La drôle d’histoire de notre (in)tolérance au lactose

bidons à laitLe lait, un bienfait pour la santé ? Cela peut paraître une évidence pour certains ! Malheureusement pour d’autres, boire du lait sera plutôt synonyme de troubles digestifs franchement inconfortables. La faute en revient au lactose, ce sucre présent dans le lait, et que certains d’entre nous sont incapables d’assimiler.

Au premier abord, on pourrait penser que cette intolérance au lactose est une sorte de maladie, mais c’est en réalité le contraire ! En effet seulement un tiers des adultes peuvent le digérer, et c’est la tolérance au lactose qui fait plutôt figure d’anomalie. D’ailleurs l’histoire de cette (in)tolérance est liée aux évolutions récentes de notre espèce.

Le métabolisme du lactose

Commençons par une évidence : la quasi-totalité des enfants sont capables de digérer le lactose. C’est bien normal, car chez l’homme comme chez tous les mammifères, le lait maternel forme la base de l’alimentation des plus jeunes. Mais une fois l’âge adulte atteint, la majorité des individus vont perdre cette capacité à métaboliser le lactose. Pour eux, finis les grands verres de lait !

Heureusement pour la richesse gustative, cela ne leur interdit pas tous les produits laitiers. En particulier les yaourts et certains fromages contiennent des quantités de lactose suffisamment faibles pour permettre à presque tout le monde de les digérer. Pour le lait en revanche, si vous ne faites pas partie du tiers des élus, vous pouvez oublier.

lactose lactasePour comprendre pourquoi certains assimilent le lactose et pas d’autres, il faut s’intéresser aux détails de son métabolisme. Du point de vue chimique, le lactose est un sucre (comme le glucose ou le fructose). Pour pouvoir le métaboliser, notre organisme doit produire une enzyme, la lactase, qui sert en gros à découper le lactose en deux afin de permettre son assimilation, comme l’illustre la formule ci-contre.

Au début de leur existence, les jeunes humains produisent la lactase, et peuvent donc digérer normalement le lactose du lait. Mais ensuite, la majorité des adultes cessent de fabriquer cette enzyme, et se retrouvent de fait intolérants.

Qui est tolérant, qui ne l’est pas ?

Intuitivement, on pourrait imaginer que pour ceux que cela concerne, la perte de la lactase est une anomalie. Mais rassurez-vous, il se produit exactement la même chose chez tous les autres mammifères. Cesser de produire la lactase et devenir intolérant au lactose, c’est donc la norme ! Pour les chanceux qui la conservent, on parle de persistance de la lactase.

Comme je le disais, cette persistance concerne environ 1/3 de la population adulte, mais étonnamment, il existe une très grande disparité géographique. La carte ci-dessous [1] montre la répartition de la tolérance au lactose à l’âge adulte. Vous voyez que si elle est de quasi 100% en Europe du Nord, elle est presque nulle dans certaines régions comme l’Asie du Sud-Est. Il existe également des petites poches de tolérance en Afrique ou au Moyen-Orient. Dans tous les cas, la tolérance provient de la persistance de la lactase.carte tolérance lactose

Avec ce genre de répartition géographique, il est évidemment tentant de rechercher une cause génétique au phénomène. En 2002, des chercheurs ont identifié une mutation bien spécifique qui conduit à la persistance de la lactase [2]. De manière étonnante, cette mutation ne concerne qu’une seule et unique base de notre ADN (un C qui devient un T). Ce minuscule changement n’intervient même pas dans le gène de la lactase lui-même, mais légèrement en amont. Il semble qu’il permette d’améliorer la transcription du gène de la lactase, et provoque ainsi sa persistance à l’âge adulte. Tous les individus concernés par cette mutation restent donc tolérants au lactose !

carte apparition mutation lactaseL’histoire d’une mutation

En utilisant les données disponibles sur les populations tolérantes, des chercheurs ont cherché à déterminer où et quand cette mutation avait pu apparaître, et à reconstituer son histoire. Les fourchettes sont assez larges, mais elles montrent que cette mutation est extrêmement récente dans l’histoire de notre espèce. Ainsi on pense qu’elle est probablement apparue il y a environ 7500 ans en Europe centrale (la carte ci-contre extraite de [3] représente la zone probable d’apparition de la mutation d’après le modèle utilisé).

