrait piocher dans un panel de publicités mis à disposition par la régie avant la publication d’une vidéo (via un site externe par exemple), soit de façon automatique (avec une sélection thématique selon l’orientation de la chaîne) soit manuelle, et il serrait rémunéré en fonction de son impact (comme maintenant).
    Bien sûr ça demanderait pas mal de boulot à cette régie qui devrait démarcher, faire les comptes de combien donner à qui en fonction des vues et gérer le panel de pubs.
    La régie prendrait sa commission, rémunérerait le créateurs et payerait Youtube bien évidemment. La part de revenus à allouer à chacun serait aussi un problème épineux mais pas impossible à faire passer. Si cette régie pouvait être un organisme public contrôlé et réglementé par l’état, je pense que ça pourrait résoudre le problème suivant : « comment qu’on sait s’ils s’en mettent pas plein les poches les salauds ? »

    Pour moi le plus gros soucis : il faut convaincre Youtube. Puisque cette pub serait intégrée directement à la vidéo, il ne faudrait pas que le spectateur se mange celle de Youtube en prime.
    Et ça, c’est pas pour demain. Je ne pense pas que Youtube serait prêt à laisser quelqu’un d’autre gérer la pub qui circule sur le site. Surtout après le fameux « ad-pocalypse » récent, on sait que la relation entre Youtube et les annonceurs, c’est pas une partie de rigolade.
    Un autre problème c’est la fiscalité. Même si la régie est un organisme d’état et disons que l’argent qu’elle prend est directement versé à l’état, les créateurs sont rémunérés, donc soumis à l’impôt. Alors soit on paye 2 fois l’état soit on créer un statut particulier de « Vidéaste Youtube » avec toute la paperasse et les soucis que ça engendre. Il y a surement des solutions mais je ne m’y connais pas assez pour en proposer.

    Alors j’ai pas la science infuse, loin de là, c’est juste quelque chose qui me passe par la tête et il doit se poser une quantité de problèmes auxquels je n’ai pas pensé.
    Je vous laisse le soin de me dire lesquels si vous le souhaitez.

    • Oui c’est une bonne piste ! Ca montre qu’il existe plein de voies à creuser pour trouver un modèle, mais qu’aucune n’est simple (encore une fois, sinon ce serait déjà fait !)

  20. Je ne sais pas si Youtube gagne beaucoup d’argent, mais il est certain que Google est loin d’être perdant avec ce service, quand on connait les enjeux juteux de l’IA et du Big Data.

    Il y a des solutions technologiques à la question que vous posez mais elles ne peuvent être mises en oeuvre que si la question culturelle est mise au même niveau que la question économique. Youtube pourrait par exemple aisément se diversifier avec différents services basés sur des variantes de son algorithme. Car d’une manière ou d’une autre (service public ou services privés), on rejoint une problématique plus générale en économie : pour soutenir une préférence ou un projet, il faut parfois accepter sa non rentabilité. Ce qu’on oublie hélas systématiquement dans une économie de type libérale, c’est que cela ne pose en réalité aucun problème pour les structures de monopole qui en ont émergé : le financement est possible avec le gain réalisé dans d’autres domaines.

    La solution est simple sur le papier : une vrai coopération entre acteurs privés et service public. La difficulté de son application est révélatrice. La mondialisation est décidément bien univoque. Il semble bien en effet que les différents acteurs en soient toujours à des logiques adolescentes (déification idéologique de l’innovation qui en limite le sens dans le secteur privé, méconnaissance des questions dans le secteur public).

  21. Le problème est aussi que les gens ont un problème avec l’argent (y compris beaucoup de youtubeurs), ce qui crée deux choses :
    – Comme on l’a dit au-dessus, un genre de semi-excuse quand ils parlent de Tipeee (il ne faudrait pas que les abonnés pensent qu’ils sont cupides, OMG)
    – Une certaine incapacité à admettre que pour en vivre, un youtubeur doit être un entrepreneur. C’est à lui de trouver la rentabilité. De nombreux youtubeurs bien plus petits réussissent à vivre de leur chaîne en vendant des produits numériques. Alors oui, OMG, ça implique des gros mots comme vente et marketing, qui sont tabous chez beaucoup de youtubeurs, qui sont encore dans l’illusion du tout gratuit. Mais qu’est-ce qui est plus éthique au final : activer la monétisation pour que les gens voient des pubs pour la volaille industrielle sur une chaîne écolo, ou vendre un produit à ses plus gros fans ?
    Alors oui, il y aura des haters qui se plaindront que ce sont de vils capitalistes. Et alors ? Si c’est ça ou s’arrêter, il n’y a pas photo.

    • Ton analyse est juste et l’approche d’etre un entrepreneur en plus d’un youtubeur est probablement un avantage, mais au-dela de la vision capitaliste (qui est un autre problème), je ne pense pas qu’il soit toujours possible d’etre un bon youtubeur (selon sa thématique) et un bon entrepreneur…. youtube est un support (ou vecteur de communication) pas un produit en lui meme et lorsque l’on a une vocation et que l’on souhaite partager avec des gens, il peut sembler légitime de pouvoir en vivre sans devoir en faire des produit dérivés, chose pour laquelle on peut ne pas être bon du tout). Considérer les termes de vente et marketing est normal lorsque l’on parle de communication, mais ces choses sont déjà intrinsèquement inclues dans la vidéo, et c’est ca qui fait la différence entre le bon et le mauvais youtubeur (pas de blagues avec le bon et le mauvais chasseur… ^^) et c’est deja un boulot en soit conséquent. S’il faut en plus ajouter des activités complémentaires pour rentabiliser l’ensemble, ce n’est pas forcement logique, le goodies et les extra, sont ce qu’ils doivent rester des plus… sinon on finit pas être des parc d’attractions et au lieu de faire un boulot qui nous plait, on finit par juste optimiser les prix des produits dans les boutiques…. on devrait pouvoir en vivre dans les deux cas

      • Enfin quelqu’un qui a compris : You Tube n’est qu’un support et rien d’autre !!!!!!!!!!!!!!!
        Alors pourquoi débattre sur un problème qui n’en est pas un !!!!

  22. Les youtubeurs ne sont pas au STO, ils ne sont pas obligés de faire des vidéos, personnellement je suis contre toute contribution obligatoire, (directe en payant au visionnement de la vidéo, ou indirecte via mes impôts, vus ce qu’on paye déjà pour un système audiovisuel de MXXX). On peut faire du bénévolat, mais si c’est du bénévolat payant, ça n’en n’est plus.. faut choisir… on n’oblige personne à faire du bénévolat !

    Mais vu le mail de sapakagadew sur Vsauce (que je ne connais pas) je suis OK avec ça : tu montres d’abord que tu es bon que tes vidéos sont intéressantes, et ensuite tu passes payant.. normal et on entre dans la loi du marché : T’es bon t’es riche t’es pas bon tu n’es pas riche.

    Pour votre information, c’est ce que j’avais fait pour ma lettre boursière : je l’ai diffusée gratos pendant un an, puis je l’ai passée payante à 160 euro l’exemplaire, et ça a très bien marché. (j’avais monté un groupe gratuit ou tout le monde pouvait voir mes conseils avec un suivi rigoureux)
    Faire ses preuves d’abord, faire payer ensuite pour ceux qui veulent ou qui peuvent.. et ceux qui peuvent pas ou qui ne veulent pas vont voir ailleurs, j’estime que ce n’est pas toujours au CON de tribuable de payer pour la culture, surtout lorsque ce terme englobe tout et n’importe quoi, en particulier les navets financés par l’audiovisuel public.

    Peut être aussi que si l’Etat Français ne nous rinçait pas avec les impôts il nous resterait un peu de blé pour voir des choses vraiment intéressantes.

  23. Billet très intéressant , mais une fois ce constat fait , quelle est la prochaine étape ? Une nouvelle législature prends place à l’Assemblée Nationale , ne serait-ce pas l’occasion d’interpeler nos députés (et sénateurs avec les sénatoriales en septembre) , que ce soit les vidéastes eux mêmes comme l’a fait RealMyop ou les spectateurs (par une lettre rédigée par les videastes envoyée à son député par les spectateurs qui se sentent concernés par le problème). Avant de légiférer (si nécessaire) il pourrait y avoir un rapport parlementaire comme ça avait été le cas pour l’esport : Rudy Salles (député UDI des Alpes-Maritimes) et Jérôme Durain (sénateur socialiste de Saône-et-Loire) avait rendu un rapport sur le sujet dans le cadre de la loi pour « une République numérique » d’Axelle Lemaire , en concertation avec les acteurs de l’esport ça avait permit de mettre un cadre légal aux compétitions et de créer un véritable statut de joueur professionnel .

  24. « d’autres — … — s’en sortent car ils ont une vraie activité professionnelle » – ce passage est condescendant envers ceux qui ont la vulgarisation pour leur métier principal.

    Sinon, ton blog ainsi que ta chaîne sont formidables, bonne continuation !

  25. Super article, mais je ne suis pas très satisfait par les solutions proposées, même si dans l’état actuel des choses, elles sont réalistes. Ce qui m’embête:
    Déjà, je ne regarde pas des vidéos youtube gratuitement. Je paie environ 40€ par mois ma connexion internet, plus une vingtaine d’euro mon forfait de téléphone qui me permet également de me connecter. Cela fait 60€ par mois. Donc sur une année, j’ai dépensé environ 720€. Bien sur mon temps passé sur youtube ne correspond pas au temps intégral passé sur internet, mais comparé à la redevance TV annuelle (138€ pour 2017), ça fait une grosse somme. Internet, Youtube, etc… Ne sont donc pas gratuit pour l’utilisateur/spectateur. Bien sur dans ce prix, on paie les infrastructures des fournisseurs pour nous permettre de nous connecter à l’aide de box et autres services. Infrastructure par ailleurs, pas obligatoire pour une connexion.
    On pourrait alors se demander où vont nos 40€? Est-ce bien le prix réel du service que l’on nous propose? Peut-on demander à l’utilisateur de payer 40€ par mois un service de connexion, pour ensuite payer en plus « l’utilisation » d’un site comme youtube?

    J’ai l’impression que l’on arrive à oublier le fonctionnement premier de internet à la base, qui n’a pas besoin de nœuds, de gros serveurs centralisés où les gens réclament leur données (comme des drogués que l’on est tous devenu). Bien sûr je m’éloigne de la réalité ici, car avec l’interdiction et la censure réussi du peer2peer qui était pourtant LE moyen révolutionnaire de partage d’information, on se retrouve avec un système mal foutu (car utilisé à contresens de ses possibilités) et très mal sécurisé (car pas fait pour le business à la base).
    La captation d’internet par le privé qui a vu en lui un formidable renouveau de business (bulle des années 2000) mais qui n’a pas réussi à s’adapter (problème de la propriété ) en fait un outil muselé, hybride, qui ressemble à un premier essai semi-raté plus qu’a une révolution.

    Pourtant les business modèles utilisant d’autres moyens que ceux d’aujourd’hui peuvent être imaginé par dizaine en prenant en compte tous les protocoles d’échanges de données.

    Tout le débat autour de youtube, débat intéressant et nécessaire, ne pourrai jamais trop s’éloigner du problème plus large des infrastructures privés monopolisant un marché et cherchant la rentabilité à tout prix au dépend de ceux qui font leurs contenus (autre ex: Uber). Youtube est, en regardant ce qu’il nous propose, massivement utilisé par des pré-ado/adolescent, et les vidéos « pute-a-clics » sont les plus consommées, peu importe leurs qualités, et donc les plus présentes. On peut voir une uniformisation des thumbnails, des titres de vidéos (« Tu croiras jamais ce qu’il se passe à la fin de cette video MDR!!! »). Elles finiront par être les seules, et youtube finira par perdre son intérêt, et google pourra par simple décision fermer son service. Peu importe si des personnes en avaient fait leur support pour vivre. Après tout, ils étaient un peu naïfs ces youtubeurs qui pensaient que google allait prendre soin d’eux.

