La fourmi de Langton [Vidéo]

12 décembre 2015

Le sujet de la dernière vidéo ? La simplicité et la complexité, l’ordre et le chaos, l’émergence !

Allez, et pour ceux qui se demandent ce qu’il se passe en dimension supérieure : la mouche de Langton !

 


Est-ce mal de montrer une courbe dont l’axe des ordonnées ne démarre pas à zéro ?

4 décembre 2015

La semaine dernière, j’ai publié une vidéo dont le but était d’examiner la physique qui se trouve derrière le réchauffement climatique. J’ai évidemment eu droit à une horde de commentaires climatosceptiques, dont je n’ai que faire puisque la vidéo ne s’adressait pas à eux : je l’avais plutôt faite pour toucher les « climato-agnostiques », ceux qui ne savaient pas trop quoi penser de tout ça et qui pouvaient avoir des doutes sur les fondements scientifiques du phénomène, ou sur l’opacité des modèles climatologiques.

Mais ça n’est pas de ça dont je veux vous parler aujourd’hui ! Je voudrai plutôt revenir sur une remarque qui m’a été faite plusieurs fois en commentaire (sans malveillance généralement) : le fait que ma courbe d’évolution du CO2 ait une ordonnée qui ne démarre pas à zéro. Voici la courbe en question :
CO2_600

Alors est-ce que c’est mal de faire une courbe avec l’ordonnée qui ne démarre pas à zéro ? Du point de vue des règles qui prévalent dans les revues scientifiques, absolument pas ! Et c’est vrai que je ne me suis pas posé la question en faisant le graphique.

Mais du point de vue de la communication vis-à-vis du grand public, a-t-on le droit de représenter des données comme ça ? ou bien est-ce trompeur ?

Commençons par rappeler ce que dit l’orthodoxie de la communication graphique (voir par exemple le gourou Edward Tufte). Pour un graphique « en barres », il est ABSOLUMENT interdit de ne pas démarrer l’échelle à zéro ! Par exemple, il est totalement proscrit de faire ça :

bargraph

Mais pourquoi est-ce interdit ? Parce que cela crée une manipulation sensorielle : intuitivement, on a tendance à juger de la magnitude du phénomène par la taille de la barre, donc si la taille de la barre n’est pas proportionnelle à la quantité qu’on représente, il y a clairement entourloupe.

Cela a notamment pour effet d’exagérer les différences, et donc éventuellement de faire croire qu’il y a un effet énorme là où il n’y en a pas forcément (en sciences il faudrait aussi parler des barres d’erreur, mais passons là-dessus pour l’instant.)

Maintenant posons nous la même question pour une courbe qui représente la variation d’une certaine quantité Y en fonction d’une autre quantité X, dans notre cas la concentration de CO2 en fonction du temps. Que dit la théorie orthodoxe ? Elle nous dit que dans le cas d’une courbe, notre cerveau ne note pas intuitivement la position de la courbe par rapport à zéro, mais compare plutôt la magnitude des évolutions.

Par exemple dans le cas du CO2, ce qui compte c’est que l’augmentation des deux derniers siècles est 5 à 10 fois plus importante que les fluctuations naturelles observées entre l’an 1000 et l’an 1800.

CO2 comparaison

Et ce résultat est vrai quelles que soient les unités et l’endroit d’où on démarre l’échelle de l’axe Y. On pourrait même ne pas mettre d’unités sur le graphe, cela reste vrai.

Tout ça pour dire que dans la théorie orthodoxe (et notamment celle qui prévaut dans les publications scientifiques), il n’y a absolument aucun problème à afficher une courbe dont l’échelle en ordonnées ne démarre pas à zéro. C’est même en général indispensable, voyez par exemple la courbe de fluctuation de l’irradiance solaire que je montre dans la vidéo

Solar-cycle-data

et imaginez ce qu’elle serait avec une échelle démarrant à 0 ! On ne verrait absolument rien.

Bon tout ça c’était pour la communication telle qu’elle est pratiquée par les scientifiques entre eux…mais qu’en est-il quand on s’adresse à du grand public ? Est-ce que « ne pas commencer l’axe Y à zéro » c’est « tromper » ? Commençons par remarquer que les standards auxquels nous habituent les journaux télévisés ne sont pas très élevés : pas d’échelle, ou une échelle non-linéaire, des corrélations tirées sur deux points, etc. Mais bon, on est quand même là pour faire un peu mieux que ça, non ?