Évidemment une apparition récente de la mutation en Europe centrale explique bien la tolérance au lactose que l’on trouve partout en Europe. Pour les autres régions du monde, d’autres mutations indépendantes ont été découvertes, et elles peuvent expliquer par exemple l’apparition de la persistance de la lactase en Afrique.

Pour les généticiens, l’histoire de cette mutation est plutôt fascinante. Elle est en effet apparue très récemment à l’échelle de notre espèce, et pourtant on la trouve maintenant dans presque un tiers de la population. Pour expliquer qu’elle se soit répandue si vite, il faut que ceux qui la possèdent soit extrêmement favorisés par rapport aux autres, et aient bénéficié d’un effet de sélection naturelle positive très important [4].

Pour quelle raison les buveurs de lait adultes auraient-ils été tant avantagés ? La raison exacte n’est pas bien élucidée, mais une hypothèse naturelle est que chez les premiers agriculteurs du néolithique, en période de faibles récoltes, les individus pouvant boire du lait aient beaucoup mieux survécu que les autres. Une autre possibilité concerne le rôle du lait dans l’apport en vitamine D. Normalement, cette dernière est produite par l’exposition au soleil, mais on imagine volontiers qu’en Europe du Nord (peu ensoleillée) des carences peuvent apparaître…sauf pour ceux qui trouvent leur vitamine D dans le lait ! Ceci expliquerait bien pourquoi presque tous les individus d’Europe du Nord sont tolérants au lactose, mais cette hypothèse n’explique pas du tout l’apparition de ce trait en Afrique !

Une Vermeer laitièreévolution culturelle et génétique

Quelle que soit la raison exacte de l’avantage conféré par la tolérance au lactose, une chose est sûre : cet avantage n’a pu exister que pour des individus ayant accès à une source de lait, c’est-à-dire pour des populations pratiquant l’élevage du bétail. Il s’agit donc d’un cas tout-à-fait intéressant d’un avantage obtenu par une co-évolution à la fois génétique et culturelle.

Une question que l’on peut se poser, c’est de savoir si la mutation donnant la persistance de la lactase est apparue avant la pratique de l’élevage, ou bien si c’est l’inverse qui s’est produit. Des publications récentes laissent penser que les premiers agriculteurs européens du néolithique ne possédaient pas cette mutation [5], mais qu’à cette époque on utilisait déjà du lait pour faire du fromage ou du yaourt [6].

Nous l’avons dit, le fromage et le yaourt possèdent un taux de lactose réduit, et sont pour la plupart assimilables même sans lactase. On peut donc imaginer que l’élevage du bétail et la production des produits laitiers sont apparus les premiers, et que suite à l’arrivée de la mutation, les heureux élus ont pu se mettre à directement boire le lait que leur bétail produisait.

Pour conclure, on peut remarquer que le cas de la lactase n’est pas isolé. On peut par exemple se demander comment est apparue notre capacité à digérer l’alcool. Il existe aussi une enzyme (l’alcool dehydrogenase), et dont on sait que la répartition géographique est assez inégalitaire. Si on suit le raisonnement, est-ce aussi parce que la consommation d’alcool confère un avantage évolutif ? L’idée est séduisante ! (Bon pour le coeur ? Désinfectant ? Anxiolytique ? Je vous laisse juger !)


Billets reliés, ici ou ailleurs

Références

[1] Gerbault, Pascale, et al. « Evolution of lactase persistence: an example of human niche construction. » Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences 366.1566 (2011): 863-877.

[2] Enattah, Nabil Sabri, et al. « Identification of a variant associated with adult-type hypolactasia. » Nature genetics 30.2 (2002): 233-237.

[3] Itan, Yuval, et al. « The origins of lactase persistence in Europe. » PLoS computational biology 5.8 (2009): e1000491.

[4] Bersaglieri, Todd, et al. « Genetic signatures of strong recent positive selection at the lactase gene. » The American Journal of Human Genetics 74.6 (2004): 1111-1120.

[5] Burger, Joachim, et al. « Absence of the lactase-persistence-associated allele in early Neolithic Europeans. » Proceedings of the National Academy of Sciences 104.10 (2007): 3736-3741.

[6] Evershed, Richard P., et al. « Earliest date for milk use in the Near East and southeastern Europe linked to cattle herding. » Nature 455.7212 (2008): 528-531.