    Pour finir je ne pense pas que les youtubeurs « sérieux » ont un avenir sur youtube. Et vu les problèmes de stockage et de diffusion de vidéos à grandes échelles que posent ce genre de services, je suis assez pessimiste sur l’apparition d’un nouveau service si on reste dans le modèle actuel. Mais je reste très curieux de voir comment tout ça va évoluer, peut-être qu’un jour, je deviendrai fan de squeezie et que je serai enfin satisfait 😉

  26. Alors en fait ton idée d’abonnement est pas mal… Mais il reste un problème : tu parles de contenus scientifiques/éducatifs par ce que ça te concerne, c’est très bien et j’aime moi aussi ce genre de contenus. Cependant, un modèle économique viable sur YT devrait être viable pour tout le monde, n’est-ce pas ? Or, il y a aussi du très bon contenu de divertissement sur Youtube. Pour ce qui est des sketchs et autres vidéos du même format ton modèle ne pose pas de problèmes mais pour les let’s play ou autres c’est plus compliqué, regarde Bob sur Skyrim ou même Siphano sur Zelda, ces séries durent des dizaines, voire centaines d’heures. Pour un usage occasionnel (par exemple regarder des vidéos scientifiques de temps en temps) ce modèle marche mais quand c’est plusieurs heures tous les soirs pour moi comme pour beaucoup d’autres, ça peut revenir cher (relativement)
    Mais le problème ce n’est pas encore le coup (même à 10h/jour on ne payerait que quelques €/mois) non, le problème c’est que ça accentuerait le phénomène des contenus super baclés et cutés pour faire des vidéos qui ne dépassent pas les 10 minutes comme on le voit sur beaucoup de chaines populaires chez les 10-14 ans de nos jours. Et même d’autres types de contenus pourrait essayer de devenir de plus en plus court pour prendre la plus petite part d’abonnement possible, ce serait dommage quand même surtout qu’on risque d’y perdre en qualité.
    Après tant qu’à faire un abonnement, on devrait plutôt faire un algorithme qui compte ta durée de visionnage et qui te fait payer pour le temps que tu as regardé en fin de mois (avec peut-être un pallier quotidien/mensuel pour les parents qui veulent éviter que leurs enfants ne dépensent trop d’argent)

  27. Le problème ressemble à celui qu’ont la plupart des producteur/musiciens aujourd’hui.
    Pour vivre de sa production, on doit trouver des alternatives.
    Ce que je vois de mon expérience personnelle, c’est qu’il faut étendre ses contenus. On ne peut pas se contenter ‘que’ de sa production.
    Ca passe par : faire de la formation payante, créer des vidéos en plus de sa musique, des partenariats, des musiques gratuites et libres de droit pour des vidéastes justement qui vous apportent de l’exposition.
    Créer des sociétés dans lesquelles on peut proposer du contenu additionnel (pour vous les vidéastes ça peut être des DVD un peu comme JDG – goodies -livres, BD, objets sympas comme le fait Axolot)
    GussDx propose ses épisodes de Capture Dead Form en VOD payante avant de les sortir sur YouTube. C’est une bonne idée car il permet, à ceux qui le souhaitent, de profiter en avant-première d’un épisode (moyennant 5€). Cela nécessite aussi d’avoir une communauté convaincue par votre cause.
    Les conférences payantes peuvent aussi être un moyen de s’assurer un revenu supplémentaire.
    Demander des subventions effectivement…
    Je crois aussi qu’il ne faut pas être opposé au placement de produit, aux partenariats, même s’il faut s’arranger avec les annonceurs pour que votre ligne éditoriale reste la même.

    En un mot, la diversification.

    Même vis à vis de YouTube, il me semble qu’il y a quelque-chose à faire. C’est une grosse entreprise, certes, mais la qualité du contenu peut-être un argument pour leur demander de valoriser aussi ce type de contenu auprès des spectateurs qui s’y intéressent. Est-ce que quelqu’un qui aime regarder Sciences Etonnante, Scylabus, Nota Bene et autres a vraiment envie d’être submergé par les pranks ?
    En montrant à YouTube la valeur ajoutée que vous apportez à sa plateforme, vous pouvez peut-être, via des tables rondes, discuter avec eux pour améliorer votre visibilité.
    Votre visibilité sur les réseaux sociaux peut aussi vous permettre de proposer des levées de fond via le financement participatif. Vous pouvez communiquer avec vos followers sur vos différentes releases.

    Vous avez la chance, vous les YouTubeurs culturels (contrairement aux producteurs par exemple), d’être une communauté plutôt unie, donc forte. Vous pouvez vous organiser ensemble pour, par exemple, organiser ces conférences (comme le fait Nota Bene avec Montbazon). Vous êtes un pouvoir de négociation avec les pouvoirs publique. A vous de vous organiser et de réagir pour réussir là où les musiciens ont parfois du mal.

    Je sais pas si je m’exprime bien, mais à ce stade de ma réflexion, il me semble qu’il faut-être optimistes car votre champ des possibles est énorme. C’est une période excitante dans laquelle vous allez définir à la fois la façon dont vous allez créer votre modèle économique, mais aussi par laquelle vous allez avoir une certaine responsabilité : celle de continuer à soutenir les « petits » pour qu’ils ne soient pas bloqués in fine par l’énorme machine que vous avez le pouvoir de créer.

  28. l’ économie 2.0 reste à inventer, tout ce que dit david est passionnant, je reviens d’une balade cyclo dans les pré-alpes, paradis de la lavande. en revenant de manosque à aix avec ma vieille 206 bva je me demandais à quoi servait le compte-tour, pourquoi tjs ce cadran au XXIième siècle qui ne m’a jamais servi à rien : la voiture 2.0 aura t elle un compte tour…oui je sais c’est stupide…ce siècle est passionnant, tout change si vite même pour un vieux pépé comme moi !

  29. Bonjour,
    Il me semble que ce qui arrive à YouTube ressemble beaucoup à la presse papier au tournant des années 2000 : déjà mal en point, c’est la mise en ligne gratuite de contenu de qualité qui a fait chuter les ventes, vue la concurrence déloyale avec le contenu similaire resté payant sur papier. De la même manière les gens se plaignent de médias qui ne parlent pas de fond et que de la forme (ex : le lab d’E1), car ces gens considèrent que fond et gratuits sont conciliables, mais c’est impossible : payer un journaliste pour enquêter 2 mois pour un article est nécessairement coûteux. Que penses tu du parallèle ? Concernant les solutions, je pense que le sponsor est une meilleure solution que l’ope spé (ton type 1 donc, avec un sponsor différent du contenu, éditorialement.) Le public devrait l’accepter. Je doute que l’état sponsor soit très sain, surtout si tu inclus la pléthore de youtubers vulgarisateurs aux vidéos qualitatives mais très politisées. Reste le meilleur pour moi, le payant et ton modèle est pas mal du tout ! Il a pour défauts de limiter l’accès aux mineurs (je suppose), et à tous ceux atteints de biais de considération des sommes.

  30. Salut David,

    en plus de mon (long) article sur mon site, je me permets de répondre sur certains points précis de ton article.

    – Sur la « rationalité » d’homo œconomicus, c’est un contresens assez fréquent mais elle n’est pas tellement liée à une capacité à raisonner « logiquement » qu’à une capacité à prendre des décisions qui vont dans son intérêt (entendu dans un sens très large : mon intérêt peut être d’être altruiste). J’en ferai un article ou une vidéo un jour, pour expliquer ce qu’entendent vraiment les économistes là-dessus

    – Sur l’abonnement à cinq centimes… Tu le dis toi-même, il existe déjà des barrières cognitives assez forte à un paiement de ce type, puisqu’il implique une réflexion sur la décision (je paye/je paye pas). Je te rejoins sur le fait qu’on peut certainement réduire la difficulté à prendre cette décision, mais même si on y parvenait, je pense que le problème de fond est l’existence d’un effet de seuil : payer, même un centime, va en faire fuir un nombre énorme. Je n’ai plus trop de littérature sur ce sujet dans la tête, mais je me souviens que c’est un effet assez robuste en sciences économiques. Dès que tu mets un prix, même minime, tu prends le risque de voir s’effondrer la consommation (surtout sur des choses plaisantes comme regarder une vidéo, et encore plus sachant qu’actuellement, les vidéos sont librement accessibles).

    Je pense que réussir à financer ces biens publics est une question vraiment difficile…

    Pour ceux que ça intéresserait, voici l’article sur mon site : https://fr.thesignal.info/2017/07/comment-financer-la-vulgarisation-scientifique-sur-internet.osc

  31. Je vois une solution complémentaires à ce qui a été dit précédemment : faire grossir les petites chaines en les regroupant. Mon idée serait de créer une ou plusieurs chaines, sur lesquelles plusieurs vidéastes publieraient leurs vidéos. Un petit peu comme la vidéothèque d’Alexandrie, mais en plus gros ou plus spécialisé. Les revenus de la chaine proviendrait des sources actuelles (pub, partenariats, tippeee), mais serait redistribués aux vidéastes pour partie selon le nombre de vue de chaque vidéo, pour partie de manière discrétionnaire ou par vote interne à la chaine.

    L’idée est de faire pour des vidéos quelque chose d’équivalent à ce qu’est devenu le siteduzéro, avec une rémunération distribuée aux auteurs directement. Il me semble d’ailleurs qu’openclassrooms fonctionne maintenant sur ce principe, avec les revenus de la vente de livres/ebooks. Alors certes, l’accès serait plus limité, vu qu’il s’agit de vidéos, mais cela pourrait être une bonne chose. Il me semble que la chaine nommée « Trash » fonctionne sur ce principe, dans certaines limites.

    Cela aurait plusieurs avantages :

    – si certains vidéastes publiant sur la chaine sont assez connus, ils attireront suffisamment de monde ;
    – le rythme de publication de vidéos serait plus important, ce qui favorise la fidélité des viewers et le nombre de vues générales ;
    – le contenu serait plus diversifié qu’une chaine unique et permettrait de plus facilement aire découvrir de nouveaux sujets aux viewers ;
    – on pourrait mixer du contenu assez prisé des adolescents (du bon gros top, par exemple), avec des vidéos plus travaillées ;
    – cela favoriserait la collaboration entre vidéastes, qui pourraient se réunir pour fabriquer une seule vidéo.

    • Il y a ça avec les « écuries » de joueurs vidéos. Effectivement au lieu d’avoir chacun 10k-50k vu ils se mettent à dix ou plus pour avoir davantage de visibilité. L’avantage aussi c’est de permettre de découvrir les petits créateurs.

  32. Sachant qu’un abonnement Netflix est de 8-9€/mois,
    Que la redevance TV est de 138€ (11.5€/mois),
    Je consacre 10€/mois à Youtube, réparti en une dizaine de chaînes via des Tipeee de 1€ ou 2€.
    Ça me semble un bon compromis. Ainsi même une modeste chaîne culturelle n’ayant que quelques centaines de contributeurs *directs* peut recevoir une somme convenable.

    Par contre je suis contre toute intervention de l’État!
    Parce que soit c’est un bouzin égalitaire, qui verse à TOUTES les chaînes, mais à ce moment là, ça veut dire que mes impôts vont servir à financer « Leïa, 12 ans, experte en maquillage » et « Super Skippy, pourquoi le 9/11 est une conspiration des hommes lézards!! ».
    Soit c’est sélectif et dans ce cas seules quelques chaînes auront droit à un label les autorisant à recevoir une subvention publique. Mais sur quel critère? C’est la porte ouverte à tous les copinages et à tous les abus.