Je l’avoue, en faisant cette courbe de CO2, je ne me suis absolument pas posé la question de savoir si ça allait induire le public en erreur, ou donner l’impression d’une manipulation. Mais vu que plusieurs personnes m’ont fait la remarque, peut-être aurais-je du être plus prudent et au minimum faire remarquer à l’oral que ma courbe ne commençait pas à zéro. Ou bien la commencer à zéro puis zoomer après coup.

Bref, chers lecteurs, chers spectateurs, est-ce que vous vous sentez manipulés par une courbe de ce genre ?

Amis scientifiques et vulgarisateurs, j’attends aussi votre opinion sur cette question !


La machine à inventer des mots, version Ikea

6 novembre 2015

ikea-flatpack-furniture-1Vous connaissez le canapé Söft ? La commode Utrad ? L’étagère Hång ? L’armoire Muskydd ? Le mixeur Skymfor ? La poële Kukväde ? Le placard Klöstig ? Le circuit Rundering ? La table Oljulstad ? Les rideaux Lykofåtsly ? Le bureau Håkmanedfol ? La chaise Sjärganskig ?

Eh bien contrairement aux apparences, ces noms ne font pas partie du véritable catalogue Ikea ! Ils ont été fabriqués automatiquement par un algorithme qui s’inspire de vrais mots suédois pour en créer de nouveaux, qui « sonnent suédois » mais n’existent pas dans cette langue. Lire la suite »


La machine à inventer des mots [Vidéo]

16 octobre 2015

Pour la première fois, j’ai décidé de vous proposer une vidéo non pas sur un sujet scientifique bien établi, mais sur un petit projet de recherche personnel que j’ai entrepris : comment créer des mots nouveaux qui sonnent bien ?

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur la méthode utilisée, voici quelques explications supplémentaires. Lire la suite »


Une stratégie imbattable pour gagner au poker [Vidéo]

20 septembre 2015

Une petite vidéo au sujet d’une publication du début de l’année 2015, annonçant que le poker Heads Up Limit est résolu…j’en avais déjà parlé à l’époque !

Bowling, Michael, et al. « Heads-up limit hold’em poker is solved. » Science 347.6218 (2015): 145-149


Les fractions continues

21 août 2015

digits

Aujourd’hui je voudrais vous parler d’une construction mathématique très jolie et injustement méconnue : les fractions continues.

Vous allez voir que les fractions continues sont à la fois simples, amusantes, belles et utiles !

Que demander de plus ?

Pi, ça vaut combien en gros ?

Même si vous n’êtes pas un super-geek, il est vraisemblable que vous connaissiez au moins les quelques premières décimales du nombre \pi. L’écriture décimale d’un nombre comme \pi, c’est un truc pratique mais forcément imparfait. En effet quel que soit le nombre de décimales qu’on choisisse de mettre, il ne s’agira que d’une approximation, qui n’est jamais exactement égale au véritable \pi, par exemple

\pi = 3.14159265358979323846264338327950288419716939937510582...

Les fractions continues, c’est une autre manière de représenter et d’approximer des nombres réels, une alternative à l’écriture décimale. Lire la suite »


[Vidéo] Les codes secrets (et un peu de MCMC)

18 mai 2015

Ma vidéo du week-end traite des codes secrets et de la cryptographie RSA. Si j’en crois les chiffres, ça passionne plus les foules que la biologie cellulaire d’il y a deux semaines !

Un sujet connexe que j’ai hésité à aborder dans la vidéo concerne les techniques de décryptage par Markov Chain Monte Carlo (MCMC pour les intimes) que j’ai un peu découvertes en lisant un excellent papier intitulé The Markov Chain Monte Carlo revolution (P. Diaconis, Bulletin of the American Mathematical Society 46.2 (2009): 179-205.). Les MCMC sont des algorithmes assez génériques aujourd’hui utilisés un peu partout de la physique statistique jusqu’aux problèmes de génétique des populations ou de linguistique (par exemple mon billet sur l’origine des langues indo-européennes) Lire la suite »


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