Crédits

  • Bidons à lait : Wikimedia commons
  • Lactose et lactase : Science étonnante, à partir de lactose, wikimedia commons
  • Carte de tolérance au lactose, extrait de [1]
  • Carte de probabilité d’apparition de la mutation dite −13,910*T, extrait de [3]
  • La laitière de Vermeer, Wikimedia Commons

58 réflexions sur “La drôle d’histoire de notre (in)tolérance au lactose

  1. Article très intéressant, mais il y a une chose que je ne comprends pas dans la carte 1 : le % en Australie. Si la persistance du lactase apparaît en Europe au néolithique, les Australiens, qui sont encore majoritairement d’origine britannique, devraient donc avoir un taux qui se rapproche de celui, très élevé, du Royaume-Uni. Ce qui n’est pas du tout le cas, au contraire. Une explication ?

    • Bonne remarque. La référence que je cite [1] renvoie à un autre papier (http://www.ucl.ac.uk/mace-lab/publications/articles/2009/Ingram_HumGen09_LCT_Review.pdf) qui lui même renvoie à ses « Supplementary informations », auxquels je n’ai pas d’accès !

      Dans cette carte, les couleurs sont une interpolation réalisée à partir de points représentés en noir. J’imagine que dans ce genre d’étude il serait assez censé d’avoir pris des populations locales indigènes, pour avoir une image représentative de ce qu’il y avait avant les grandes migrations. Mais je ne sais pas si c’est le cas.

      • Effectivement, réponse logique. En fait, en consultant votre référence, je tombe sur ce lien (file:///C:/Users/Vincent/Desktop/439_2008_593_MOESM4_ESM.pdf), où l’on peut voir que n’ont été retenus que les populations aborigènes. Celles-ci, de fait, ne devaient pas manquer excessivement de vitamine D, et, si je ne me trompe pas, étaient essentiellement chasseurs-cueilleurs, et non des agriculteurs-éleveurs ! Bref, tout colle de nouveau !

      • Très intéressant ! J’ai regardé le détail des données. Du coup je me demande si les couleurs en Australie / Nouvelle Zélande ne sont pas exagérément influencées par un des points en NZ, pour lequelle la population est notée comme « immigrante européenne », avec une tolérance de 81% !
        Je pense que si on enlève ce point la NZ devient en moyenne moins tolérante, et par effet d’interpolation l’Australie aussi. Dans les données brutes, on voit par exemple qu’en Papouasie Nouvelle Guinée on est à quasi 0%.

    • interessant mais ne pas confondre lait pasteurisé et lait frais cru la tolérance n’est pas la meme .
      un asthmatique ne pourra tolérer le lait du commerce et avoir des troubles d’essouflement et avec un lait de ferme réaction tout autre aucun probleme.

  2. Chouette billet et jolie carte 🙂 d’autres adaptations humaines ici : http://danslestesticulesdedarwin.blogspot.com/2014/02/adaptations-de-lhomme.html
    (et hop un peu de pub 😛 )

    PS : Merci, avec des billets bien documentés comme ça, tu aides réduire le taux de bêtises sur internet qui se disent sur la digestion du lait. Une perle ici, pour le plaisir des yeux : http://insolente0veggie.over-blog.com/article-le-lait-de-vache-c-est-pour-les-veaux-120317479.html

    • La pub est la bienvenue, plus on est de fous plus on rit !

      Pour les cartes, je les ai prises et adaptées des papiers que je cite.

      Quant aux bêtises sur le lait…oui malheureusement, comme sur beaucoup d’autres choses. On vient de me signaler ce satirique billet du Pharmachien, opportunément sorti aussi aujourd’hui !

      http://www.lepharmachien.com/lait-poison/

      • J’allais le recommander aussi, mais comme c’est fait je recommande d’aller y voir la discussion animée sur l’éthique de l’exploitation des animaux …

      • C’est marrant de dire que la tolérance est l’exception mais se moquer des gens qui pensent (avec diverses preuves scientifiques) que le lait est mauvais à la santé.
        La simple logique fait que si le lait était si bon que ça pour l’humain la tolérance serait la norme avec une exception sans doute extrêmement faible.

      • « La simple logique fait que si le lait était si bon que ça pour l’humain la tolérance serait la norme avec une exception sans doute extrêmement faible »

        Oui, eh bien justement, c’est exactement cela qui est en train de se produire à vitesse grand V (« vitesse grand V » à l’échelle de la génétique 🙂 ). Les mutations conduisant à la persistance de la lactase sont si bénéfiques qu’elles se sont répandues dans l’espèce à une vitesse jamais vue.