    • et Arrêt sur image : http://www.arretsurimages.net/abonnements.php => 4€ / mois
      http://michelonfray.com/inscription => 4€ / mois

      La puissance du gratuit est néfaste car elle masque les efforts des autres:
      cf expérience des 2 chocolats à la caisse du resto U (je ne retrouve pas la référence)
      2 chocolats un bon / un mauvais à 40c/20c => choix 40%/60% par les étudiants
      on baisse de 20 le prix de chaque chocolat
      => 2 chocolats un bon / un mauvais à 20c/gratuit => choix 5%/95% par les étudiants

      et quand on fait le ratio plaisir/prix, le ratio est maximum quand le produit est gratuit…

  33. La publicité a pour effet de nous faire consommer au delà de ce que nous consommerions sans ce conditionnement, ce qui est nuisible pour l’environnement ainsi que pour notre psychisme. Par conséquent une activité qui ne peut subsister sans la publicité ne devrait-elle pas être considérée comme globalement nuisible ?

  34. D’une manière plus générale, c’est le modèle économique de la transmission des savoirs qui pose problème, au moment où des universités en manque d’argent réduisent leurs volumes d’enseignement et ferment des formations tandis que certains bacheliers doivent participer à des tirages au sort pour espérer s’inscrire en fac. Si nous en arrivons à ce que notre économie ne soit plus capable d’assurer à chacun la possibilité de faire des études en rapport avec ses aspirations et ses capacités, il faudra bien trouver un autre moyen de transmettre les savoirs. Je pense évidemment aux ressources pédagogiques accessibles via Internet : MOOCs, tutoriaux en ligne et autres matériels variés, incluant les vidéos de vulgarisation scientifiques.
    Il est d’utilité publique de permettre aux gens de se former et de se cultiver en ligne, tout au long de leur vie, avec des sources donnant une garantie de sérieux, d’exactitude et de rigueur. Les gens qui produisent ce genre de choses devraient, à minima, bénéficier d’un substantiel crédit d’impôt :-).

  35. Bonjour et intéressant article ! Le modèle économique est à inventer mais je pense qu’on doit associer plusieurs sources de revenus (Tipee, mur payant, goodies, conférences IRL, YouTube, livre, formation…). Mais cela reste fragile et terriblement chronophage à gérer seul. On en arrive ensuite à prendre plus de temps à trouver de l’argent qu’à produire le contenu…

    YouTube n’est certes pas l’activité la plus rentable pour Google, mais elle est une pièce incontournable de l’écosystème publicitaire de Google. Bref, YouTube fait gagner indirectement beaucoup d’argent à Google. Ensuite, si Google fait de la marge sur le dos des youtubeurs, n’oublions pas non plus que les annonceurs profitent aussi d’un système où le créateur de contenu est celui qui gagne le moins dans l’échelle de valeur alors que sans lui, tous les autres acteurs ne gagneraient pas un rond.

    Créer une plateforme à la Netflix me semble une idée intéressante. Comme les profs et les élèves utilisent largement ces vidéos à portée culturelle, un « deal » avec l’éducation nationale pourrait être une piste. Le Ministère paie des fortunes à des acteurs de l’éducation numérique pour profiter de jolies plateformes pour apprendre tout un tas de choses. Or, paradoxalement, mes enfants et beaucoup d’autres préfèrent surtout regarder vos vidéos sur YouTube que d’aller sur ces plateformes d’apprentissage. Mes enfants ont appris bien plus de choses grâce à vous (les youtubeurs) qu’au collège… A méditer…

    Pour finir, de mon côté, j’essaie chaque semaine de faire une sélection de vidéos culturelles pour le site que j’anime, Geek Junior. J’espère que cela aidera, modestement, à faire connaître toutes ces chaînes passionnantes. Mais moi aussi, je n’ai pas encore trouvé le modèle économique pour mon média…

    Bon courage en tout cas et ne perdez pas la foi !

    La dernière sélection : https://www.geekjunior.fr/apprendre-youtube-36-micmaths-profokita-doc-seven-13512/

  36. Bah !
    Le Net est une gigantesque cours des miracles où éclosent des fleurs qui vivent le temps d’une passion et qui se fanent la passion éteinte.
    C’est quand la passion s’éteint que l’idée du fric surgit ; j’en suis persuadé…

    Et bien tant pis, il y a pléthore d’autres sites qui naissent et meurent aussi, des bons et des mauvais, perdus dans le bruit
    gigantesque des marchants, des sites créés par bonhomme, pour le plaisir et tout de suite abandonnés…
    Brouhaha colossal où pourrissent des cadavres de données obsolètes, maintenant encombrantes.
    Vous n’existeriez pas, David ; je serais sans doute un peu moins sachant, mais je n’étais pas précisément demandeur et ne serais donc pas particulièrement gêné ou alors je recevrai cette information depuis un autre site, un autre jour, ou dans un livre.
    Ma culture, je l’étoffe moi-même par mes recherches et mes visites. Je fuis les sites payants et je zap les sites qui posent problème à cause de mon bloquer de pub.

    Vous êtes brillant, David, vous êtes excellent dans vos vidéos, mais vous n’aurez pas un sou de moi… rien que mon admiration !

  37. Le premier commentaire parlait de goodies. J’ai dû acheter une peluche du Site du Zéro (quand ça portait encore ce nom) pour les remercier de tout ce contenu gratuit qui m’avait initié à pas mal de choses, mais c’est vraiment rare, et elle prend la poussière (elle a même failli brûler une fois !).

    C’est cool d’avoir un T-shirt Minute Earth et de boire son café dans un mug CGP Grey, mais faire venir ça par bateau quand on est un peu écolo, ça fait mal au cul (je parle même pas des posters), du coup perso j’ai arrêté alors que c’est peut-être le genre de don qui me parle le plus, parce que ça laisse un souvenir. Même les objets « utiles » ne sont pas si attirants donc. Et si l’investissement de départ n’est pas énorme, le retour non-plus, donc ça ne vaut sans doute pas le coup.

    Après il y a d’autres types de produits, comme tes livres, et ça ça marche (en tout cas pour moi). J’ai aussi les livres de Florence Porcel, Mickaël Launay ou Léo Grasset, mais ça cannibalise les autres formes de dons : « j’ai acheté ton bouquin donc je te dois rien » (sauf que le bouquin, c’est un contenu *en plus* qui a pris du temps aussi et a une existence et une valeur propres), je me rends compte que je ne t’ai jamais fait de tipee et c’est sans doute à cause de ça.

    Je passe les produits plus coûteux comme les Snatoms de Veritasium, qui sont beaucoup trop chers simplement pour le soutenir et qui constituent une vrai prise de risque en terme d’investissement (même si c’est kickstarté, parce que ça prend un temps et une énergie fous de faire une campagne de crowdfunding).

    Je pense qu’il est important que les gens se rendent compte que le produit c’est pas le T-shirt, le mug, ni même le livre (dispo gratuitement pour le premier en plus il me semble?) mais ce qu’ils ont déjà consommé gratuitement. Il y a un respect pour le contenu qui n’existe pas (encore plus pour le contenu écrit il me semble). Même moi je me rends compte que je ne me sens pas redevable de beaucoup de contenus que je consomme gratuitement, parce que c’est pas présenté comme un produit, donc ça ne mériterait pas de sous ? Bizarre non ?

    Je suis du genre à donner facilement quand il y a un lien Paypal direct sur le site avec une petite phrase du genre « vous aimez ce que je fais, soutenez-moi », parce que j’ai déjà un compte paypal et qu’en un clic j’ai payé, sans transmettre mes coordonnées bancaires. Ça se fait beaucoup dans le monde du logiciel libre. Mais j’ai beaucoup de mal à m’inscrire à une plateforme juste pour faire un don de quelques euros.

    Le fonctionnement de Patreon est impensable pour moi. Le plus petit don c’est 1€ par vidéo sortie il me semble. Si je devais soutenir tous les vidéastes que je regarde occasionnellement, je dépenserais facilement 300€ par mois pour un contenu inégal et que je n’ai pas le temps de regarder/écouter (évidemment, ils ne sont pas tous sur Patreon, reste que le modèle ne marche pas pour moi).

    Même problème pour Tipee : je dois suivre à peu près 300 flux RSS. Même si j’en ai envie, je ne peux pas me rappeler à qui j’aurais donné, quand, combien… c’est pas possible. Il se peut que je donne quand je découvre l’auteur (parce que je me suis bouffé 10 vidéos, podcasts ou articles d’affilé d’affilé et que j’ai vraiment envie de le remercier), mais au fil de l’eau j’oublie, et une petite somme pour une petite vidéo, on ne pense pas à le valoriser.

    Je pense qu’il ne faut pas hésiter à rappeler aux gens que s’ils aiment ton contenu ils peuvent te soutenir. Le problème c’est que, personnellement, je deviens aveugle à ces communications timides en fin de vidéo que je vois et entends partout, et si j’ai déjà donné une broutille il y a longtemps je me dirai « j’ai déjà donné » (oui mais combien et quand ? Contre quoi ?).

    Je ne sais plus qui a parlé de davantage insister sur l’appel aux dons, mais c’est vrai : tant qu’un système pérenne ne s’est pas installé, il faut vraiment insister. Après, ça peut se faire simplement en variant la manière et le moment de le faire, pas l’intensité (il ne s’agit pas de supplier ! Et à mon avis tu es déjà au taquet question capital sympathie). Le but c’est simplement de rendre l’appel aux dons plus visible.

    Personnellement je déteste certaines pratiques de sponsoring. Alors, Audible, c’est facile à vendre quand on fait de la vulgarisation, et il faut reconnaître qu’ils sponsorisent beaucoup de chaînes de qualité, et rien que pour ça, on pardonne volontiers et à Audible, et au vidéaste, mais entendre ton vidéaste préféré déballer un discours dont il est évident qu’il n’a pas écrit une ligne avec une voix désincarnée (ou pire, en essayant d’y mettre le ton)… ça fait de la peine. On sent la patte marketing dedans (avec des formules comme « Avec Audible, vous… », avec des répétitions, etc. tous ces procédés rédactionnels écœurants…). Un autre exemple de sponsoring, c’est Linus Tech Tips qui, parfois, va délivrer des messages drôles (même si la blague est potache) pour des rasoirs ou autre, et c’est même sympa à regarder ; et d’autres fois complètement mélanger la pub avec le contenu de la vidéo, si bien que tu ne sais plus quand le sponsoring finit et le contenu éditorial commence. Un dernier exemple pour la route, c’est Destin de Smarter Everyday qui arrive, je ne sais pas comment, à faire passer son sponsoring magiquement bien. Déjà il a un charisme dingue et une énergie très communicative, et puis il insiste sur le fait que le sponsor en question a rendu telle vidéo possible (parce qu’il a dû se déplacer ou autre) et du coup ça passe bien. Je pense que c’est ça. À regarder.

    En bref, du sponsoring, peut-être, mais c’est très difficile à faire correctement, et j’ai aussi le sentiment que ça pourrait réduire ta liberté éditoriale (« je te donne de l’argent donc tu fais une vidéo sur tel sujet »). SI tu veux t’engager là dedans, je pense qu’on te fera confiance de toute façon et que ça ne te sera pas reproché, mais l’impat potentiel sur l’image de la chaîne et du blog est tellement grand qu’il faut faire très attention.

    Au niveau du modèle économique en lui-même, il n’y a que Youtube qui pourrait faire quelque chose.

    Le moyen de paiement pourrait être intégré à la chaîne (le fameux paypal qu’on trouve sur les sites privés). Le Google Play store le fait déjà plus ou moins pour Android : il y a une API qui permet le paiement depuis une application, ce qui permet à des développeurs de fournir une application gratuite et d’accepter les dons depuis l’application (en déverrouillant le plus souvent des options supplémentaires, quand même). En gros, je verrais un genre de pouce bleu, mais qui te permet de donner de l’argent.

    Ou alors, un abonnement Youtube qui reverse ce que tu payes aux chaînes que tu regardes en fonction du temps de visionnage ou du nombre de vidéos regardées (difficile à définir comme critère quand même ! Qualité, quantité… est-ce qu’il faut pondérer ça avec la popularité ? le nombre de pouces bleus ?). Ça aurait l’avantage de cumuler l’avantage du package, avec son tarif fixe (on peut même imaginer choisir la somme qu’on veut reverser pour les plus nantis), et de rémunérer quand même les vidéastes directement en fonction de ce qu’on regarde.