        On peut donc imaginer que si l’effet de selection naturelle positive persiste, les « tolérants » vont devenir majoritaires en un rien de temps (« un rien de temps » à l’échelle des évolutions génétiques de l’espèce homo sapiens, c’est à dire quelques milliers d’années !)

      • Donc si je comprends bien votre logique si demain je deviens tolérant au cyanure et que cela entraine une mutation qui fait que de nombreuses personnes deviennent tolérantes dans les générations à venir, le cyanure pour vous serait bénéfique?
        Permettez moi de douter…
        De plus vous omettez les méfaits du lait et niez totalement le fait qu’aucune espèce n’a besoin de lait au delà de ses premiers mois/années.
        On pourrait très bien cesser de boire du lait sans s’en porter mal.
        Vous sous entendez que c’est l’évolution qui nous fait aller vers cette tolérance alors qu’il est plus probable que c’est le fait de boire du lait de plus en plus qui fait évoluer vers cette voie là sans réel bénéfice.

      • Le lobby du lait ! Lactalis et compagnie.
        Faire de la pub pour « les produits laitiers » sans les différencier est assez anti-scientifique, non ?

      • «  » »
        Donc si je comprends bien votre logique si demain je deviens tolérant au cyanure et que cela entraine une mutation qui fait que de nombreuses personnes deviennent tolérantes dans les générations à venir, le cyanure pour vous serait bénéfique?
        «  » »

        Oui, c’ est *exactement* ça que je veux dire !

        Si une mutation « tolérance au cyanure » se répend dans l’espèce humaine aussi rapidement et efficacement que la mutation « tolérance au lactose » (étudiée dans la ref. [4]), c’est qu’elle apporte un avantage sélectif remarquable. Si au contraire elle a un effet délétère, elle sera éliminée.

        Ce qui est bien, c’est que pour savoir qui de vous ou moi à raison, il suffit d’attendre 10.000 ans et de mesurer le pourcentage de tolérant au lactose dans l’espèce humaine. Si comme vous le pensez le lait est comme le cyanure, la réponse sera 0%.

        Quant à la pub des producteurs laitiers, je signale qu’elle n’existait pas au temps de l’apparition de la mutation et de sa diffusion massive dans l’espèce (il y a 7500 ans je le rappelle), donc je doute qu’on puisse lui imputer l’apparition de la tolérance au lactose 🙂

      • Je ne suis pas d’accord avec vous, elle n’apporte aucun avantage sélectif, au contraire, elle permet à l’espèce humaine de survivre en la protégeant d’un mal dont il pourrait se passer mais ne lui apporte aucun bénéfice autre que celui là.
        Sinon citez moi UNE SEULE bonne chose apportée par le lait ?
        Alors que le lait fait partie des multiples causes de: cancer, ostéoporose, diabète, infarctus,… en plus d’être chargé en antibiotique.

      • @L’abbé
        Pendant des siècles, les famines et épidémies décimèrent les populations, n’est-ce pas ?

        Le fait de digérer le lactose apporta un complément énergétique (contre la famine) et permit peut-être un renforcement des défenses immunitaires (contre les épidémies) : voilà un avantage certain.

        Si tant est que vous ayez raison sur les liens entre la consommation de lait et les maladies que vous citez, elle touchent des individus relativement âgés (souvent +60 ans). Or, l’espérance de vie moyenne était souvent sous les 40 ans avant 1800.

  3. Je vous fait simplement part de mon expérience qui recoupe partiellement ce que vous portezà notre connaissance .

    Durant ma jeunesse jusque environ 35 ans j’ai bu beaucoup de lait de lait , à certain moments 1 l / jour sans aucun pb . Puis je m’en suis désintéressé .
    Vers 50 ans je me suis remis à en boire de manière aléatoire : par exemple pendant une semaine j’en bois régulièrement puis j’arrête 2 semaines puis je reprends une semaine . A chaque reprise si je bois 1 ou 2 verres le premier jour pas de pb mais si je bois 3/4 de litre j’ai la diarrhée tout de suite ou dans les heures qui suivent . Puis les jours suivants plus de diarrhée , je peux en boire comme bon me semble .

    Ce qui me fait dire que tout trouble digestif n’est pas du à la disparition de lactase mais que certain troubles sont du à un changement dans notre façon de s’alimenter et que la diarrhée n’est qu’une étape de l’adaptation de notre système digestif . Comme si notre système de défense devait à chaque fois refaire l’apprentissage de ce qui est un danger ou non pour notre corps .

  4. Une petite coquille : « Pour quel raison » dans le dernier paragraphe de la partie « L’histoire d’une mutation ».
    Peut-être trop de points d’exclamations aussi !!!

    Des articles toujours très clairs et documentés, bravo !!!!

    • C’est corrigé, merci !

      Trop de points d’exclamations ?!!?!? J’en ai compté 9 pour environ 1400 mots. (Tiens je n’ai aucune idée de la fréquence des signes de ponctuation dans les différents types de textes et de langues…je m’en vais me renseigner !)

  5. Haha !!!!!! En fait je trouve que la qualité et la clarté des informations suffit, les points d’exclamation ne sont pas nécessaires !?!?…!?

    • C’est ma manière de communiquer mon enthousiasme ! De manière générale, cela fait partie des choses qui différencient le style « blog » du style écrit classique. Je ferais clairement différemment pour un texte de livre ou même un article de journal ou de revue.

      Et encore, ça pourrait être pire, je pourrai mettre des « LOL » ou des 🙂 dans le texte !

  6. Il y a toujours une chose qui me gêne là dedans. Non pas sur l’histoire génétique de la lactase chez l’homme, mais sur ce qu’on appelle « l’intolérance » au lactose. Si notre corps n’est pas en mesure de digérer le lactose (i.e. le couper, et libérer des sucres simples), alors… il l’élimine ! Une partie qui passe dans la circulation sanguine va être évacuée par l’urine, l’autre par les selles (d’ailleurs, je ne vois pas du tout ce qui pourrait empêcher le lactose de totalement passer dans le sang. D’un point de vue chimique, il est très très proche du glucose, de petite taille, etc…). L’idée qu’il va rester dans les voies digestives, et ensuite utilisés par les bactéries de l’intestin pour produire gaz et inconfort ne me convainc absolument pas.
    D’un point de vue pratique, j’ai toujours trouvé le lait « lourd à digérer », et un chocolat chaud le matin au réveil me donne envie de ***. Mais il s’agit du goût, de l’odeur, de je ne sais pas trop quoi (peut être est-ce parce que c’est tout de même une boisson assez grasse) ! Quand je prend un bon verre de lait frais un peu plus tard, c’est très agréable ! Alors, suis-je intolérant au lactose-chaud-le-matin-avant-d’avoir-mangé-des-tartines ? Bref. J’ai du mal à croire à cette histoire d’intolérance au lactose qui se traduit par des symptômes digestifs réels. Si tu as des références, je suis preneur !

    • Il y a beaucoup d’ « aliments » auxquels nous sommes intolérants, et qui pour autant ne sont pas éliminés par le corps :
      • les substances toxiques : champignons vénéneux, plantes toxiques comme la ciguë ou le laurier rose, cyanure,
      • les substances auxquelles nous sommes allergiques
      • les substances prises en trop grande quantité : alcool, sucres, graisses, sel, la muscade et même l’eau.

      Le corps ne sait pas forcément tout gérer.

      • OKay, mais on ne parle pas de « toxique » là !! Le lactose n’interfère avec rien dans le corps humain ( à ma connaissance) !
        Et je ne parle pas des allergies, qui sont évidemment terribles.
        Enfin, je ne pense pas que le lactose est pris en grande quantité. Combien de lait buvons nous par jour ? Pour les « gros consommateurs » ? 300 mL le matin, 400 mL en tout ? donc une quantité totale d’environ 9-12 g (source : http://www.sanslactose.com/pg,teneur-en-lactose-de-differents-aliments,teneur,0,1.jsp) ? C’est pas énorme tout de même ! Mais j’attends avec impatience être contredit (sans ironie, ni provocation) !!

      • J’avoue que j’en suis effectivement resté à l’explication usuelle : en l’absence de lactase, le lactose est digéré par les bactéries de la flore intestinale, ce qui relargue gaz et autres joyeusetés. Je vais regarder dans les papiers que je cite s’il y a des références sérieuses concernant les effets de l’intolérance. Mais vu la litterature sur le sujet, j’imagine qu’il doit y en avoir.

        Même Lyonnais, il est vraisemblable que tu possède la mutation et soit donc ‘tolérant’ (au sens ‘persistance de la lactase’.)