    Bien-sûr, dans les deux cas, il faudrait que ce soit très transparent : personne n’a envie de donner de l’argent à Google, il faudrait qu’on sache exactement quelle part revient aux auteurs. Tout ce que pourra proposer Youtube sera sujet à suspicion, et puis si seul Youtube met ce système en place, ça rend la plateforme encore plus incontournable, ce qui est dangereux pour l’indépendance des vidéastes (c’est déjà le cas remarque).

    Bon, j’ai beaucoup trop parlé 😉
    Bonne continuation et bravo pour ton travail.

  38. 1) Un portefeuille internet pour laisser un tip facilement sur un article de Mediapart, une vidéo de sciences étonnantes. Avec une alerte lorsqu’on dépasse un certain seuil par mois.

    2) L’état pourrait aussi taxer le contenu qui buzz pour le reverser aux contenus moins commerciaux, comme au cinéma (quand on va voir un marvel on finance un film français) https://www.senat.fr/rap/r02-276/r02-27617.html

    3) Réserver une partie de la redevance aux vidéastes culturels d’internet (la redevance ne paie pas que la TV, sans elle pas de ‘méthode scientifique’ sur France Culture (pas de France Culture du tout d’ailleurs).

  39. Bonjour, article très intéressant mais la deuxième solution pose un gros problème pour les gens vivant en dessous du seuil de pauvreté qui se retrouveraient mécaniquement exclus de ces contenus qui vous changent la vie quand vous n’avez pas les moyens d’avoir des activités culturels, la notion de service publique est vraiment la plus adéquate à votre travail et ce n’est vraiment pas prétentieux de le dire car le marasme culturel est encore pire que l’économique.
    J’en profite pour remercier tous ces youtubers qui me permettent de m’occuper intelligemment, de mettre à jour mes connaissances, d’en acquérir de nouvelles et de m’apporter cette jouissance de s’émerveiller de la complexité et de la richesse de ce monde 🙂

  40. J’ai bien conscience que financièrement Youtube a du mal à être rentable, surtout depuis l’historie des vidéos inappropriées monétisées mais si quelqu’un a le pouvoir de faire changer les choses c’est eux ! Dans l’état actuel des choses, le contenu culturel est noyé dans la masse mais Youtube ne peut-il pas être compartimenté son contenu ?

    L’onglet tendance est un outil extrêmement puissant de visibilité et chaque vidéo postée est catégorisée (les tiennes sont dans science et technologie) alors pourquoi ne pas faire un onglet tendance pour chaque catégorie ? Bien sur le nombre de catégorie actuel semble trop élevée mais si on réduit le champs à disons 10 familles de vidéo et que l’on crée un onglet tendance pour chaque, cela donnerait une nouvelle visibilité à beaucoup de contenu. (Exemple : tendance humour, tendance science, tendance people et blog, tendance jeux vidéo etc…)
    De plus ça peut être un argument en faveur des annonceurs qui atteindraient plus facilement leur cible.

    Très bon article et bonne continuation !

  41. Pingback: YouTube: le problème n'est pas l'algorithme, c’est l'argent – Les punaises de l'info

  42. Petit pinaillage sans conséquence
    Je pense qu’une bonne partie des vidéastes sont soumis à l’impôt sur le revenu pour leur activité (et notamment sous le régime micro entrepreneur), plutôt qu’à l’impôt sur les sociétés.

    (et ortho : voix de l’état plutôt que voie de l’état non ?)

  43. Article vraiment très intéressant et qui fait pas mal réfléchir sur toute ces questions.
    Une idée qui me reviens à l’esprit, et qui a été pas mal présente dans les actualités ces derniers temps… Le revenu universel ?
    Cela pourrais permettre a des youtubeurs, et toutes autres activités non-salariées non-commerciales productrices de bien à consommer en masse au non de la sacro-sainte Croissance, mais pourtant toute autant créatrice de richesse et de partage de savoir, de pouvoir financer leurs vidéos sans devoir être autant happés dans un emploi pour vivre, et ne donc pouvoir consacrer autant de temps qu’il le souhaitent a leurs activités préférées.

    Évidemment, c’est peut être utopique comme idée. Cela pose de nombreuse questions, comment le financer, le montant serais t-il suffisant, et même une telle société fonctionnerais t-elle mieux ? Les gens continuerais t-il à participer à la société ?
    Mais personnellement les problèmes évoqués dans cet article me font cogiter sur ces questions plus profondes.

    Un autre truc qui me viens à l’esprit par rapport au coût psychologique évoqué, c’est que tout ça est une sorte de dilemme du prisonnier. D’un coté, on an envie de vidéos gratuites, et je suis d’accord sur le fait que le savoir et la culture devrais toujours l’être. De l’autre, il serais normal de payer ceux qui les produisent, que ça soit en accès payant ou en « temps de cerveau disponible » (cette dernière personnellement pas du tout satisfaisante d’un point de vue philosophique). Donc, je profite de pleins de trucs gratuits sans rien donner en retour, « Je trahis », ou je donne un petit quelque chose sous une forme ou une autre, « Je coopère ».
    Bref, des pensées qui me traversent l’esprit en tapant sur mon clavier…

    • Effectivement, notre société se dirige plus vers des précaires-indépendants payés à la micro tâche que vers un salaire socialisé.
      Il me semble qu’il faut prendre du recul par rapport au cas des vidéastes et regarder ce que propose par exemple le réseau salariat et Bernard Friot sur le sujet. Tout travail producteur de valeurs reconnues par ses concitoyens (et non uniquement par le prisme du marché) devrait être rémunéré.

  44. Le petit truc qui me chagrine c’est le côté « vidéaste culturel » qui revient tout au long de l’article. A croire que seuls les vidéastes vulgarisateurs, qui délivrent de la connaissance auraient le « droit » d’accéder à de nouveaux modèles. J’aurais préféré le terme de « petites chaines ». Les mecs qui font de la fiction ou même du divertissement à petite échelle devraient-ils se voir priver d’alternatives car ils ne font pas partie de l’élite « vulga » ?

    Sinon les idées sont très bien hein ^_^

  45. J’aime bien l’idée de certains sites qui proposent les nouvelles vidéos gratuites pendant 7 jours puis payantes, ou l’inverse. Cela permet de se faire une idée de la chaine avec les anciennes vidéos (2nd cas) ou de devoir payer que pour voir les vidéos anciennes (1er cas). Cela permet de garder une certaine « gratuité » pour ceux qui n’ont pas les moyens de payer, même quelques euros. Je préfère le second cas (payant puis gratuit au bout d’un moment, à bien définir pour que cela ne soit pas trop pénalisant pour ceux qui ne peuvent pas payer tout en restant contraignant pour inciter à payer

  46. Bonjour,

    Le problème (aucunes attaques personnelles) , c’est que beaucoup de vidéastes découvre un petit peu internet et se révolte comme si tout étaient contre eux alors les problématiques sont rencontrées par bien d’autres personnes, notamment les webmasters.

    J’édite des sites depuis des années, et j’ai pris l’habitude de voir des mises à jour algorithmique me faire perdre du trafic et donc du CA , comme tu le dis l’algo est pas là pour faire plaisir aux créateurs de contenu mais aux utilisateurs. On l’a bien vu depuis longtemps sur Google avant Youtube et il n’a jamais été question de dire que Google doit être fait pour les webmaster. Non il est fait pour les utilisateurs. Youtube c’est pareil, il est pas fait pour faire plaisir aux petits créateurs de contenu, il est fait pour les utilisateurs avant tout. Je dois moi aussi exercer une profession à côté de mes sites pour vivre.

    Les problèmes des modèles économiques publicitaires sont les mêmes pour les sites internet, si on fait du contenu ciblé, bien que qualitatif, on ne peut pas avoir énormément de trafic ou faut se creuser la tête pour trouver un modèle économique différent (quand c’est possible).

    Bref j’aimerais bien que tout le monde puisse vivre de sa passion et de ses contributions convenablement mais ça a toujours été comme ça. Personne ne gagne au mérite (d’ailleurs ça demanderait à savoir calculer le mérite), c’est une question d’offre et de demande et c’est tout. Des fois on a l’impression que c’est facile pour tout le monde sauf ces pauvres youtubeurs… Des entrepreneurs qui galèrent à trouver leur modèle économique, à vivre de leur trucs malgré que ce soit super qualitatif, ça date pas de Youtube.

    Par ailleurs, si après avoir payé notre abonnement internet, on doit payer 0.05 centimes chaque vidéo sur youtube, il faudra aussi payer 0.05 centimes chaque pages web consulté sur internet pour le contenu qu’elle apporte (ou presque), pas de raison que ça profite qu’aux videastes.

    Bref, je comprends la problématique mais ce qui est agaçant (et encore une fois pas dirigé personnellement contre toi), c’est que lorsqu’on galère depuis des année à créer du contenu, trouver des business modèles, innover sans se plaindre en blamant le voisin ou google ou les gens qui veulent pas payer etc… et qu’on voit beaucoup de youtubeur râler parce qu’il considère que EUX mérite un salaire et que tout le monde doit s’organiser pour qu’il l’aient. Pourquoi eux spécifiquement ? Parfois, même souvent on a une passion qui n’est pas monétisable, et si on arrive déjà à en faire un complément de revenu c’est pas mal. Faut savoir se contente de ce qu’on arrive à avoir plutôt que de toute de suite dire : non mais moi je mérite un salaire total pour ce que je fais et c’est pas normal d’avoir moins. On est pas salarié on est entrepreneur, ça veux dire qu’on peut pas exiger un smic au minimum.

    Et pour l’histoire du vol, on ne peut pas donner quelque chose gratuitement à quelqu’un et lui reprocher de ne pas vouloir payer après, moi je regarde pas mal de contenu sur Youtube mais j’ai jamais forcé un vidéaste à le faire. Par exemple je supporte pas ceux qui explique dans ces vidéos qu’ils ont passé beaucoup de temps et investi beaucoup d’argent pour nous offrir du bon contenu etc… presque à nous faire culpabiliser, à un moment j’ai juste envie de dire « hey hey mec, je t’ai rien demandé moi, si tu le fais c’est que tu veux le faire non ? ». Si il le fait, il a ses raisons et si il veut arrêter de le faire qu’il le fasse. Et puis lorsqu’on peut se faire un complément de revenu avec la passion qu’on a en dehors du boulot c’est déjà pas mal !

    Juste un truc à ne pas oublier : la plupart des gens ont une passion qui leurs prenne du temps et en plus leurs font perdre de l’argent alors quand on arrive à avoir une passion qui arrondi les fin de mois, même si c’est pas un vrai salaire, bah on est plutôt privilégié, je me considère comme faisant parti des privilégiés même si évidement je préférerait vivre a 100% de ma passion.

    • Ce n’est pas faux avec toutefois une remarque : c’est bien une question d’offre et de demande mais il y a ce qui a de la valeur et ce qui n’en a pas. Plus précisément, si je suis passionné par … disons la cuisine, un simple curieux, même de cuisine, n’aura pas envie de payer car je ne lui apporterai rien ou pas quelque chose qui le motivera suffisamment, par contre ceux à qui j’apporterai quelque chose qui les intéresse (une recette nouvelle, un tour de main, des info spéciales, …), ceux-là accepteront de payer.