      • Dans le papier [1], je lis :

        Nonetheless, the correlation between LP and milk
        consumption is not complete [11,16,31,32]. In lactase
        non-persistent individuals, the fermentation by colonic
        bacteria and osmotic effects of undigested lactose
        often cause symptoms such as abdominal pain, bloating,
        flatulence and diarrhoea. However, it has been
        shown that some lactase non-persistent individuals
        can consume lactose-containing products without
        any obvious ill effects. For example, the low LP
        frequency of Somali people living in Ethiopia does not
        prevent them from drinking more than 500 ml of milk
        per day without any obvious discomfort [16]. This
        inter-individual variation of the amount of lactose tolerated
        by lactase non-persistent people may be a result
        of variation in the composition of the gut flora (particularly
        the presence of lactic acid bacteria) [16,43].

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  11. Je ne pense pas qu’une mutation a besoin d’apporter un avantage sélectif à l’individu pour être conservée et propagée dans la population au court du temps, d’autant plus que la mutation lactase est très certainement dominante (une mutation sur un des deux chromosomes suffit à être tolérant au lactose). Un exemple très simple : les caractères de types « blonds » et « yeux bleus » sont des caractères dits récessifs (c’est à dire qu’il faut que les deux chromosomes portent la même version du gène pour que l’individu soit blond aux yeux bleus) et pourtant jamais ces caractères ne disparaitront alors qu’ils n’apportent aucun avantage sélectif. C’est aussi ça la magie de la génétique et de la Nature. Un caractère récessif qui n’apporte aucun désavantage sélectif ne sera jamais perdu et continuera son bout de chemin 🙂

    • Entièrement d’accord ! Des tas de mutations peuvent en effet se propager par simple dérive génétique.

      Mais dance ce cas précis, ce que les auteurs du papier [4] ont montré, c’est que la mutation s’était répandue bien trop vite pour que cela soit simplement dû à la dérive génétique : il faut un effet de sélection naturelle, et même un effet très fort. Cet effet est quantifié dans le papier (par un coefficient de sélection) et certains ont même argumenté qu’il s’agissait de l’effet de sélection naturelle le plus important observé dans l’histoire de l’homo sapiens.

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  13. Article très intéressant. Pour ma part je suis intolérant au lactose depuis ma tendre enfance. A 6 ans j’avais l’habitude de boire 1L de lait par jour au moment du gouter. On ne m’y forçait pas, mais on peut dire que ma mère avait le biberon facile. Puis j’ai commencé à ne plus supporter ça, et à faire de l’exzema dans le bas du dos. Ca n’a pas arrêté ma mère, les doses n’ont pas diminué, au contraire, j’ai pu boire jusqu’à 8L par jour. Tout va bien aujourd’hui puisque je ne bois plus de lait, car je suis adulte et je ne veux plus en boire.

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  15. Pingback: Revue des sciences avril 2014 | Jean Zin

  16. En ce qui concerne l’intolérence à l’alcool observée en Asie, elle est provoquée par une mutation sur un gène codant une alcool déshydrogénase. Cette mutation favorise grandement la métabolisation de l’ethanol en ethanaldehyde (qui est très toxique et provoque des réactions rapides de malaise et rougissement). La propagation de cette mutation remonte au développement de l’agriculture et des produits à base de riz fermenté en Asie. Une hypothèse est que cette mutation favorise une prise modérée d’alcool, protégeant ainsi contre l’alcoolisme, etc.

    http://www.biomedcentral.com/1471-2148/10/15

  17. Bonjour,
    Article vraiment très intéressant. Richard Dawkins parle aussi de cette mutation dans son livre « Il était une fois nos Ancêtres ». Il ajoute même qu’il existe une mutation chez les Asiatiques qui leur permet de mieux dégrader l’amidon du riz dans leur salive. Et récemment, j’ai cru lire que des chercheur avaient découvert une mutation dans la flore bactériennes des Japonais leur permettant de mieux « digérer » les algues se trouvant dans leur cuisine.
    En savez-vous plus ?

  18. Pingback: Demande d infos

  19. Bonjour,

    Concernant l’alcool, une étude récente suggère que notre capacité à métaboliser l’alcool, proviendrait du fait, qu’une fois devenus bipèdes, nous aurions plus volontiers consommé les fruits tombés au sol dans un état de fermentation donc plus ou moins avancé.

    Cordialement

  20. Pingback: Persistance de la lactase et sélection naturelle | Coffee break science

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