  47. Je suis assez pour la piste 3.
    D’abord, appartenir au service public ne fait pas des « portes-parole officiels de l’État ! (c’est même tout le contraire puisque les fonctionnaires sont le seul corps professionnel à avoir un devoir de neutralité pour servir tous les publics, sans exception).
    Ensuite, le service public à la télévision permet (certes de moins en moins mais quand même) de produire des émissions de qualité (« Des mots de minuit » d’abord sur France 2 puis sur le net maintenant, « Des racines et des ailes » sur France 3, « Le magazine de la santé » sur France 5, …)
    Comme forme, la plus pertinente me semble être celle du cinéma (exception culturelle). Ainsi c’est l’ensemble des films diffusés en France (en général les blockbusters) qui finance le cinéma français via divers mécanismes. Le législateur pourrait taxer Youtube ou les GAFA pour financer le contenu culturel français. Une plateforme de diffusion d’Etat pourrait même référencer ces vidéos en plus de Youtube et être un complément pédagogique pour les professeurs (ça va en plus dans le sens de l’école numérique).
    Enfin sur le principe, une des fonctions de l’État est justement de pallier aux défaillances du marché. Sur le plan du droit constitutionnel, cette subvention publique pourrait être justifiée sur le plan de l’accès à l’éducation, de la diversité culturelle et de la vie démocratique (les pulsions du clic ne font pas de bons citoyens…). Je pense d’ailleurs là au Youtubeur « Hugo Décrypte » qui est beaucoup intervenu pendant la campagne présidentielle. Il a été embauché par LCI (chaîne privé) mais il faisait œuvre de service public, notamment auprès des jeunes électeurs.

  48. Alors, je n’ai pas tout lu les commentaires, mais je pense que les 2/3 suffisent. Moi je verrais une solution « relativement » simple à mettre en place (et les guillemets sont le plus important dans ce que je vais dire). Légèrement augmenter la redevance audiovisuelle (un truc du style entre 3 et 5 %, c’est pas grand chose et les gens vont pas hurler au scandale comme ça), et on fait passer une partie de cette redevance aux Youtubeurs. Mais ça nécessiterait un recensement des vidéastes français (et pas l’intégralité des vidéastes francophones), de la durée moyenne de leurs vidéos, de leurs nombres d’abonnés, etc. Oui, sur le papier ça peut paraître chiant à manger des parpaings, mais dans la pratique ça me semble là encore « relativement » simple : dans la déclaration d’impôts, on rajoute une case « Vidéaste internet » (donc les copains de Dailymotion s’y retrouvent même s’ils sont bien moins nombreux), puis on nous demande notre pseudo, la plateforme sur laquelle on publie et le nombre estimé d’abonnés ; là un algorithme assez bidon compare le nombre d’abonnés estimés et le nombre réel juste pour vérifier si on dit pas de la merde. Et on aurait une réduction d’impôts pour les vidéastes, et la déclaration servirait à la redistribution de la portion de redevance audiovisuelle entre les différents vidéastes sur le sol français.

    Après, j’ai mis les guillemets parce qu’il y a toujours la place à la fraude, mais de nos jours, quel secteur en est-il protégé? C’est aussi « relativement » simple entre guillemets compte tenu des usines à gaz que les organismes gouvernementaux arrivent à nous pondre en terme d’algorithme (notamment un algorithme pour l’augmentation des salaires des profs mais qui bugue mystérieusement depuis quelques années).

    Enfin bref, ça reste une question épineuse, mais qui a le mérite d’avoir été soulevée.

    À bon entendeur, ciao!

  49. Hello David. Article plus qu’intéressant, cependant j’ai pas mal de réserves sur quelques notions de base que tu emploies pour initier le débat: les termes de « videos et videastes culturels ».
    Instinctivement, pour quelqu’un qui est un peu familier avec youtube on se représente vite quelque chose: des videos de vulgarisation scientifiques comme les tiennes, des sujets présentés de facon éducative etc. Cependant ce terme me semble vite dépassé.

    Ne serait-ce que dans son emploi: les videos presentes sur youtube sont elles autre chose que de la culture? Une video realisée en 20 minutes pour faire un top 20 des couleurs de handspinners a-t-elle moins de valeur culturelle qu’une video de 20 min sur la présentation d’un évènement méconnu de l’histoire? Que cela soit oui ou non, sur quelles bases comparer la valeur de l’une par rapport à celle de l’autre? Est-ce que l’on oppose les videos educatives à celles de divertissement? (bien que les deux ne soient pas mutuellement exclusives)

    De mon point de vue les limites de cette définition sont floues, et j’ai peur qu’en l’adoptant malgré tout, on ne vous taxe d’ « élitiste intellectuel », ou comme personnes faisant preuve de mépris à l’égard de video au contenu moins travaillé.

    Personnellement je préfère regarder des videos faisant réfléchir, donnant l’impression d’avoir appris quelque chose de nouveau en fermant l’onglet youtube. Mais je ne pense pas que cela soit le cas de tout le monde, on peut très bien apprécier des « let’s play » de 50h si la personnalité de la personne se metant en scène nous plait, nous fait rire, et qui contribue à sa manière à tout un univers culturel.

    Bref c’est pas facile comme sujet, et même si j’ai une vague idée des enjeux concernant les créateurs de « videos culturelles » (que ce soit d’un point de vue economique ou de liberté de création, de sujet traité etc.) , je me sens incapable pour l’instant d’établir des règles indiquant qui « mérite » plus qu’un autre d’être rémunéré pour son travail.

  50. Bonjour David, j’aime beaucoup ce que vous faites ^^

    (On pourrait aussi imaginer un modèle similaire au financement des cultes en Allemagne : le spectateur paie un abonnement illimité reversé au prorata de ce qu’il a effectivement visionné chez Untel et Untelautre. ça me semble psychologiquement plus acceptable).

    Quand même, on peut voir les choses comme un jeu à somme non nulle. Actuellement, les producteurs de contenus « valables » (jugement de valeur pour les besoins de la cause) gagnent des nèfles. Soit. Mais mettez en place un système de péage, quelle qu’en soit la forme : le modèle économique sera moins rentable pour tout le monde, y compris les producteurs de contenus « valables » qui ne gagneront toujours que des nèfles + voire – epsilon.

    Peut-être que le modèle youtube est le moins mauvais des modèles possibles actuellement ? Je ne suis pas loin de le penser. D’autant plus que les vidéos « culturelles » se veulent gratuites, dans la mesure où elles ne « servent » à rien.

    Mais c’est vrai que j’y penserai la prochaine fois que vous parlerez de tipi. Peut-être serai-je plus enclin à sortir ma CB. Parce que j’aime beaucoup ce que vous faites ^^

    • Hello

      Ce que vous dites est assez juste. Et malheureusement hyper triste: on considère que la culture ne « sert à rien »
      Parce qu’elle ne rapporte rien de physique. Elle ne se consomme pas comme une bouchée de big Mac.
      Et je crois que vous mettez le doigt sur LE problème. Le jour où on considérera que la culture est ce qu’on a de plus précieux parce qu elle est la base de notre savoir etre, de ce qui nous guide dans la vie, peut être qu’on acceptera plus facilement de payer pour elle. Mais c’est une idée très lointaine à l’encontre des valeurs capitalistes françaises 🙂
      Enfin je dis ca, ce n’est que mon avis :-))

  51. Bonjour, je suis tombé par hasard sur cet article plus qu’intéressant grâce à un lien twitter, et après avoir lu les commentaires j’ai bien envie de réagir sur la deuxième solution proposé !
    Sur le fond c’est une bonne idée pour aider tous ces vidéastes, mais sur la forme j’en vois certains qui oublient les jeunes, dont je fais partie (j’ai à peine 18 ans). Si Youtube devenait payant, beaucoup d’adolescents perdraient cet accès à la culture et aux divers contenus.
    En effet, beaucoup de parents (dont nous dépendons financièrement) refuseraient de payer un abonnement, aussi peu chère soit-il, étant donné que pour eux Youtube reste souvent un monde mystérieux qui se résume (grâce à la télé) à des vidéos d’humour ou de beauté. Et pour les plus modestes, ça resterait une dépense superflue.
    Enfin je ne sais pas si mes propos sont clairs, désolé !

    • En tant que prof au collège, je n’ai pas vraiment l’impression que les parents refusent de payer, par exemple des téléphones et un abonnement pour s’en servir. Tant qu’on parle de quelques euros par mois ça ne devrait pas poser de problème pour 80 % des ados.

  52. C’est marrant parce que justement je quitte Radio France cette saison (avec une chaîne YouTube culturel que j’ai envie de faire avancer) mais entre autres parce que je commence à trouver que la liberté éditoriale n’y existe plus tant.

    Mais pas parce que l’état contraint les éditorialistes. Non non ce sont les cadres dirigeant eux mêmes qui raisonnent selon des jugements d’images de la boîte, et sur des études qualitatives, et sur une logique de couts de production. C’est à dire qu’on va nous dire « ne parle pas de tel sujet c’est anxiogène, les gens vont zapper ». Ne fait pas un sujet de plus de 3 minutes, les gens vont zapper. Ne fais pas un reportage mais écris un papier ça coûte moins cher et puis de toutes façons les gens risquent de zapper.
    In fine la peur de faire qqchose d’engagé Ou de travaillé est si forte que les contenus s’appauvrissent. Et parallèlement l’entreprise s’enrichit car elle a ouvert le marché de la publicité sur certaines antennes. Il n’y a pas plus que la redevance qui finance. Et quand il y a partenariat avec une marque on est bien plus libre bizarrement de dire ce qu’on veut (sans dire du mal de la marque évidemment) car la marque finance le temps d’antenne. Et le temps de parole est vraiment devenu le nerf de la guerre de la créativité et de l’expression culturelle.

    Tout ça pour dire que même si le modèle économique n’est pas encore trouvé, je pense qu’une chaîne YouTube a tout à gagner si son souhait est de faire circuler des savoirs. Et personnellement je milite complètement pour des financements par les marques, en adéquation avec l’état d’esprit du videaste. Car au fond on est tous consommateurs qu’on le veuille ou non. Alors pk ce serait si Mal de se faire rémunérer par une marque qu’on consomme au profit d’un travail de qualité …

  53. Cette question est assez large et liée à d’autres transformations économiques actuelles à mon avis. Je suis assez d’accord avec l’analyse qui pour faire schématique dit : youtube devient la télé (et plutôt d’avis que la culture et l’éducation sont des besoins sociaux qui n’ont rien à faire dans le privé et que le service public devrait s’en occuper, ce qui est mieux pour tout le monde…). Mais là où il faut voir large et ne pas se restreindre à la question de la rentabilité pure et dure, c’est sur le rôle que peut avoir youtube, et avec lui facebook et tweeter.
    On est dans une période où la presse papier est en train de disparaître progressivement (ayant travaillé un peu dans l’industrie du livre ça se sent dans toutes les décisions économiques). Pas parce qu’elle est déficitaire. Le Figaro par exemple, a toujours été déficitaire et c’est Dassault qui investit de l’argent dedans à hauteur de 40M€ par an il me semble. Et le processus en cours vise à faire basculer tout le traitement médiatique sur internet. Donc pour une bonne partie youtube, facebook, tweeter + des sites « pro » d’info. Je trouve au moins deux raisons à ça : le temps de l’info unique et monolithique est terminé depuis les années 90 au moins (2000 dans le pire des cas) ce qui fait que la télévision et les journaux papiers édictant une même analyse et une même vision de la société et du monde, et rapportant les mêmes évènements ou a peu de détails près, c’est également plus possible dans le monde actuel. La deuxième c’est que le support offre plus d’opportunités pour vendre des choses à des gens, ou pour les convaincre d’une idée.

    Pour résumer c’est l’évolution technique qui veut ça. Mais du coup pour ce qui est des youtubers, c’est une contradiction retrouvée chez un certain nombre d’auto-entrepreneurs qui se retrouve exprimée ici. Techniquement tu travaille pour youtube (qui gagne des sous sur les publicités que tu mets en valeur, en mettant en action leurs serveurs, bande passante, etc) qui ne participe pas au processus de production, mais d’un autre côté tu possède tout une partie de ton outil de travail (parce que, que ça soit ton emploi ou pas, ça reste du travail). Mais ne pas déclarer les choses de cette façon permet aussi beaucoup plus de liberté à youtube, comme par exemple pour décider.. d’une baisse de salaire sur les revenus des youtubers. C’est même particulièrement utile pour empécher l’action collective et pour réaliser que si les gens qui produisent le contenu ne sont plus mis dans des bonnes conditions pour le faire, ils peuvent tout aussi bien décider d’arretter et on verra bien alors si youtube n’est « qu’une plateforme ». En réalité celà fait un moment qu’il joue le rôle d’un média mais avec une structuration légale éclatée et des rapports de production biasés entre les différents acteurs.

    Ce qui, pour en venir à la fin, amène quelques réflections : dans certaines boites tous les employés sont en fait en auto-entreprenariat, mais en certains endroit ils ont fait reconnaitre leur qualité de salarié ce qui change les rapports.
    Effectivement, une bonne partie des youtubeurs francophones de vulgarisation, de science, de culture, etc, effectuent une mission dont le service public pourrait (et devrait) se saisir. Mais au même titre que toutes les associations qui prennent le relais là où les mécanismes du service public ont été détruit et sabotés de l’intérieur progressivement ces 30 dernières années.
    Mais au final, le problème général avec les média, c’est le profit. Pas celui qu’ils font parce que clairement la plupart font pas énormément de bénéfices (on va mettre fb de côté !), mais celui qu’ils servent. Quand tu dis « A qui profite le crime ? Aux spectateurs » je vois où tu veux en venir mais c’est négliger l’usage que peut avoir par exemple google de youtube, à savoir la possibilité effective de posséder un des plus importants monopoles de l’information, de la culture, du mass-média au monde. Y’a un moment où il me semble avoir compris que selon toi, l’algorithme induit une sorte de darwinisme et d’auto optimisation des vidéos selon des critères de rentabilité. C’est vrai, par contre la question de la censure pointe de plus en plus le bout de son nez sur youtube. On le voit moins en France parce que la communauté youtube française (celle qui a beaucoup de vues en tout cas) fait peu de politique. Par contre aux Etats Unis ça s’est pas mal développé des chaines qui parlaient de politique (avec apparemment des points de vue critiques sur l’actualité, le gouvernement, etc etc, mais ça j’en connaît pas les détails) et il y a eu des attaques contre ça. Parce qu’il y a un enjeu idéologique, politique, économique, et pour en revenir là c’est la raison qui fait que dassault injecte ses millions dans le figaro, ça fait un relais de l’idéologie patronale en plus !

    Bon je m’excuse si la forme n’est pas propre dans ce message mais j’ai un peu réfléchi sur certains points en l’écrivant.. En tous cas la situation est peut être en train de se transformer vis à vis de qu’est-ce qu’est youtube

  54. Bonjour,
    Excusez moi pour la remarque qui suit, c’est peut-être un peu décalé. J’ai voulu (« l’enfer est pavé de bonnes intentions ») verser quelque chose par Tipeee, mais il faut donner tout de sorte de renseignements, j’ai abandonné.
    Verser quelque chose pour voir, oui pour moi pas de soucis, mais pas d’abonnement, je n’aime pas se « sentiment d’obligation » :-).
    Merci, j’aurais du commencer par là et continuez, c’est toujours un plaisir.
    Michel

  55. Hello,

    Pour moi, la solution la plus intéressante est la n°2. En effet, si on me demandait par exemple aujourd’hui combien je suis prêt à mettre par mois pour financer des vidéastes qui me plaisent, je répondrai probablement quelque chose entre 10 et 15€. Et je pense que je ne suis pas le seul vu que Tipeee fonctionne (relativement bien, c’est un autre débat).

    Il y a quand même des problèmes avec Tipee :
    – Pas de possibilité de mettre moins d’un euro
    – Pas de lien entre contenu visionné / somme versée à moins de micro-manager soi même les tips (ce qui peut devenir hyper laborieux si on veut aider plusieurs vidéastes)
    – Le côté mensuel c’est bizarre (ca revient un peu mon point 2)

    La solution de faire du contenu payant a aussi des problèmes. Entre autres :
    – Certaines personnes (étudiants / jeunes / …) perdent l’accès à certains contenus, ce qui est contre productif. Je trouve fondamental et génial que ces contenus de haute qualité restent accessibles au plus grand nombre
    – On voit le contenu APRÈS avoir payé, et du coup on perd le côté « je récompense les vidéastes qui font du contenu que j’aime » qui est quand même plus sympa à mon avis qu’une logique pécunière offre/demande.

    Du coup, j’imagine un genre de solution à ca qui repose sur le principe suivant :
    – Payer les producteurs de contenu =/= contenu payant
    – Payer en rapport avec le contenu consommer est un principe intéressant qui à mon avis fait moins peur que donner un montant arbitraire à une personne.

    Tipeee résoud le premier point mais pas le second (et est peu pratique), et faire du contenu payant n’est pas cool pour les raisons déjà évoquées.

    La solution serait la suivante : Une plateforme centrale sur laquelle sont présents les youtubeurs. Les utilisateurs, eux, utilisent cette plateforme pour coordonner leurs donations. Ils mettent de l’argent en avance ou choisissent d’être prélevés plus tard, à leur convenance.
    Ensuite, ils visionnent leurs vidéos sur Youtube comme à leur habitude (IMPORTANT : le contenu reste gratuit, et ca reste youtube donc aucune concession sur le confort et le service rendu). Une extension navigateur (ou autre système) enregistre les minutes visionnées (uniquement sur les youtubeurs choisis par l’utilisateur evidemment) et va reverser les sous de l’utilisateur en proportion aux créateurs.

    Du coup
    –> Je rémunère les créateurs AUTOMATIQUEMENT en fonction de ce que je visionne (la plateforme fait des calculs pour moi)
    –> Tout est centralisé. Si je découvre un autre créateur un jour et que ca me plait, j’ai pas besoin d’aller modifier tous mes dons Tipeee pour ensuite en rajouter un sans augmenter mon budget
    –> Une communauté / synergie se crée entre les youtubeurs (qui a mon avis existe déjà sur d’autres points, Dis moi si je me trompe) puisque si un youtubeur envoie quelqu’un sur cette plateforme, il va potentiellement créer un petit revenu supplémentaire à un autre youtubeur en plus de lui. Chaque youtubeur a intérêt à aider les autres à produire du bon contenu, pour que plus de gens arrivent sur la plateforme via d’autres youtubeurs, et ainsi se rapporter des sous, etc…

    Au dela de l’aspect pratique, je vois ca comme un moyen de simplifier le process au maximum, de le rendre moins onéreux pour l’utilisateur, de façon a en attirer plus ou a briser les barrières psychologiques de certains. Certes, un utilisateur individuel donera probablement moins à un vidéaste en particulier que sur tipeee, mais je pense que la somme totale versée à la communauté peut être supérieure. Et bien evidemment, ce système ne serait en aucun cas un potentiel remplacement de Tipeee ou autre système.

    Bref, c’est une idée que je trouve cool, n’hésitez pas à me dire s’il y a des choses auquelles je n’ai pas pensé… Ca me donne presque envie de me lancer pour tester ça !

    En tout cas merci pour cet article, il fait réfléchir et c’est hyper intéressant.

  56. 1ères questions à se poser : quelles sont les parties prenantes ? 1 quels sont leurs objectifs ? 2 qu’attendent-ils comme bénéfices ? 3 quels sont leurs problèmes (souffrances) avec la situation actuelle ?
    Sans pousser trop en détail on peut distinguer :
    LES VIDEASTES/VULGARISATEURS : 1 produire du contenu 2 une juste rémunération (au temps de vue) 3 la gratuité quasi-totale sur Youtube
    LES POUVOIRS PUBLICS : 1 Profiter du net pour éduquer, former cultiver 2 des contenus « pas chers » qui complètent leurs actions en matière d’éducation, culture 3 la non sélection des contenus sur Youtube, la puissance de ce media étranger.
    LES ANNONCEURS 1 placer leurs produits et pour certains cultiver leur image « socialement responsable » 2 des video de vulgarisation en « synergie » avec leurs objectifs 3 la faible maitrise de leur association à tel ou tel videaste
    LA PLATEFORME (Youtube ou une autre) 1 La vente d’espace ou d’abonnement (cf youtube red) 2 le traffic 3 les bloqueurs de pub, les video non monétisées
    LES SPECTATEURS 1 voir du contenu de qualité 2 ne pas payer pour la plupart ou bien seulement pour du contenu « top » et de manière « indolore » (ne pas devoir sortir sa CB à chaque video) 3 pour certains ne pas subir la pub avant.
    LES MECENES Personne physiques (on peut mettre dans cette catégorie les tipeurs) 1 apporter leur contribution sociétale personnelle 2 soutenir des videastes qui leur plaisent 3 ce mécénat ne bénéficie pas de la déductibilité fiscale
    LES MECENES Personnes morales 1 apporter leur contribution sociétale 2 soutenir des videastes qui leur plaisent 3 ce mécénat ne bénéficie pas de la déductibilité fiscale
    LES SPONSORS Personnes morales 1 placer leurs produits et pour certains cultiver leur image « socialement responsable » 2 s’associer à un videaste ou une video 3 aujourd’hui la démarche n’est pas simple si on veut être très ciblé (sauf à financer directement une video, mais ce sont dans ce cas des sociétés de réalisation plus que des videastes/vulgarisateurs qui le leur proposent

    2ème question : quels sont les modèles économiques qui fonctionnent dans des métiers ou produits proches
    Les « syndicats professionnels » qui ont exercé leur lobbying depuis longtemps : la SACEM qui regroupe les auteurs et éditeurs de musique et perçoit pour eux les droits d’auteur (auprès des producteurs de spectacles comme auprès des diffuseurs à titre gratuit tv,radio, cafés.. et les redistribue en partie – la PRESSE et le LIVRE qui ont négocié une TVA très réduite auprès du public et des frais de livraison postale minimes – le CINEMA français qui perçoit une part des billets pour financer les « petits films » et a obtenu une déductibilité fiscale pour ceux qui préfinancent les films (sofica)
    Sur le web le modèle Freemium : une part du contenu est gratuite, il faut s’abonner pour avoir le reste du contenu ou payer à l’unité des achats complémentaires) : ex mediapart , polonytv, beaucoup d’applications, de jeux ou de logiciels sont aussi selon ce modèle freemium
    Les associations qui ne vivent que des dons, des subventions et du mécénat (des Restos du Cœur à Réseau Entreprendre par exemple)
    Le financement participatif des projets (ULULE, Tipeee …)
    Aux USA Youtube a lancé YoutubeRed, sans publicité, avec accès payant et rémunération des auteurs au temps de vue (à vérifier)

    Stratégies possibles
    Il me semble donc qu’il existe 2 stratégies possibles :
    • Le modèle où les spectateurs payent pour voir du contenu (une société du type Sacem fait payer le visionnage sur la plateforme)
    • Le modèle où les pouvoirs publics subventionnent (directement ou indirectement) la production des vidéos (ce qui leur donne un droit de regard et exclut à mon avis le paiement des videastes au temps de vue – car commercial – mais permet peut-être une indemnisation du videaste à la video)
    Dans les 2 cas je pense qu’une association des videastes doit piloter le dispositif. Un inventaire des videastes prêts à participer (pour mesurer la force du lobby) est à faire

  57. C’est bien ce que je pensais : un savoir réservé aux riches !
    Qui est capable de donner 15€ par mois ou même moins ?
    Des gamins qui se baladent sur la toile et chopent par hasard un truc scientoche intéressant qui les fera aimer et peut-être s’orienter vers autre chose que le foot ou le smartphone ?
    ou alors,
    A une armée de bobos nantis ?

    Je n’en démords pas : « tu as un savoir et tu as envie (pour tes raisons perso), de le communiquer : tu youtubises !
    T’as plus envie : tu te casses en ayant fait du bien à toi et aux autres !
    Le net est gigantesque et la concurrence est du même ordre.

    DONNER le savoir !!! et surtout à ceux pour qui ce n’est pas évident, ni par la thune, ni par le contexte social/familial !
    et puis…entre nous, faire payer, c’est diviser la fréquentation du site par deux ou plus : je suis prêt à parier…

  58. Pingback: FAQ – juillet 2017 | Monsieur Phi

  59. Bonjour,
    J’avoue ne pas avoir lu tous les commentaires donc je ne sais pas si cela a déjà été proposé mais, par rapport à la solution n°2, on pourrait imaginer une sorte de « porte-feuille » plutôt qu’un abonnement.
    Les vidéastes et autres fournisseurs de contenu sur youtube pourraient décider si la vidéo est payante (au tarif unique de 0.5 cent/min comme tu l’as proposé) ou gratuite. Ensuite, au spectateur de décider s’il regarde ou non.
    Pour quelqu’un qui consomme modérément des vidéos telles que les tiennes ou celles de nota bene et consort (en moyenne 45min/jour)*, ça me ferait :
    0.5*45*30.5=686.25 CENT/mois … ~7€/mois … Je dis oui. Et si il me faut plus, je remet de l’argent sur mon « porte-feuille » numérique.
    Par contre, si je veux revoir un épisode déjà visionné, ça me coûterait de repayer :-p .. Haha.

    Bref plein de bonnes pistes ! et quelle que soit la choisie, je soutiendrai parce que ce que vous faites m’enrichit tous les jours !

    *oui, bon, c’est peut-être pas si modéré que ça mais ça reste mieux que de regarder la télééé.

  60. nolife a lancé noco.tv avec possibilité de s’abonner à des catalogues, il y a quelques temps déjà.

    La société survit difficilement mais vous (youtubeurs culturels) auriez peut-être intérêt à essayer de discuter avec eux pour voir s’il peut en ressortir quelque chose.

  61. et pourquoi pas des « like payants » c’est à dire un nouveau bouton « like » avec un signe « $ » à côté qui provoquerais un « tip » de quelques centimes.
    Les gens qui le souhaitent pourraient recharger leur compte avec quelques euros à distribuer aux vidéos qu’ils ont aimé

    • Ça c’est une bonne idée mais qui likerait payant ? Quand on a le choix entre le gratuit et le payant pour le même service qui veut bien payer ? Je ne suis pas sûr que ce serait un bon moyen pour les vidéastes de gagner beaucoup d’argent et pourtant l’idée est bonne.

  62. Franchement je ne suis pas prêt de payer pour voir des vidéos . Je sais bien que c’est du travail pour ceux qui les créent mais n’est ce pas aussi et surtout du plaisir? Le plaisir de contribuer à cultiver les gens comme moi qui n’ouvrent jamais un livre de science. La culture devrait être gratuite et accessible pour tout. Si on fait ca pour l’argent, alors il y a quelque chose de malsain . Ca devrait être pour vous un hobby et pas un travail. Vous avez un coup de mou? Ne postez plus de vidéos et reprenez quand vous voulez. Personne ne vous en tiendra rigueur.

    • Soutiendrais-tu qu’un travail mérite salaire uniquement s’il est pénible et/ou qu’il n’apporte rien à personne ?
      Un professeur, un jardinier, ou un comptable qui aime son travail ne doit-il pas être payé ?

      • Il ne doit pas être payé s’il décide de lui même de se pointer dans mon jardin alors que je ne lui ai rien demandé. S’il arrête je ne lui en tiendrais pas rigueur, si j’ai envie de le récompenser je le fais. Par contre, qu’il me réclame (par des discours moralisateurs comme c’est fréquent de nos jours) de l’argent alors que je pouvais très bien faire sans lui c’est pousser le bouchon un peu loin.
        Personne ne force qui que ce soit à faire des vidéos et je crois que beaucoup oublient que YouTube n’est absolument pas obligé de reverser quoi que ce soit au vidéastes.

        Que les vidéastes alertent sur leurs conditions financières très précaires pour certains, OK. Qu’ils suggèrent des dons, OK pas de soucis. Que autres nous fassent nous sentir coupables de regarder leur vidéos sans payer, c’est pousser le bouchon loin.

  63. faudrait creer une association dédie a financer votre contenu financer par: des dons participatifs – des financements etatiques pour les associations – et des placements de produit conclus par l’association avec des annonceurs ( model américain pbs )

  64. C’est l’éternel problème de la culture, personne ne veut payer pour elle. Mais la vraie culture. Alors que là, je suis déçu de constater que les Youtubeurs sont de moins en moins indépendants, l’ont-il jamais été d’ailleurs ? Primum non nocere, Un peu pointu et Asclépios, font la propagande des vaccins, par exemple. Vous n’avez qu’à demander du fric aux labos ! Ou bien, adressez-vous à madame Buzyn ! Astronogeek et Hygiène mentale, font eux la propagande du gouvernement, avec leur soutien pour Les décodeurs du Monde. Vous n’avez qu’à leur demander du fric ! C’est facile de se faire passer pour indépendant quand on travaille pour des milliardaires. Et si vous le faites gratos, alors vous êtes des p… ou des idiots utiles !

  65. Tout d’abord bravo pour votre chaîne, que je trouve de très grande qualité !

    Dans ce billet-ci, il me semble toutefois apercevoir une GROSSE lacune que plusieurs commentaires (Montoya, Didier Grabuge, Captain_D0…) ont relevée : vous ne définissez pas ce que vous appelez « vidéo culturelle », « contenu de qualité », etc. Ce n’est pas un oubli : c’est juste que c’est impossible. À mon avis ça invalide totalement la piste 3 telle quelle : aucun algorithme, aucune définition légale ne peut discerner **objectivement** la qualité culturelle d’une vidéo (ou de tout autre support), donc si l’état doit soutenir la culture sur internet il ne pourra le faire que de façon extrêmement large, diffuse et presque sans discernement.

    C’est comme cela que la TVA réduite s’applique à votre livre autant qu’à n’importe quel autre livre, quel que soit son contenu.

    Si on regarde du côté de la télé il semble que la solution à laquelle on est arrivée est que l’état ou l’Europe finance UNE chaîne culturelle, identifiée comme telle (je suis sûr que vous verrez tout de suite à laquelle je pense). Bien sûr des émissions cutlurelles peuvent trouver leur place sur d’autres chaînes, mais il n’y a qu’une chaîne qui s’y consacre exclusivement. De même il y a en France UNE radio culturelle d’état et une seule, parfaitement identifiée. MAIS ce qui assure la qualité de leurs émissions, ce n’est pas l’état : c’est un direction éditoriale, subjective et faillible mais avant tout humaine, que le financement public a libéré des impératifs commerciaux.

    On n’en est pas là pour internet, et on ne le sera pas avant un moment je crois. Mais plusieurs commentaires ont aussi évoqué des issues possibles qui reviennent un peu au même : les vidéastes culturels, et plus précisément ceux qui fabriquent des contenus éducatifs de haut niveau (vulgarisation…) étant relativement peu nombreux, pourquoi ne se regrouperaient-ils pas au sein d’une structure commune ayant une ligne éditoriale claire, une identité bien marquée (logo, site web, statuts, etc) et une visibilité lui permettant de démarcher des sponsors ou mécènes, publics ou privés, pour financer ses productions ?

    Ce serait quelque chose d’intermédiaire entre une revue (comme il y en a plein en art, sciences humaines ou sciences dures) et une chaine radio ou télé. Le revers de la médaille est que tous les candidats à la réalisation de vidéos culturelles ne pourraient pas faire automatiquement partie de cette « revue », quel que soit leur talent. Mais il leur serait toujours possible de publier comme aujourd’hui en free-lance, et d’obtenir plus tard une « part d’antenne » voire une « émission » quand ils auront atteint une certaine notoriété : le but ne serait pas de lancer de nouveaux débutants mais d’assurer une plus grande pérennité, et peut-être un peu plus de visibilité (pas juste sur youtube mais bien en dehors du net, dans la société).

  66. PS : Le site web (et association loi 1901) « café des sciences », que je viens de découvrir, ressemble assez à ce que pourrait être la structure dont je parlais, au moins pour les sciences.

  67. Salut David, billet très intéressant !
    Voici une idée de modèle économique conçu en réponse aux abonnements de streaming audio illimités : https://resonate.is/stream2own/

    Les modes de consommation de la musique et de la vidéo ne sont évidement pas les mêmes, mais il y a certainement matière à s’inspirer.

  68. Pour moi, c’est très clair, youtube doit devenir payant. Beaucoup d’internautes sont prêts à payer des abonnements mensuels à des hébergeurs pour bénéficier de films, séries, musiques, livres, etc. Sans parler de la légalité de la chose, ça fonctionne de par la loi de l’offre et de la demande. Madame réclame la dernière série à la mode, les enfants réclament leurs films Disney, d’animation, et Monsieur aime aussi le contenu « offert ». Il y a une offre énorme et une demande énorme ! Donc, ça marche, on est prêt à sortir un peu son porte monnaie. Youtube propose un contenu gigantesque également très demandé par toute la famille, et même par les célibataires. Donc si youtube propose des abonnements (p ex mensuels / annuels) à bon prix. Ça ne peut QUE marcher. Et en contrepartie, youtube se déleste de la pub. Et avec cet argent, on fait quoi ? On rémunère les vidéastes au prorata du nombre de vues. Plus il y a de vues, plus ce contenu intéresse le public et donc, c’est statistiquement pour ces vidéastes très populaires qu’on s’offre un abonnement. En somme, l’argent des abonnements doit revenir à ceux qui motivent le plus les gens à payer l’abonnement. On peut aussi imaginer un YouTube version gratuite blindé de pubs imbloquables ! Et voilà ! 😉

  69. Et pourquoi ne pas vous (vidéastes) verser une partie de notre redevance audiovisuelle?(si ce n’est pas déjà le cas…?)
    Perso, je n’allume ma télé que pour garder mes DVD et j’ai pas de radio dans la voiture. Quand je vois le contenu proposé, je suis dégoûtée, voir choquée, de ce que la télé nous propose, même avec toutes les chaînes proposées! Entre la Télé réalité manipulée, les journaux d’informations qui cherchent plus à faire du sensationnel ou du sentimental que de l’information, sans compter leurs interprétations parfois alambiquées (surtout quand ils citent des chiffres, des statistiques, alors là ils sont très forts!), les pseudo reportages documentaires qui se conclu par un joli « c’est la faute des aliens! »…. Alors si… on peut trouver du divertissement de qualité, des reportages plutôt sérieux à la télé. Je trouve la même chose sur Youtube avec énormément de chaînes de qualité qui mériteraient TELLEMENT plus que je leur redistribue mes 140€ de redevance (que je paye juste parce que j’ai une télé chez moi alors que je n’ai même pas pris la peine de la brancher sur une prise de réception…).
    Bref, peut être faudrait-il que vous, vidéastes, preniez en compte le faite que Youtube n’est certainement pas une finalité en soit. Pourquoi ne pas créer votre propre structure où vous proposez au spectateur de vous financer directement par le système d’un abonnement comme tu le précisais dans ton post. Je pense qu’une bonne partie de la communauté serait prête à franchir le pas d’une rémunération par abonnement, surtout que beaucoup passent déjà par Tipee pour aider un peu (même si j’avoue qu’il n’est pas facile de donner à tout le monde et devoir faire un choix n’est pas vraiment le plus simple. au moins avec un abonnement, je ne choisis pas, c’est programmé à l’avance).
    Conclusion: faut que je revende ma télé pour arrêter de payer la redevance!

  70. Tout d’abord bonjour, et merci pour votre travail.

    J’ai découvert votre chaîne il y a peu et je dois bien avouer que je suis fan de vos prestations.
    Aussi, après avoir lu ce billet je me devais d’y participer.

    Déjà, comprenez (vous le savez) qu’en tant que personnage lambda, je paie un abonnement réseau afin de profiter du net.
    Ce n’est donc pas totalement gratuit.
    Certes, je n’écris pas cela dans le but de vous reprendre mais il me semblait nécessaire de le préciser.

    Comme vous le mentionnez, aucun revenu (ou presque) ne vous est versé pour vos activités sur le web.

    – Pourquoi ne pas créer un blog/chaîne privé avec abonnement (ou autre) afin d’y percevoir une quelconque rémunération ?
    Suivant vos tarifs, je me ferai une joie d’y souscrire.
    Vous pourriez ne poster sur YouTube qu’une partie de vos vidéos/billets en guise « d’entrée », avec l’espoir d’attirer les consommateurs que nous sommes dans une étude plus aboutie mais payante de vos sujets.
    (Formule employée par beaucoup de sites spécialisés dans la presse)

    – Les pubs éjectables au terme de 5 sec seraient aussi un choix judicieux.
    Elles peuvent intéresser ou être zappées assez facilement tout en garantissant un minimum de revenu.

    Il y a certainement d’autres méthodes, mais pour la plupart, elles entrent en conflits avec ma consommation.
    Inutile d’argumenter le fait que, chez les fournisseurs d’accès, YouTube ne doit surtout pas faire partie d’une quelque « option supplémentaire payante » que ce soit.
    La toile doit et devrait toujours rester épurée de ce genre système (à mon humble avis).

    En vous remerciant encore une fois pour votre travail, je vous souhaite bon courage dans votre démarche 🙂

  71. Après avoir visionné quelques-unes de ces vidéos, ma conclusion est claire. Il n’y a pas à payer pour ces chaînes pseudo-scientifiques ou pseudo-culturelles qui n’ont aucune indépendance, donc aucune qualité. Comme sur les disques où on voyait le petit chien près du phonogramme, elles sont la « voix de leur maître » (employeur, gouvernement, labos…). Le mieux serait qu’elles disparaissent, ce qui apparemment devrait bientôt arriver faute d’argent. Là où vous voyez un problème, je vois une solution !

  72. une piste également, qui repond autant aux youtubeur qu’aux artistes et finalement à tous, c’est la socialisation totale du PIB et l’instauration corollaire d’un salaire à vie, la reussite professionnelle d’un blog ou d’une chaine en ligne pouvant integrer les criteres de validation de la montée en salaire. Bref, je renvoie à reseau_salariat et les videos (pas top sur la forme, mais excellentes sur le contenu) de Bernard Friot.

  73. Bonjour,

    Sujet au combien intéressant et sensible…
    J’ai deux points à vous faire part.

    1) La pub, ce n’est pas bien.

    Au-delà du fait que la pub n’est pas gratuite; c’est-à-dire que si la pub paye les vidéos, alors c’est que le produit dont la pub fait la réclame est vendu plus cher. Sans pub, les produits seraient moins chers… et pas qu’un peu !

    Mais, le fond du problème est que l’objectif de la pub est de créer des besoins inutiles, c’est même sa raison d’être. En effet, les publicitaires ne sont pas des philanthropes, si leurs produits se vendaient sans pub, ils n’en feraient pas.
    Tu regrettes que l’on ne soit pas des homo economicus « rationnels »; mais la pub est justement là pour que l’on soit des homo economicus « irrationnels »; les ressorts de la pub font appel à la psychologie, à l’inconscient et à plein d’autres choses supers intéressants… mais dans le seul but de nous manipuler consciemment ou inconsciemment.

    On peut faire de la pub, mais alors gratuitement pour promouvoir des trucs auxquels on adhère pleinement et/ou qui sont peu connus.

    Ce sujet est un débat a part entière, mais s’il vous plaît, Youtubers culturels ne tombez dans ce piège (c’est Faust qui vend son âme au diable)… il est très difficile de faire machine arrière (regardez la presse et les media mainstreem, écoutez ce qu’est devenu France Inter).

    2) Pour une monnaie culturelle… et libre

    La solution qui me parait la plus simple et éthique est que le spectateur paye. Mais il y a 2 difficultés : 1- il faut éduquer le spectateur à ce genre de pratique. 2- il faut que ce soit très simple pour le spectateur.
    Comme pour les spectacles vivants, le plus simple serait un petit icône du style « participation libre mais nécessaire » (comme un like), en cliquant, on fait un dong de 5 centimes à 5 euros.
    Pour cela, il est possible de créer une monnaie virtuelle culturelle. Comme dans certains festivals, on achète sur un site pour 10, 20 euros de cette monnaie et à chaque click le site se charge de transmettre l’argent. Les problèmes techniques (création et mise en place d’un tel système) ne me semblent pas si importants. La seule chose qui est critique dans la création d’une monnaie est son indépendance, car les dérives spéculatives et autres sont inévitables si on n’y pense pas dès le début.

    Peu être que Tipee peut faire cela, mais je ne connais pas leur éthique et leur structure. Si leur éthique est bonne aujourd’hui, demain qu’en sera t-il ? Les boîtes du web comme BlablaCar, paypal… ont montré l’exemple à pas suivre. Il faut au moins du logiciel libre (pas de barrière à l’entrée), une structure à but non-lucratif (de type association), et une structure qui garentie la démocratie des prises de décision à long terme. Il faut p’être voir du côté de framasoft. Les créateurs culturels, vous, les youtubers, pourraient garder la main sur cette monnaie ou au contraire l’ouvrir à tous les spectateur, une monnaie coopérative ?

    En tout cas, cela serait une expérience alternative intéressante.

    Bien à vous,
    alex

  74. Bonjour.

    Je pense que la question du financement est une question fondamentale, et malheureusement pas spécifique aux vidéastes scientifiques, ni même aux vidéastes.

    La publicité me semble en système en bout de course (les gens cliquent de moins en moins, recrudescence des bloqueurs de pub…) Il me semble qu’un système alternatif viendra nécessairement.

    J’avais cherché il y a quelques années, pour un projet création d’entreprise une solution à ce problème. J’avais pensé à un concept, loin d’être idéal mais qui me semble-t-il, allait dans le bon sens. Tu trouveras ci-dessous un résumé de l’idée (désolé pour le pavé).
    Je tiens par ailleurs à dire que je trouve tes vidéos excellentes, j’y trouve mon compte en tant que doctorant en informatique théorique et j’ai des amis qui n’ont aucune formation scientifique et qui arrivent à comprendre l’immense majorité du contenu. Merci pour ce blog et ces vidéos assurément d’intérêt général.

    Résumé de l’idée

    Pour accéder à notre service, l’utilisateur doit s’abonner (env. 3€/mois). Les sites web qui respectent notre protocole s’engagent alors à ne pas mettre de publicité à nos abonnés. En contrepartie, env. 90% des revenus générés par l’abonnement sont redistribués aux sites. Nous conservons le reste pour nos frais personnels.
    La redistribution aux sites web peut être faite en fonction du nombre d’utilisateurs journalier du site. Nous pouvons aussi valoriser les sites (ex +50%) qui s’engagent à ne pas conserver plus de données sur l’utilisateur que le minimum légal, ainsi que les sites dont le contenu est jugé de grande qualité.
    Idée de réalisation technique

    Les sites web qui utilisent notre service doivent simplement ajouter à chaque page une fonction JS. Cette fonction récupérera l’identité du client (à l’aide d’une signature électronique) et les transmettra à nos serveurs. Nous pourrons alors incrémenter le compteur de visite à la première visite journalière du site.
    Nous contrôlerons périodiquement les sites web en simulant la connexion de clients et en vérifiant qu’aucune publicité n’est présente.

    Pourquoi ça peut marcher ?

    Du point de vue client
    • Assurance d’absence de publicité
    • Facile à installer (plugin Firefox, Chrome…)
    • Protection de la vie privée
    • Engagement actif pour un internet meilleur
    • Plus performant qu’un bloqueur de pub
    o Les bloqueurs de pubs ne sont pas infaillibles
    o Les pubs sont quand même transférées sur le réseau donc plus lourd
    o Le bloqueur de pub consomme lui aussi des ressources
    o Des bloqueurs de bloqueurs de pub arrivent
    • Site plus léger (la pub c’est lourd). Moins d’utilisation réseau
    Du point de vue serveur
    • Modèle rentable
    • Très simple à mettre en place.
    • Ne change pas l’expérience d’utilisation des non-abonnés
    • Site plus esthétique. La publicité c’est moche voire gênant (ex. grow your duck…)
    • Meilleure image (site engagé)
    • Site plus léger (la pub c’est lourd). Moins d’utilisation réseau
    De notre point de vue
    • Pas besoin de gros investissement ni de grosses infrastructures
    • Peu de projet concurrents (la pub à un quasi-monopole du financement du web)
    • Système potentiellement rentable et améliorable

    Quel public est visé ?

    Utilisateurs d’internet lassés de la publicité ; voulant un modèle web plus solidaire, plus juste ; utilisateurs de bloqueurs de publicité ; utilisateurs avec une faible connexion…
    Tous type de sites internet, de toute taille (intégration simplissime).
    Difficultés éventuelles
    • Il faut convaincre les différents acteurs de rejoindre notre modèle
    • Bien que moins efficaces, les bloqueurs de pubs sont suffisants pour de nombreux utilisateurs
    • Impossibilité de communiquer notre solution avec la pub (ça serait la négation du modèle…)

    Merci de m’avoir lu.

  75. Je ne croyais plus au prêt d’argent car toutes les banques rejetaient mon dossier; en effet j’étais fiché par ma banque. Mais un jour une amie m’a conseillé une organisation qui accorde les prêts entre particuliers dont elle m’a donné l’e-mail. J’ai tenté le coup avec lui en lui adressant un mail puis ça a marché. J’ai eu la bonne personne un honnête prêteur particulier que je cherchais depuis des années. J’ai obtenu mon prêt de 45000€ qui me permet de bien vivre actuellement et je paye régulièrement mes mensualités. Vous pouvez la contacter si vous êtes dans le besoin d’un prêt pour diverses raisons personnelles. Deux de mes collègues ont également reçu des prêts sans aucune difficulté.
    Voici son E-mail: chantal-petit-jean@outlook.fr

  76. Et le système de Flattr? Où chaque internaute allouerait une somme par mois (mettons 5 ou 10 euros) qui serait automatiquement répartie à la fin de chaque moi sur les différentes vidéo et sites qu’il a fréquenté?

    Pour le moment c’est encore très petit mais si cette communauté se développait peut-être qu’on réglerait le problème?

  77. J’adore cette chaîne YouTube, honnêtement je trouve que toutes les vidéos sont intéressantes et reflètent une grande culture de votre part. Mais j’ai l’impression que votre raisonnement économique a quelques lacunes lorsque vous dites « Si les vidéastes produisent du contenu sans arriver à toucher l’argent pour le faire, c’est que quelqu’un le leur vole, d’une façon ou d’une autre. Et qui à votre avis ? »
    Vous introduisez le terme de vol alors qu’il n’a rien à faire ici ! Si demain je vends des allumettes à 1 000 euros l’unité et que je n’arrive pas à en vivre ce n’est pas que je suis volé, mais que ce n’est pas le prix qu’une personne veut mettre dans une allumette.
    Avec votre raisonnement, comment qualifiez-vous alors le fait de prendre de l’argent à des personnes via des impôts ou des taxes pour le donner à des vidéastes qu’ils pourraient ne même pas connaître ?
    Pour moi la meilleure solution reste encore Tipeee où les personnes donnent en fonction de leur envie et de leurs moyens.

  78. L’idée la plus interessante me semble Tipee. Je pense même que Youtube devrait inclure un bouton Tip directement sur son site. Ca tuerait illico presto le site Tipee mais c’est tant pis pour eux…

    Le plus « dur » serait d’obtenir le premier tip d’un abonné. Celui ci devant faire l’effort d’écrire le numéro de sa carte. Ensuite sa carte serait enregistrée sur Youtube et l’abonné n’aurait qu’à cliquer sur le bouton tip en dessous de la vidéo

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